LITTÉRATURE : Leonardo Padura, l'écrivain qui aimait les cigares

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2010
Leonardo Padura
« Il faut aussi un changement éthique, afin que les Cubains retrouvent le goût du travail [...] »
Leonardo Padura (Photo: Baldrich)

Par Paul Leys

L’un des plus grands écrivains actuels habite la banlieue de La Havane. Le ­créateur du magnifique Conde et du major Rangel qui aime tant les Cohiba nous a reçus chez lui, où il travaille en ce moment à son prochain roman, L’Homme qui aimait les chiens.

Il habite au premier étage d’une maison en béton, où il est né il y a 54 ans, dans le quartier populaire de Mantilla. Cette banlieue sud de La Havane a beau être traversée par une ancienne route royale, elle est poussiéreuse et bruyante, mais aussi pleine de vie. « J’ai une relation charnelle avec ce barrio, d’où mon arrière grand-père était déjà originaire. Cela me permet de rester au contact des gens, et chaque jour je fais un long tour à pied en parlant avec tous, c’est une sorte de sondage quotidien qui nourrit également mon imaginaire. » Plus...
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LITTÉRATURE : Comme sortis des livres

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2010
La forteresse San Carlos de la Cabaña
« Les anciens disent que nous sommes « guéris des peurs », les plus jeunes peuvent penser qu'un bon livre vaut tout sacrifice. »
La forteresse San Carlos de la Cabaña (Photo: Photocuba)

Tout était prévu : la « fugue » à la XIXème Foire Internationale du Livre de La Havane. Un jour de travail dédié à parcourir les salons de la forteresse San Carlos de la Cabaña, devenait le miracle de marcher aisément sur les rues pavées, et sans tant de queue, remplir le sac à dos des livres nécessaires, les nouveaux occupants de la petite table de nuit. Mais plusieurs dizaines de personnes ont planifié la même chose. Nous étions là, les uns à côté des autres, convoqués par des intérêts dissemblables. Dans les mains, un cahier à colorier, le best seller de la saison, le livre pour la maîtrise. Chacun avec le sien et chacun propriétaire d'une histoire qui pourrait bien faire partie d'un livre intime, le notre, le cubain.

À un certain moment du parcours j'ai pensé à notre obstination. J'ai regardé autour de moi. Les médecins recommandent d'éviter les affluences pour fuir l’AH1N1,  mais il n'est pas possible de résister à l'enchantement de la Foire. Les anciens disent que nous sommes « guéris des peurs », les plus jeunes peuvent penser qu'un bon livre vaut tout sacrifice. Le tumulte nous poursuit depuis le bus jusqu'à la queue pour le pain. Qu’importe. L'année dernière quasi un million de personnes ont visité les installations et ont acheté plus de 1 200 000 exemplaires. Ce 2010 je suis un de plus parmi ceux qui sont passés par là. Je serai dans les nombres finaux. Plus...
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LITTÉRATURE : Les musiciens de Brême arrivent à La Havane

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2010

 

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LITTÉRATURE : De l'être au néant cubain de Sartre

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2010
Jean-Paul Sartre
« Sartre a été considéré par les intellectuels cubains comme la plus brillante étoile de l'univers culturel européen [...] »
Jean-Paul Sartre (Photo: Archive du magazine Life )

Publié dans Cultura y Sociedad, Numéro 5, 2005

Par Leonardo Padura Fuentes

En mars 1960, quand Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir sont arrivés à Cuba, il y avait à peine quinze mois que la révolution avait triomphé dans l'île des Caraïbes, et les vents du changement, de l’enthousiasme et des espoirs couraient comme un ouragan sur les cannes à sucre. Sartre, alors le plus connu et polémique intellectuel de gauche de l'occident, a eu le coup de foudre pour la ferveur révolutionnaire cubaine et, en plus de lui consacrer un livre, il a appuyé et diffusé, en Europe, l'espérance d'un modèle de société possible dans laquelle la pensée et la culture auraient l'espace et les opportunités qui, de toute évidence, s’épuisaient dans le monde occidental, décadent et capitaliste, comme dans le bloc socialiste européen, fermé et dogmatique.

Malgré ses idées urticantes, durant toute cette décennie effervescente des années 60, Sartre a été considéré par les intellectuels cubains comme la plus brillante étoile de l'univers culturel européen et plusieurs de ses livres ont été publiés par des maisons d’édition cubaines : Qu'est-ce que la littérature ? La Putain respectueuse, Critique de la raison dialectique, Les mots, Tintoret, Séquestré de Venise, en plus de son Sartre visite Cuba…, le fruit de cette rencontre amoureuse entre l'écrivain et l'île en révolution. Plus...
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LITTÉRATURE : Souvenir de Jean Paul Sartre à Cuba

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2009
Jean Paul Sartre
« [...] la polémique était là, vivante, parmi nous, entre l'existentialisme chrétien d'Albert Camus et celui de l'athée Sartre et sa compagne [...] »
Jean Paul Sartre (Photo: Wikipedia)

Par Mercedes Santos Moray

Traduit par Alain de Cullant

L'expression maximum de Jean Paul Sartre, pour beaucoup, fut son œuvre philosophique, ce projet embrassant sa pensée, tant marquée par sa formation académique aussi bien en France qu'en Allemagne, et le courant de l'existentialisme athée dont il fut aussi le fondateur et son maximum représentant.

Toutefois, cet homme polémique, auquel toute l'Humanité a rendu hommage en occasion du centenaire de sa naissance, est aussi l'un des plus grands dramaturges du XX ème siècle et de la langue française. Cet hommage lui fut rendu également à Cuba, dans les vastes salons du Centre Hispano-américain de Culture, avec une emphase spéciale pour sa présence sur l'Île, à la suite du triomphe de la Révolution. Je n’ai pas parler de sa présence dans notre archipel au-delà du livre qu'il a écrit, où il laissa le témoignage de sa visite, de ses rencontres et des dialogues avec des personnalités comme Fidel Castro et Ernesto Che Guevara.

Mais, comme beaucoup de jeunes intellectuels de ma génération, je peux parler de l'éblouissement que nous vivions quand nous nous heurtions avec sa dramaturgie, depuis Les mouches jusqu'à Les Séquestrés d'Altono, dans cette appréhension tellement sienne, agonisante, de mythes universels. Et combien nous avons pu regretter, pour notre propre adolescence, de ne pas avoir été les témoins de l'interprétation qui se réalisa, dans les années 60 du siècle dernier, au Théâtre National, par une actrice cubaine du calibre de Miriam Acevedo quand elle donna corps et âme à son interprétation de La Putain respectueuse et quand nous dévorions le texte, alors très audacieux, qui fut le précurseur de Huis clos. Plus...
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