INSOLITE : La Novela à Cuba, le temps suspendu

Version imprimable
2010
« C’est un cubain qui a créé le feuilleton radiodiffusé et son plein succès a ouvert le chemin du genre [...] »
Félix B. Caignet

Un couple de plus d’un demi-siècle, une femme de quasi la quarantenaire avec son fils de 12 ans, deux jeunots dans leur première romance et une jeune femme de presque trente ans ; tous face à la télé à l'heure exacte. Les feuilletons à Cuba, on dit « novela », mêmes s’ils ne sont pas de fabrication nationale, sont entourés d’un halo de mystère, de fascination. Ils attrapent, captivent, réunissent un public absolument hétérogène et, même si celui en cours n'est pas de grande qualité, beaucoup choisissent de rester collés à leur siège pour ne pas être ensuite hors des conversations, au travail, à l'école ou sur le marché. Les feuilletons offrent toujours de quoi parler.

Il s'agit d'un genre d’une grande tradition dans l'île. C’est un cubain qui a créé le feuilleton radiodiffusé et son plein succès a ouvert le chemin du genre, ensuite porté à la télévision, avec des millions d’adeptes et d’intoxiqués sur toute la planète jusqu'à nos jours. El derecho de nacer (Le droit de naître), de Félix B. Caignet, a fait histoire et fut un phénomène dans toute l’Amérique Latine. Nos grands-mères s’en rappellent encore avec nostalgie. Depuis lors, les mêmes ingrédients, avec une certaine pincée d'actualité, font que beaucoup restent hébétés, dans l'attente du moment où la « mauvaise-mauvaise » soit démasquée et reçoive son dû ; alors que la « bonne-bonne » reprenne la place qui lui a été usurpée et, au passage, elle se marie avec le prince de ses rêves (par lequel elle a passé, lutant et pleurant, les 300 épisodes). Les protagonistes dans leurs extases de bonheur sont aussi, bien sûr, entourés d’un grand nombre de beaux enfants. C’est sûr qu’on finit par les imaginer tous en train de manger des perdrix au paradis Plus...
Bookmark and Share

LA HAVANE : Une belle ville de detritus et d'ailes

Version imprimable
2009
Boulanger
« [...] (La Havane) non seulement se fatigue du passages des années et de la pénurie, mais aussi et surtout de la négligence et de l'abandon [...] »
Dans une rue havanaise (Photo: Photocuba)

Publié dans Cultura y Sociedad, Numéro 11, 1999

Avec chaque nouvel anniversaire de La Havane croît le nombre d’enthousiastes convaincus qui se somment à la cérémonie de la ceiba pendant laquelle chacun fait trois fois le tour de l’arbre (dit fromager dans les Antilles) et qui, selon la tradition, marque le point précis où la première messe a été célébrée et où le calbildo (conseil municipal), s'est réuni le 16 novembre 1519.

Personne n'a encore confirmé que les vœux souhaités durant le rituel aient été exaucés, mais, peut-être, ce détail n'a plus la moindre importance, car ce qui est vraiment important réside dans la possibilité de participer à l'acte de consécration du site qui devient d’une certain façon le sien. Plus...
Bookmark and Share

PATRIMOINE : San Salvador de la Punta

Version imprimable
2009
La Havane
« [...] à l'entrée de la baie, se lève encore aujourd’hui cette petite forteresse s’enfonçant dans la mer [...]»
San Salvador de La Punta, à l'entrée de la baie de La Havane (Photo: Photocuba)

Par Fernando López

Traduit par Alain de Cullant

Dans un lieu connu depuis la fondation de la ville de San Cristóbal de La Havane comme « La Punta » (la pointe, le bout), à l'entrée de la baie, se lève encore aujourd’hui cette petite forteresse s’enfonçant dans la mer et sœur de l’imposante masse du célèbre « Castillo de los Tres Reyes del Morro » (Château du Morro). Avec plus de quatre siècles, le Château de San Salvador de la Punta a subsisté jusqu'à nos jours, malgré ses 400 ans, et malgré les modifications de la main de l'homme, beaucoup plus nuisible que le décompte inexorable du temps.

