A vendre à Cuba ...



Quel est le prix d'une maison à Cuba?

Tout dépend… Pour pouvoir répondre à cette question, il faudra prendre en considération de nombreux paramètres. En ville, à la plage ou bien à la campagne ? A La Havane ou « en province » ? Et dans ce cas là, dans quelle province ? Maison ou appartement ? Combien de pièces ? Pour y habiter ou pour y travailler? Clé en main ou à restaurer selon ses envies ? Cela fait donc beaucoup de critères auxquels il faut réfléchir et très peu d'occasions de voir tout cela de ses propres yeux...

En effet, à Cuba, l'un des pays les moins connectés au monde, les propriétés se vendent, comme partout ailleurs, par internet. Au moins sur ce point là, l'île n'est pas une exception à la règle.

Point2Cuba, La Habana Inmobiliaria, Espacio Cuba, Cubísima… … Grâce à ces sites et à d'autres équivalents, on peut prendre la température du marché immobilier cubain. A mi-chemin entre un client et un autre, entre l'offre et la demande, il existe là-bas des « gestionnaires d'échanges et d'achat-vente de logements ». Ces personnages, dont l'activité a été légalisée en septembre 2013, exercent, entre autres, ce que l'on appelle ailleurs « gestion immobilière ». Mais Cuba est un pays qui a connu une explosion des activités « à son compte ». Face à un univers qui, durant des décennies, était chasse gardée, ces personnes sont surtout des entrepreneurs, des agents créateurs d'opportunités et de portes de sortie.

La virtualité de ces sites n'a pas non plus empêché que plusieurs d'entre eux aient un bureau pignon sur rue, où sont proposés les divers services immobiliers. Certains s'associent même avec des avocats, des ingénieurs civils ou des architectes, des décorateurs d'intérieur ou bien des spécialistes en communication, afin d'inclure leurs services de consultation « à la carte ».

Mais se pose alors une autre question. Pourquoi les propriétaires vendent-ils ? Cette réponse ne se trouve pas sur les sites internet… Pour cela, il faut se promener dans les rues de La Havane et faire en quelques sortes une gestion immobilière en face-to-face.

Selon des chiffres officiels, seuls 61 % des logements cubains sont en bon état. Le reste oscille entre moyen et mauvais. Pour un salaire moyen journalier de 25 pesos cubains (ce qui équivaut à 1 US dollar), seuls ceux qui exercent une activité à leur compte dans le bâtiment ou ceux qui reçoivent de l'aide de leurs familles à l'étranger ont la possibilité de rénover. Résultat des courses : on obtient un énorme marché immobilier fondé principalement sur la base de logements impossibles à sauver depuis l'intérieur.

Quoi qu'il en soit, jeter un œil au marché immobilier cubain en se promenant à La Havane ou bien sur l'une de ces plate-formes online, est aussi une forme de lien vers ce qu'il y a de plus intime dans ce pays. Un exercice qui, s'il est bien mené, pourrait nous éclairer autrement sur les raisons qui expliquent pourquoi, aujourd'hui à Cuba, tout ou presque tout est « à vendre »… Ou pour avoir un autre regard sur un film tel que celui-ci...