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| « [...] l'ajiaco est un ragoût qui se cuisine avec patience, concentration et maestria culinaire. » |
| Femme cubaine (Photo: Photocuba) |
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Par Ariadna Prats García et Félix Julio Alfonso López
Ajiaco: […] C'est l'équivalent de la olla espagnole, mais accompagnée du casabe et sans pain. Son utilisation est presque générale, majoritairement en Tierradentro (terre intérieure).
Esteban Pichardo (1836)
On a souvent répété que Cuba est un creuset d'éléments humains. Une telle comparaison est applicable à notre patrie comme aux autres nations d'Amérique. Mais on peut probablement présenter une autre métaphore plus précise, plus compréhensive et plus appropriée pour un auditoire cubain, car à Cuba il n'y a ni fonderies, ni creusets, mis à part celles très modestes de certains artisans. Faisons plutôt une comparaison cubaine, un cubanisme métaphorique, et nous comprendrons mieux, plus rapidement et avec plus de détails : Cuba est un ajiaco.
Fernando Ortiz (1939)
Le bon goût culinaire de l'anthropologue cubain don Fernando Ortiz (1881-1969) a créé deux termes bien heureux pour le processus de formation de la nationalité cubaine : transculturación et ajiaco. Les deux métaphores de la cubanité constituent aujourd'hui un point commun dans les milieux académiques qui se dédient aux études ethnologiques et anthropologiques. Dans le premier cas, la paternité d'Ortiz sur le néologisme est indiscutable, et il l'explique de cette façon :
Nous avons choisi le mot
transculturación pour exprimer les phénomènes très variés qui ont leurs origines à Cuba et qui concernent les très complexes transmutations de cultures qui ont lieu sur le territoire. Sans les connaître, il est impossible de comprendre l'évolution du peuple cubain, aussi bien dans le secteur économique qu’institutionnel, juridique, éthique, religieux, artistique, linguistique, psychologique, sexuel et autres aspects de sa vie. La véritable histoire de Cuba est l'histoire de ses très intriquées
transculturaciones (1).
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