Brève histoire économique du tourisme cubain (2/2)


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Aujourd’hui, le tourisme à Cuba constitue la seconde source de revenus du pays après l’exportation de services médicaux. En 2010, l’Île a accueilli 2 millions de touristes en 10 mois. Il semble toutefois que leur séjour soit davantage plus court et leurs dépenses plus modestes qu’auparavant.

Avec d’autres mesures économiques, le gouvernement a développé une nouvelle politique immobilière. Cette nouvelle législation a pour but de stimuler l’investissement étranger dans des projets de marinas et de terrains de golf à destination d’un tourisme plus luxueux.

La probable levée de l’interdiction de voyage des Américains sur l’Île est de bon augure pour l’avenir du secteur.

Les insuffisances du secteur du tourisme

Le secteur touristique cubain est toujours en développement. Il génère plus de deux millions de visiteurs et deux milliards de dollars annuellement. Les attraits naturels, le patrimoine historique et la vie artistique et culturelle du pays sont mis davantage en avant. Toutefois, le secteur connait de sérieuses difficultés :

  • Les infrastructures se détériorent et vieillissent rapidement ;
  • La qualité des services est inégale et les approvisionnements déséquilibrés ;
  • Il n’existe aucun système globalisé de gestion du tourisme cubain ;
  • Peu d’offres touristiques sont complémentaires aux vacances « soleil et plage » ;
  • Les packages touristiques sont relativement plus élevés et de moindre qualité que d’autres pays caribéens ;
  • Le peso convertible (CUC) est élevé par rapport au dollar américain ;
  • Les sciences et technologies sont mal appliquées ;
  • La demande est mal étudiée ;
  • Les investissements sont retardés et souvent peu efficaces.

L’impact négatif des attentats du 11 septembre 2001 sur le tourisme mondial et les maladresses du secteur ont conduit à une baisse marquée des revenus touristiques durant les années 2006-2007.

Le nombre de visiteurs cubano-américains a diminué entre 2005 et 2007 suite aux restrictions imposées par l’administration Bush. Le gouvernement Obama a levé ces sanctions en avril 2009 mais certaines restrictions subsistent encore alors que les citoyens nord-américains représentent plus de la moitié de la demande touristique dans les Caraïbes. On estime que l’ouverture des frontières cubaines aux nord-américains doublerait le nombre actuel de touristes.

Depuis avril 2008, les citoyens cubains sont autorisés à loger dans les hôtels touristiques du pays. Toutefois, l’accès est limité car les tarifs s’échelonnent entre 40 et 170 pesos convertibles par jour alors que le salaire mensuel moyen équivaut à peu près à 17 pesos convertibles.

Le futur du tourisme à Cuba

Pour renforcer le secteur, le gouvernement cubain a adopté une politique immobilière favorisant le tourisme. Les investissements étrangers sont activement recherchés pour développer des marinas, des parcs thématiques, des terrains de golf… Le tourisme de luxe est la nouvelle cible des autorités cubaines.

Ces projets incluent la création de complexes comportant des terrains de tennis, des gymnases, des hôtels, des cabarets, des lieux de culte, des galeries commerçantes et des écoles de langue. Ces nouveaux investissements devraient donner de nombreux emplois à la population cubaine.

La Chine a ratifié un pacte de collaboration avec les entrepreneurs du secteur. Des négociations avec des investisseurs européens et canadiens ont également commencé dans le but de construire 13 terrains de golf (un sport quasi inconnu dans l’Île et pouvant attirer de nombreux américains).

En plus des nouvelles mesures, la loi concernant les investissements étrangers a été modifiée en août 2010. Les étrangers pourront dorénavant louer des terrains sur des périodes maximales de 99 ans.

Convertir La Havane en grand port touristique fait également parti des plans gouvernementaux. Le port de Mariel, à l’ouest de la capitale cubaine, a même commencé sa modernisation.