Bayamo, berceau de la culture et des traditions



Dans la région est de Cuba, une ville est marquée par son histoire. Elle est considérée comme le berceau de la nationalité cubaine et c’est précisément là que l’hymne national fut chanté pour la première fois.

La fondation de Bayamo remonte à  plus de cinq cents ans. Cette ville cubaine prend ses racines profondes dans l’histoire du pays. L'origine de son nom serait due, selon certains, à un cacique indigène qui contrôlait les lieux à l’arrivée des conquistadors espagnols, alors que d’autres affirment qu’il vient de « bayam », l’arbre de la sagesse, un arbre touffu caractéristique de la région.

Le fait est que Bayamo, la deuxième ville de Cuba fondée par le conquistador espagnol Diego Velázquez, devint le centre du pouvoir politique du pays et connut un grand essor grâce à une croissance démographique et à une vie socioculturelle particulièrement riche.

Récits et légendes

De nombreuses légendes et récits historiques se tissent autour de Bayamo.Selon l’une d’elles, l'emplacement originel de la ville se situait plus près de la côte et de l’actuelle ville de Manzanillo. En 1513, la ville fut fondée sous le nom de San Salvador de Bayamo, et c’est près de  là que le cacique Hatuey, un aborigène rebelle qui menaçait les intérêts espagnols, fut brûlé vif. Théâtre d’innombrables événements qui forgèrent le caractère de ses habitants, la ville fut le siège de la première République en armes.

C’est là aussi que fut confectionné le premier drapeau et que l’hymne de Bayamo fut chanté pour la première fois en public, le 20 octobre 1868, motif pour lequel la Journée de la culture nationale a été instituée précisément à cette date.

Un autre événement important eut lieu le 12 janvier 1869 : dans un acte de suprême  patriotisme et générosité, les habitants mirent le feu à la ville, alors aux mains des indépendantistes, avant que les Espagnols ne s’en emparent de nouveau. Toutes ces raisons font que Bayamo est considérée comme « le berceau de la nationalité cubaine ». La ville compte actuellement plus de 220 000 habitants.

Elle conserve intactes ses coutumes et ses traditions ainsi que ses caractéristiques dans le domaine de l'architecture et de la culture. Bayamo offre au visiteur un patrimoine d’une grande valeur historique et culturelle.

La Casa de la Trova La Bayamesa

Le bâtiment qui abrite aujourd'hui la Casa de la Trova "La Bayamesa”, situé au cœur du centre historique, échappa aux flammes de l’incendie de Bayamo et conserve encore de nos jours quatre-vingts pour cent de son architecture originale. Il est le siège de concerts de musique  en direct.

Le paseo de Bayamo

C’est un des endroits les plus fréquentés. Il prend naissance près du parc Céspedes, à  cinq minutes du théâtre. Les nombreux restaurants qui le longent servent des plats typiques de la cuisine cubaine.

La maison natale de Carlos Manuel de Céspedes

Cette maison-musée possède un grand patio qui n'a rien perdu de l’harmonie et du style de l’époque. Elle montre des aspects importants de  la vie de Céspedes, le père de la Patrie, le premier des indépendantistes à se soulever contre l’Espagne et à libérer ses esclaves. Le mobilier du deuxième étage est constitué de meubles anciens faits par des ébénistes qui utilisaient les techniques de la marqueterie et du placage.

Le Musée de cire

Situé sur le magnifique paseo de Bayamo, il est le seul du genre à Cuba. On y retrouve des personnages connus comme le fameux chanteur et compositeur Benny Moré, ainsi que les auteurs-compositeurs et interprètes Carlos Puebla, Compay Segundo — avec son éternel sourire —, Polo Montañez, surnommé le guajiro natural, Juan Formell, ex-directeur du populaire orchestre cubain Los Van Van, et le prix Nobel de littérature Gabriel García Márquez.

De nombreux visiteurs tiennent à suivre la vieille coutume de faire une promenade en calèche dans les rues  sinueuses et étroites, animée par une chanson populaire qui dit : « Je veux aller à Bayamo le soir et me promener dans le parc en calèche… » (en espagnol,  noche (soir ou nuit) rime avec coche (calèche).

Le voyageur est sensible à l’énorme poids historique qui pèse sur cette ville, fidèle à l'architecture coloniale présente dans ses bâtiments et musées qui ont survécu au passage du temps. Bayamo compte cent trente sites historiques reconnus, dont quatre classés Monument national.

Traduction : Alicia Beneito