ART PLASTIQUE : La plastique du XXème siècle (3/3)

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2010
La rose isolée
« La nécessité de trouver des formes plus effectives pour la propagande politique et l'éducation populaire ont stimulé spécialement le dessin graphique. »
La rose isolée de Rostgaard.

L'avènement de la Révolution a marqué le début de la décennie des années 60 dans la culture cubaine. C’était une décennie d'inquiétudes, dont le profil s'avère encore très difficile à découvrir. L'île se remplie de nouveaux découvreurs : Jean Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Margueritte Duras, Antonio Saura. On écoute les Beatles en secret et Pello el Afrokán en public. Un groupe de hippies s’installe dans les jardins de l'Hôtel National. Lezama publie Paradiso et Heberto Padilla El justo tiempo humano. Deux versants esthétiques finissent par dominer le panorama de la plastique : le pop et la « nouvelle figuration ».

La nécessité de trouver des formes plus effectives pour la propagande politique et l'éducation populaire ont stimulé spécialement le dessin graphique. Très curieusement, l'art pop, dont le fondement théorique était en rapport avec la fadaise spirituelle des sociétés mercantilisées, encourageait les créateurs de l'affiche cubaine. Une nouvelle consigne, un événement politique ou culturel, une première cinématographique apportaient avec elle une affiche et sur ces dernières Rostgaard, Frémez, Beltrán, Muñoz Bach, démontraient un office et une fantaisie enviables. Dans un défi ouvert à l'art de galeries, la rue était prise d’assaut : les façades, les rues, les entrées de cinémas, étaient les lieux privilégiés. Deux images persistantes nous assaillent en parlant de cette décennie : la Flora de Portocarrero est passée de la toile pour peupler les affiches, les couvertures des revues, les boîtes de confitures et la rose isolée que Rostgaard a conçue pour l'affiche du Ier Festival de la « Canción Protesta » (Chanson Engagée). Plus...
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ART PLASTIQUE : La plastique du XXème siècle (2/3)

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2010
La Jungla
« [Lam] a été capable de différer de Breton, en même temps qu'il apprenait à voir les Caraïbes avec des yeux surréalistes [...] »
La Jungla, de Wilfredo Lam

En 1949, José Lezama Lima publie l'article « Lozano y Mariano » dans Orígenes – à propos d'une récente exposition  des deux artistes – dans lequel il définit leur génération comme « un état du nécessaire possible dans notre sensibilité » et plus encore, frôlant avec l’hyperbole, il précise : « C’était un état, une ville, une résistance dressée face au temps. »

Ces artistes dont les poétiques se sont noyautées autour de la publication « lezamienne » partageaient la volonté de faire une plastique plus réflexive  que polémique ; ils ont cherché l'essence du cubain comme si elle était un archétype qui pourrait être appréhendée en une fois ; face à l'influence arriviste, ils ont procuré la solidité de la tradition, ils ont bu aux plus diverses sources : dans la peinture du Siècle d'Or espagnol, chez Picasso, chez Matisse ; ils étaient préoccupés, à la fois, par la découverte de la couleur cubaine et la solidité structurelle de leurs œuvres, établies dans les paradigmes du baroque colonial. Plus...
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ART PLASTIQUE : La plastique du XXème siècle (1/3)

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2010
Gitana Tropical
« [...] Víctor Manuel, encore marqué par Gauguin, redéfinit l’archétype de la beauté cubaine avec sa Gitana tropical [...] »
Gitana tropical

Il y a déjà six décennies, un homme corpulent, en sueur dans son obscur costume de diplomate, montait les marches de l'Université de La Havane pour recevoir son doctorat en Philosophie et Lettres. Le tribunal avait dû écouter avec étonnement des affirmations aussi risquées que celle-ci : « à Cuba, la peinture n'a pas de tronc ; mais des branches successives qui forment une série de contributions assez claires et qui sont dans notre île des bourgeons spontanés de ce que, sous d'autres cieux, a eu un développement parfaitement logique. »


À la fin du XXème siecle, en se retournant vers le panorama plastique insulaire, il semblerait nécessaire de souscrire aux affirmations faites par Guy Pérez Cisneros en 1941. La diversité des poétiques, la prolifération des tendances, nous assaillent en nous demandant ce qu’il reste dans les visages les plus diverses de cet art cubain. Plus...
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ART PLASTIQUE : Carlos Enríquez, la poésie et la transparence

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2009
El rapto de las mulatas
« El rapto de las mulatas, s'est convertie en une pièce canonique de la peinture cubaine [...] »
El rapto de las mulatas

Le centenaire de l’un des plus importants peintres du XXème siècle.

Peu de figures ont provoqué, au-delà d'un talent indiscutable, tant de polémique sur leur vie et leur savoir-faire que Carlos Enríquez, dont on commémore le centenaire actuellement. Une de ses œuvres, El rapto de las mulatas, s'est convertie en une pièce canonique de la peinture cubaine, bien qu'elle ne soit peut-être pas aussi célèbre dans la conscience populaire que les fables dérivées de la bohème champêtre que l'artiste s’est inventé dans sa ferme Hurón Azul.


Né à Zulueta, province de Las Villas, dès son enfance il a pu connaître la campagne du centre de l'île avec ces palmeraies, ces vallées, ces gorges qui servent de cadre à ses scènes peuplées de bandouliers, de gardes ruraux, de campagnardes dévêtues et de fantasmagories sans fin. Plus...
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ART PLASTIQUE : Le legs de Jean-Baptiste Vermay

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2009
Portrait
« On peut voir une intention de couleur locale jusque dans le perroquet que nous offre l’ancien au visage très sérieux. »
Portrait de la famille Manrique de Lara (Photo: Opus Habana)

Le portrait à l’huile de la famille Manrique de Lara, attribué à Vermay, est différent car « le peintre a fait place à la simplicité, à la sensibilité et à une expressivité beaucoup plus profonde que dans les tableaux d’El Templete », juge Guy Pérez de Cisneros. « On peut voir une intention de couleur locale jusque dans le perroquet que nous offre l’ancien au visage très sérieux », affirme ce critique d'art. Pour sa part, Adelaida de Juan lui reconnaît « un certain attrait, bien que ce ne soit pas l'enchantement anecdotique du perroquet mentionné et la gravité des trois visages humains ».

Vermay, en plus d’être peintre, a été architecte, décorateur et scénographe. En 1827 il a projeté et a construit le théâtre El Diorama au fond de l'ancien Jardin Botanique de La Havane.

L’histoire de sa vie contient peut-être plusieurs adultérations, comme les retouches falsificatrices sur les trois tableaux qu'il a peints pour El Templete, que les restaurateurs ont maintenant épurés pour les laisser tel que l'artiste les avaient représentés il y a presque deux siècles. Plus...
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