Les premières défenses



Aux débuts du XVIème siècle, quand le port havanais était l'escale principale de la Flotte des Indes, où mouillaient les navires qui venaient et qui partaient ; et quand les flibustiers de toutes les nationalités tentaient  de s’approprier les riches trésors que ces navires transportaient, la nécessité de fortifier cette enclave ne tarda pas à être évidente.

Le primitif noyau urbain vivait dans une peur continuelle, devant la menace des attaques des pirates. Pour cette raison furent reléguées les constructions de bâtiments civils, religieux, et jusqu'aux logements d’une certaine solidité et d’une certaine prestance, pour donner la priorité à la construction d'œuvres de défense, la première fut une tour connue plus tard comme « Fuerza Vieja » (Vieille Force). Construite à l’époque d’Hernando de Soto, en 1538, ce petit fort fut incendié en 1555 par le pirate français Jacques de Sores et ensuite totalement démoli lors de la construction du Château de la Real Fuerza (1558- 1576). Cette forteresse, de géométrie et de technique rigoureuse, forte et résistante, capable de défendre et d'attaquer, est encore conservée en face à la Place d'Armes. Plus...
Bookmark and Share

RELIGION : Les hébreux à Cuba, du temps de la colonie

Version imprimable
2009

Par Jaime Sarusky*

[...] La présence des hébreux à Cuba remonte, ni plus ni moins, aux voyages de Christophe Colomb et aux hommes qu'il a recruté dans l'aventure destinée à découvrir et à conquérir des terres et des richesses pour l'empire espagnol naissant. Environ cent soixante juifs ont navigué aux côtés de Christophe Colomb, très certainement convertis ou occultant leurs origines pour échapper aux flammes des bûchers de l’Inquisition.

Mais le processus d’enracinement à Cuba fut très ardu. Selon l'historien Manuel Moreno Fraginals, dans Cuba/España España/Cuba - Historia Común :  
  
« […] en 1511, la porte s’est ouverte aux enfants des brûlés (c'est-à-dire brûlés par l’Inquisition), avec la seule restriction qu’ils n'occupent pas d’offices publics aux Indes. » Plus...
Bookmark and Share

PATRIMOINE : Renaissance de l’Hôtel Saratoga

Version imprimable
2008
L'ancien hôtel Saratoga
« Le Saratoga a vécu des moments difficiles mais il vient de renaître. »
L'ancien hôtel Saratoga (Photo: Cuba Absolutely)

Par Silvia Gómez

La plus ancienne nouvelle que l’on a sur l’élégant hôtel Saratoga de nos jours remonte à 1879, date à laquelle le riche propriétaire Gregorio Palacios signe un contrat avec les ingénieurs José Fermín de Musquiz et Adolfo Suarí, pour un montant de 98 000 pesos or - somme respectable à l’époque - pour la construction d’un immeuble de trois étages.


Le rez-de-chaussée serait destiné aux entrepôts pour le tabac et divers fonds de commerce ; le premier étage, aux logements, et le troisième à un hôtel ou pension de famille. Occupant une partie des terrains de l’ancienne muraille qui entourait et protégeait la zone la plus ancienne de la ville, l’hôtel Saratoga, plus d’un siècle après son inauguration, garde la magnificence d’autrefois. Cependant, la période intermédiaire n’a pas été du tout facile. En 1881, le propriétaire se plaignait des retards dans l’achèvement des travaux et les ingénieurs réclamaient l’addition d’ouvrages non prévus dans le contrat initial. En 1888, les parties n’étaient pas encore parvenues à un accord et l’immeuble, pratiquement achevé, commençait à se détériorer sans avoir été inauguré. On disait même que « des gens de mauvaise réputation ou faignants et mal habillés » y passaient la nuit. Plus...
Bookmark and Share