PATRIMOINE : Les vitraux, les hasards de la lumière

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2009
Mediopunto
« [...] (les vitraux) permettent de tamiser la forte lumière solaire et d’en profiter avec un sens artistique [...] »
Le mediopunto
 
Pour les inventorier il faut parcourir la ville vieillie et entrer dans les anciens demeures coloniales. Un grand nombre de vitraux ont disparus à cause de la transformation de ces maisons en ciudadelas et cuarteria (nombreux logements). C’est pourquoi le chercheur de vitraux doit être prêt à rencontrer un espace vide où il existait avant – au dire d’Alejo Carpentier – « un énorme éventail de verres ouvert sur la porte intérieure, le patio, le vestibule […] ». Principalement dans l'architecture civile et domestique, le patio central est le noyau générateur de l'organisation spatiale et, comme complément inséparable, apparaît le plus significatif de tous les vitraux cubains, appelé « mediopunto » car il s'insère dans l'arc du même nom ou demi circonférence.


Il y en a aussi en forme d’arc en anse de panier ou demie ellipse, aigu ou ogive, arabesque ou fer à cheval, en correspondance avec le type de courbure. Quand les lignes droites dominent dans leur périmètre désignant un carré, un rectangle, ou jusqu'à un arc bombé, ils sont communément appelé « luceta », une dérivation du mot « luces » (lumières) que des auteurs comme Anita Arroyo (Las artes industriales en Cuba, 1943) et Yolanda Aguirre (Vidriería cubana, 1971) l’emploient étymologiquement pour classer toute vitrerie colorée, à laquelle appartiennent aussi par addition les oculus et les contre-portes. Plus...
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PATRIMOINE : Assis sur le bord, entre La Havane et le Detroit de la Floride

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2009
Le Malecon
« La voie sillonne le long d’un mur protecteur en béton qui sert de gigantesque banc. »
Le Malecón (Photo: Photocuba)

Par Mario Coyula Cowley*

Traduit par Alain de Cullant

Durant des siècles la relation entre La Havane et la mer fut ambivalente. Historiquement, la ville doit son dynamisme au port, bien protégé et bénéficiant d’une position stratégique ; mais la mer est également source d’attaques, d’ouragans et d’inondations. Le dernier siècle fut aussi l’époque à laquelle les ingénieurs convainquirent le reste de l’Humanité que la Nature pouvait être domestiquée. Ainsi, le vieux rêve de Francisco de Albear en 1860 de créer une avenue côtière pour La Havane devra attendre la fin de la domination espagnole. Le premier tronçon du Malecón est construit en 1901–1902, de La Punta jusqu'à la rue Crespo. Avançant par étapes, la voie côtière de pratiquement sept kilomètres de long est complétée en 1958.

La forme en ''S'' de la ligne côtière permet une double vue de n’importe quel point, sur la ville et sur la mer. Les déplacements des véhicules et leurs différentes destinations sont toujours visibles, ce qui renforce l’image urbaine. En réalité l’observateur perd l’orientation à mesure qu’il s’écarte du Malecón vers le centre de la ville. La voie sillonne le long d’un mur protecteur en béton qui sert de gigantesque banc. Des gens de toute sorte se promènent sur le Malecón et s’y assoient, particulièrement la nuit sous la chaleur de l’été, quand beaucoup abandonnent leurs maisons à la recherche de la fraîcheur de la brise marine. Plus...
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VILLES : Trinidad, un musée habité...

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2009
Trinidad
« [...] une ville où les habitants du XXIème vivent dans l'environnement singulier d'un site colonial cubain magnifiquement conservé. »
Trinidad (Photo: Photocuba)

A Cuba, il existe un musée dédié à la façon de vivre dans le pays pendant les XVIIème et XVIIIème siècles. Ce musée, bizarrement, a la particularité d'être à l’air libre et d’occuper une importante surface : il s’appelle Trinidad, c'est une ville où les habitants du XXIème vivent dans l'environnement singulier d'un site colonial cubain magnifiquement conservé.  

Située dans le centre sud de l'île et appartenant aujourd'hui à la province de Sancti Spíritus, La Santísima Trinidad, de son nom original, a été la deuxième ville fondée sur l'île de Cuba par des Espagnols récemment arrivés, Pánfilo de Narváez et Juan de Grijalva. Mais quelques années après sa fondation, la jeune ville s’est trouvée pratiquement dépeuplée quand un grand nombre de ses habitants, avide d'or et de gloire, ont embarqué avec Hernán Cortés pour conquérir le Mexique. Plus...
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LA HAVANE : Le Malecon, un salon en plein air

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2008
Le Malecon, à La Havane
« Les édifications qui se hissent de l’autre côte du boulevard et qui bordent trois municipalités, constituent un échantillon pittoresque. »
Le Malecon (Photo: Photocuba.com)

Par Eva Torres

Extraverti, bruyant, éclectique, long de quelque sept kilomètres, le Malecon (front de mer) de La Havane révèle une bonne partie du caractère de la ville. Les travaux de construction du premier tronçon du boulevard de mer havanais, conçu avec de beaux lampadaires sur le mur, démarrent le 6 mai 1901, mais les coups des vagues au cours de l’hiver suivant, ont obligé de changer le projet initial pour un autre qui laissait le mur à nu. En 1959, les travaux ont finalement pris fin.


Les édifications qui se hissent de l’autre côte du boulevard et qui bordent trois municipalités, constituent un échantillon pittoresque des tendances caractérisant l’architecture havanaise. Le Malecon débute à la Vieille-Havane avec la forteresse de la Royale Force (Castillo de la Real Fuerza) - la plus ancienne de la ville et l’une des plus anciennes d’Amérique. Nous trouvons par la suite des maisons seigneuriales des XVIIIe et XIXe siècles, suivies d’une rangée de bâtiments du XXe siècle avec une combinaison inusuelle de styles et une profusion de portiques continus, colonnes et pilastres qui suivent plus ou moins les lignes classiques. Le dernier tronçon montre quelques exemples du mouvement moderne des années 1950, comme l’hôtel Riviera. Puis, le Malecon disparaît dans le tunnel qui donne accès au quartier de Miramar. Plus...
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PATRIMOINE : Roberto Gottardi & l'École Nationale d'Art

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2008
École Nationale d'Art
« Aucune construction d’après la Révolution à Cuba n’a été plus polémique que l’École nationale d’art (ENA), entamée en 1961 et encore inachevée. »
Ecole Nationale d'Art (Photo: Cuba Absolutely)


Par Eva Torres

Roberto Gottardi est arrivé à Cuba en 1961. Il était l’un des trois architectes chargés de construire la plus belle école d’art au monde. Aujourd’hui, 47 ans plus tard, Gottardi est toujours à Cuba. Il vient de reprendre les travaux d’achèvement de son célèbre bâtiment.

Aucune construction d’après la Révolution à Cuba n’a été plus polémique que l’École Nationale d’Art (ENA), entamée en 1961 et encore inachevée, et ce en raison d’incompréhensions esthétiques et de la pénurie de matériaux. Considérée par ses défenseurs les plus enthousiastes comme un symbole de l’audace et de la volonté d’expérimentation, ses critiques les plus sévères la qualifient souvent d’explosion esthétisante non exemptée d’élitisme et dépourvue de sens.

L’École, qui traduisait la volonté du gouvernement révolutionnaire d’offrir une éducation soignée aux futurs artistes, non pas seulement de Cuba mais aussi du monde en développement, se dresserait dans un cadre splendide, à savoir les jardins vastes et bien entretenus du centre récréatif le plus exclusif d’avant 1959 : le Country Club. Plus...

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