Ars Longa : sur les chemins de la musique ancienne (2/2)



Publié dans Opus Habana, septembre 2004

L’ensemble de musique ancienne Ars Longa a sillonné la planète durant plus de dix ans afin de faire connaître la musique ancienne cubaine. Cependant, la directrice d’Ars Longa, Teresa Paz, considère qu’il reste encore beaucoup de choses à faire afin d’atteindre une maturité artistique au sein du groupe et de le faire connapître dans toutes les écoles et communautés de l’Île.

Vous avez établi des relations d’échange avec plusieurs organismes tels que le centre international des chemins du baroque. Pouvez-vous nous expliquer les objectifs de cette démarche ?

Nous avons pu entrer sur le marché mondial de la musique ancienne grâce à un partenariat établi en 1999 avec le Centre international des chemins du baroque, un couvent situé en France.

En plus d’organiser des tournées, le couvent possède sa propre maison de disque (K617) qui est spécialisé dans la musique baroque latino-américaine. Les enregistrements sont distribués, grâce à la société Harmonia Mundi, dans plus de quarante pays. C’est de cette façon qu’Ars Longa est devenu la plus ancienne troupe de musique cubaine connue dans le monde. Nos disques ont été rapidement repérés par de prestigieux critiques musicaux d’Angleterre, d’Espagne, des États-Unis et de nombreux autres pays.

Notre popularité s’est accrue avec nos participations multiples dans des festivals internationaux. En 2002 par exemple, nous avons fait la connaissance de Walter Reiter et Linda Perillo, deux éminents musiciens anglais, lors du festival slovène de Brezice. Suite à cette rencontre, Reiter et Perillo sont venus à La Havane se produire lors du festival de musique ancienne Esteban Salas qui se déroule en février.

D’autre part, nous avons rencontré récemment à La Havane le directeur musical Claudio Abbado qui nous a invités à se produire dans son pays natal, l’Italie. Ce grand musicien et chef d’orchestre dirige le festival Gesualdo (du nom d’un compositeur italien du XVIème siècle). Nous allons partager la scène avec lui dans plusieurs villes italiennes lors de récitals.

Pensez-vous qu’Ars Longa ait atteint sa maturité artistique ?

Je crois plutôt que le groupe est encore en croissance. Je dirais même que c’est un groupe encore assez jeune. On ne peut pas vraiment parler de maturité. Bien que certains fondamentaux soient clairement enracinés, il nous reste beaucoup à apprendre et un vaste répertoire à interpréter. Nous gardons la curiosité de découvrir d’autres choses dans le but de consolider nos acquis.

Quels répertoires musicaux sont essentiels à vos yeux ?

Nous aimons les défis. Chaque année au festival de musique ancienne Esteban Salas, nous choisissons une nouvelle œuvre comme récemment l’Oratorio Sacro a la Pasión de Cristo Nuestro Señor du Valencien Antonio Teodoro Ortells.

L’objectif principal que nous souhaitons atteindre maintenant est la mise en scène d’un opéra baroque comprenant les musiques, la dramaturgie et les effets de scènes.

Quels sont les projets à court terme d’Ars Longa afin de vulgariser la musique ancienne ?

Ars Longa souhaite avant tout faire connaître cette musique mais nous manquons de temps pour nous consacrer aux activités communautaires et pédagogiques.

Je souhaiterais approfondir l’enseignement des instruments de musique tels que la flûte douce. J’ai le projet de fonder une académie spécialisée dans la musique ancienne pour sensibiliser les enfants aux instruments historiques.

Mais Ars Longa est encore en apprentissage. Le temps de l’enseignement viendra quand les musiciens auront pleinement capitalisé les connaissances acquises durant les dix années du groupe.