Aventures de pirates et trésors

2017-10-31 18:20:28
Olivia Ameneiros
Aventures de pirates et trésors

L'extrême ouest de Cuba a inspiré d'innombrables histoires de corsaires et de trésors toujours enfouis ; des récits que racontent ceux qui habitent encore dans la région de Guanahacabibes.

Les habitants qui vivent encore à Guanahacabibes, à l'extrémité occidentale de Cuba, affirment que ses terres, ses récifs et ses cavernes recèlent d'inconcevables trésors qui ne demandent qu'à être découverts.

Avec ses grandes roches escarpées qui semblent veiller sur la mer, farouche, avec ses plages vierges, ses histoires de pirates et ses épaves, cette péninsule a toujours représenté quelque chose de plus que le point géographique où commence la plus grande île des Antilles.

La soif d'aventure et les légendes ont poussé de nombreux visiteurs à partir à la recherche d'histoires et de trésors, qui suscitent toujours la curiosité après des siècles de rêves dorés.

Certains étrangers s'y rendent mus par l'ambition, d’autres par la valeur indéniable des vestiges qu'on y trouve, et un bon nombre de visiteurs viennent pour les paysages offerts par cette région paradisiaque de Cuba.

Les histoires abondent et ce sont les habitants et ceux qui connaissent la région qui les racontent le mieux. L'une de ces histoires commence lors d'une nuit d'orage, avec le naufrage d'un groupe de jésuites, acculés par les caprices de la nature, à proximité de la péninsule. Les religieux s'enfoncèrent dans ces terres inhospitalières et on raconte qu'ils y cachèrent une précieuse cargaison destinée à la métropole espagnole.

C'est ainsi que le trésor de la cathédrale de Mérida alimente, depuis le XVIIe siècle, l'imagination des habitants de la région et les histoires de fantômes qui errent dans les montagnes et les grottes.

Le mystère de ce trésor qui n'a toujours pas été découvert a suscité une passion qui a poussé de nombreux chercheurs de trésors à se rendre à l'Ensenada de Corrientes dans l'espoir de faire fortune.

D'autres ont essayé de localiser les épaves de la Concepción et de la Magdalena. Ces galions chargés d'or au Panama et coulés par les pirates dorment aujourd'hui au fond des eaux du cap de San Antonio.

Alors que des siècles se sont écoulés depuis les incursions des corsaires et des pirates dans la région, la toponymie conserve les traces de cette époque. Ces noms de lieu constituent en quelque sorte la preuve du passage des pirates dans cette région de l'ouest de Cuba.

On trouve par exemple la Posa de Juan Claro, un puits au fond d'un cenote (sorte de piscine naturelle au fond d’une grotte) situé à proximité du village de La Bajada, un endroit où l'un des rares flibustiers cubains venait parfois s'accorder un répit.

On trouve encore les seins de María la Gorda, deux rochers abrupts qui saluent les visiteurs arrivant de la péninsule du Yucatán. On dit que ce nom serait celui d'une jeune femme qui faisait partie d'un butin avant d'être abandonnée à son sort dans les environs. Au terme de quelques années, devenue obèse, elle devint tenancière d'une maison de prostitution qui fournissait plaisirs et provisions aux hommes de passage.

La grotte du Perjuicio (le préjudice), au nom si particulier, fait également l'objet d'une singulière légende : certains habitants assurent encore que la caverne abriterait un immense trésor caché sous du ciment. On raconte même que des voix et des lumières feraient fuir ceux qui osent s'aventurer à l'intérieur.

Playa de los ingleses (plage des Anglais), Resguardo (abri), Cabo Francés (Cap Français) y Punta del Holandés (pointe du Hollandais), Cueva del Pirata (cave du pirate) et Carabelas (caravelles), ne sont que quelques exemples des nombreux noms qui rappellent l'époque des guerres de course et des razzias sur terre et mer.

Bref, tout à Guanahacabibes a un parfum d'aventure. La magie qui s'y dégage provient sûrement du mystère des trésors de lingots et de bijoux que renferment ses eaux et ses forêts.

Aussi, les légendes moquent les caprices du temps, se transforment en fables populaires, s'inscrivent dans la singularité de cette péninsule, une région où chaque rocher au bord de la mer, chaque étendue de côte au relief accidenté, chaque grotte inhospitalière et chaque plage vierge ont une histoire à raconter.

Traduction : F. Lamarque

Habana XXI

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