Brève histoire économique du tourisme cubain (1/2)

2012-12-08 04:32:29
Brève histoire économique du tourisme cubain (1/2)

Le secteur touristique cubain a tenu une place prépondérante dans l’économie cubaine durant la première moitié du XXème siècle. L’Île s’est convertie en paradis tropical pour touristes américains. Les flux de capitaux étaient nombreux à destination principalement de La Havane et de Varadero.

La révolution de 1959 a changé la donne et le tourisme a perdu cette importance cruciale qu’il avait atteinte. Face à la crise économique des années 90, les autorités ont décidé de relancer ce secteur pour appuyer l’économie de la nation.

Le tourisme avant la Révolution cubaine

A la fin des années vingt, les recettes du tourisme constituaient la troisième source de revenus du pays après les productions de sucre et de tabac. Cuba était devenu le paradis de la boisson, des jeux, des courses et de toutes autres activités prohibées aux États-Unis.

Entre 1952 et 1958, les installations hôtelières se sont développées très rapidement. C’est durant cette période que les capitaux étrangers, principalement nord-américains, ont été les plus nombreux sur l’Île. Treize hôtels ont été construits à La Havane et tout autant à Varadero.

La Havane est devenue une place d’importance internationale pour le jeu d’argent. La majorité des visiteurs provenait des États-Unis : 166.000 touristes en 1952 dont 90% de nord-américains. Cinq ans plus tars, ce chiffre atteignait 272.000 avec des revenus de l’ordre de 23 millions de dollars.

Le recul sous le gouvernement Castro

L'arrivée au pouvoir de Fidel Castro en 1959 a entraîné un cataclysme dans le secteur du tourisme. La rupture des relations entre Cuba et les États-Unis a rapidement réduit le nombre de touristes américains. L’embargo décidé en 1962 leur a même interdit de se rendre sur l’Île. Les voyagistes canadiens, français, britanniques, espagnols et belges ont eux-aussi réduit leur coopération avec Cuba. Le flux de touristes s’est effondré à moins de 87.000 en 1960.

Jusqu’au début des années soixante-dix, le gouvernement a mené un processus global de nationalisation des biens privés, incluant les installations touristiques jugées lieux de corruption et de malversation. Entre 1960 et 1965, Castro a investi cinquante millions de pesos dans la création de nouveaux centres touristiques mais Cuba restait en retrait du tourisme international.

Après la période dite de « rectification des erreurs » (fin des années quatre-vingt), le tourisme a été considéré comme objectif économique prioritaire tout autant que l’agriculture et les biotechnologies.

Le nouvel essor du tourisme dans les années 90

La chute du socialisme européen et la crise économique des années 90 ont conduit Fidel Castro à stimuler davantage le secteur touristique cubain pour obtenir les devises nécessaires au soutien de l’économie de l’Île. L’objectif était de se réinsérer dans l’économie internationale sans dépendre des exportations de sucre.

La création du ministère du tourisme (MINTUR) en 1994 et l'approbation de la loi sur l'investissement étranger en 1995 ont stimulé la création d’entreprises mixtes.

Les nouveaux investissements ont permis l’augmentation des capacités hôtelières et l’amélioration de leur qualité. Le nombre de chambres disponibles est passé de 12.900 en 1990 à 32.300 en 1999. Le pourcentage d’hôtels 4 et 5 étoiles est passé de 19% en 1900 à 40% en 1998. On vit également apparaître des logements dans des maisons particulières ayant reçu une licence du gouvernement.

Bien que la demande soit saisonnière, elle s’est considérablement accrue durant la période 1990-1999 : de 340.000 visiteurs en 1990 à plus de 1,6 millions en 1999. Le Canada, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni et le Mexique ont été les principaux pays visiteurs. En 1995, les revenus de l’activité touristique ont dépassé le milliard de dollars.

Durant cette décennie, l’industrie touristique cubaine est devenu la principale source de revenus du pays tout autant que son principal moteur économique. L’amélioration de la situation mondiale dès 1994 a favorisé ce tourisme de masse. En 1999, les recettes du tourisme représentaient 14% du PIB cubain.

Habana XXI

Habana XXI s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Habana XXI souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues. Habana XXI privilégie la chronique comme mode d’expression,  pour sa forme plus humaine, plus proche des réalités de l’île. Prédomine donc la « première personne » dans les témoignages, exprimant ainsi une expérience vécue représentative de la Cuba du XIXe siècle. Habana XXI sur Youtube. 

Sur le même thème