INSOLITE : L'espagnol à Cuba

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2010
Classe d'espagnol
« Une langue qui en cinq siècles d'exercice en Amérique s’est transformée et s’est enrichie avec l'usage [...] »
Cours d'espagnol (Photo: Photocuba)


Une indisposition soudaine a privé le docteur Víctor García de la Concha, président de l'Académie Royale Espagnole de la Langue, d'offrir la seule conférence qu'il avait programmée durant son bref séjour dans la capitale cubaine. Víctor García de la Concha, qui a reçu le titre de docteur Honoris Causa de l'Université de La Havane, le mardi 25 septembre, allait se référer à la langue espagnole que l'on parle en Amérique, suite à la promotion réalisée par le Centre Culturel d'Espagne. Cela aurait été une occasion magnifique d'écouter l'académicien se référer à l'état actuel de la langue que parlent les Cubains.


Dans son admirable livre de mémoires, J’avoue que j’ai vécu, le poète Chilien Pablo Neruda se réfère à la langue castillane comme le don le plus précieux que les conquistadores ibériens nous ont laissé. « Ils ont tout emmené, mais ils nous ont laissé les mots », dit l'auteur de Résidence sur la terre. Une langue qui en cinq siècles d'exercice en Amérique s’est transformée et s’est enrichie avec l'usage – et l'abus – des personnes qui l’utilisent. L'espagnol de Cuba possède les traces de cet exercice, de ces transformations. Plus...
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INSOLITE : Qué volá asere?

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2009
Famille cubaine
« [...] si quelqu'un s'adressait à eux en les appelant « monsieur », ils répondaient : « « monsieur » non, « compañero », les messieurs ont quitté le pays ». »
Le père et son fils (Photo: Photocuba)

Les façons de s’interpeller dans le langage du cubain d’aujourd’hui.

Puro, oiga puro...

La personne qui entend dans son dos, « puro », se retourne avec contrariété et quand l'individu qui l'a interpellé lui pose une question, l’interrogé répond, mais maintenant à son déplaisir s’ajoute l'étonnement : celui qui l'a appelé « puro » est un policier.


La scène reproduite est un fait réel qui se répète souvent dans les rues de La Havane, et sûrement dans celles de tout Cuba. Mais, dans ce cas, avec une nouvelle nuance : un des protagonistes étant un agent de la loi, il donne une touche « officielle » à l'utilisation d'un mot (puro) qui a longtemps été réservé au jargon marginal. Ce mot est ensuite passé dans l’argot des adolescents et maintenant il est presque quotidien dans la façon de parler des jeunes quand ils font référence à leurs parents ou à des adultes. Dans la scène reproduite, il faut ajouter que le policier –à son intonation– devait être de Santiago de Cuba ou de Guantánamo, il avait environ 40 ans et le « puro » n'avait pas la soixantaine, des éléments qui enrichissent la caractérisation sociologique de ce qui est décrit. Plus...
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INSOLITE : Langage de rue

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2008

« Les origines de l’argot utilisé par les Cubains sont très diverses. »
Une rue cubaine (Photo: Cuba Absolutely)


Par
Argelio Santiesteban*

Humpty Dumpty a dit à Alice : « Quand j’emploie un mot il veut dire exactement ce que je veux qu’il dise, ni plus ni moins. » L’affirmation précédente pourrait s’appliquer aux Cubains dont la langue populaire, dotée d’une pleine autonomie de vol, fleurit aux côtés de l’espagnol. Lorsque un Cubain dit qu’il doit voir quelqu’un tinto en sangre (taché de sang) il ne nourrit pas des intentions homicides, il veut tout simplement dire par là qu’il doit absolument le voir, contre vent et marée.

Ainsi, le gaz n’est pas l’essence ou le gaz utilisé pour les cuisinières, mais le kérosène, connu dans d’autres régions de la nation sous le nom de luz brillante [lumière brillante] ou aceite de carbón [huile de charbon]. Plus...

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