Charlot se promène dans La Havane

2016-10-18 19:36:45
Omayda
Charlot se promène dans La Havane

Par : Omayda

Charlot se promène dans les rues de La Havane. Eh oui, il s’agit du personnage interprété par l’acteur londonien Charles Spencer (Chaplin). Il peut nous surprendre lors d’une promenade dans la Vieille Havane et nous conduire jusqu’à une représentation de la compagnie Retazos, qui se trouve à proximité, dans le cadre du Festival de Danse de la rue, ou nous faire un tour de prestidigitation face à un stand du pavillon Cuba, dans le quartier du Vedado. Ce personnage travaille sur les planches du pavé de la capitale. Son théâtre : La Havane.

Nous avons rencontré l’acteur Eduardo Almirante à la Foire Arte en la Rampa. Il incarne le personnage de Charlot sous les tropiques. Il s’agit d’un acteur qui provient d’une saga de séducteurs de la télévision cubaine. Il a consacré une grande partie de sa vie au théâtre, mais depuis 1986, le personnage de Charlot fait partie de sa vie et c’est avec lui qu’il anime, grâce à ses drôleries et ses galanteries, foires et festivals de La Havane.

Il existe de nombreux points communs entre l’acteur et son personnage. Sa vie a été marquée par l’austérité, la noblesse d’esprit et le courage pour relever les défis que la vie lui a imposés.

Comment surgit l’idée d’imiter Chaplin et pourquoi ?

J’aimais la mimique depuis mon enfance. Je l’ai apprise avec différents acteurs cubains et surtout avec Federico Edernós, un Mexicano-Cubain qui représentait un personnage comique nommé Bartolo, inspiré d’un personnage de caricature.

Je me suis ensuite inscrit à l’École de cirque à un cours de clown, où un de mes professeurs, Miguel Menéndez, m’encouragea à imiter le personnage de Chaplin.

Je l’ai d’abord imité comme acrobate, mais je n’étais pas satisfait, ensuite comme prestidigitateur et c’est celui qui m’accompagne jusqu’à présent.

"Charlot joue au domino"

Quelles sont les principales caractéristiques de ton Charlot ?

Faire rire, amuser, critiquer certaines choses et surtout mettre en évidence la dignité humaine, celle d’un homme démuni d’argent.

Cette caractéristique est mise en évidence de par ses efforts pour conserver un esprit positif, la joie malgré la malignité et la mauvaise foi de ce monde, les problèmes climatiques ou politiques, mais mon Chaplin transmet toujours de bonnes vibrations.

Une autre de ses raisons d’être est de contribuer à la culture du peuple et de lui montrer chaque jour un nouvel aspect du grand homme que fut Charles Spencer.

Pourquoi as-tu conservé ce personnage si longtemps ?

Parce que les gens ne me permettent pas de l’abandonner. Sa présence est devenue quotidienne et omniprésente, surtout dans les foires et les rencontres artistiques et littéraires.

Je suis heureux lorsque je vois un enfant qui, tout d’abord stupéfait, sourit ensuite, ou un adulte qui se sent motivé par ma présence et qui rit malgré les problèmes qui l’accablent.

Comment as-tu réussi à t’approprier les caractéristiques du personnage ?

Je l’ai étudié, j’ai consulté beaucoup de bibliographies et j’ai vu ses films à plusieurs reprises. J’ai aussi retiré des expériences de mes présentations devant le public.

Comment le public accepte-t-il ton Charlot ?

La plupart du temps avec plaisir et respect, mais certaines personnes ne comprennent pas qu’il s’agit d’un métier comme un autre, et quelquefois je me sens sous-estimé.

Cela m’arrive comme aux humoristes qui ne sont pas toujours traités comme ils le méritent. Certaines personnes ne les considèrent pas comme des acteurs et minimisent leur travail.

Comment définirais-tu ton travail ?

Comme celui d’une personne qui a pour mission d’alléger les peines de l’âme, de faire rire malgré les guerres, la faim et les maladies qui sévissent dans le monde.

Je ressens qu’avec l’amour et la tendresse de Chaplin, je peux contribuer à mettre fin à l’égoïsme, aux abus et la malignité. Je peux aussi faire en sorte qu’une personne à humeur grincheuse s’égaie un peu et voit la vie sous un autre angle.

Que fais-tu d’autre à part Charlot ?

J’appartiens à l’agence Actuar, ce qui m’a permis de prendre part à certains films cubains comme Clandestinos, Juan de los Muertos et Papa. J’ai aussi participé dans des émissions de télévision, dans le cadre par exemple du programme pour enfants Aventures (El Caballero del Rey et El Medallón), ainsi que dans des feuilletons cubains (El eco de las piedras).

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Continuer en compagnie de Chaplin tant que le public voudra, attendre de nouvelles propositions de travail aussi bien au cinéma qu’à la télévision ou au théâtre, et surtout continuer de m’amuser et d’égayer mon public.

Habana XXI

Habana XXI s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Habana XXI souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues. Habana XXI privilégie la chronique comme mode d’expression,  pour sa forme plus humaine, plus proche des réalités de l’île. Prédomine donc la « première personne » dans les témoignages, exprimant ainsi une expérience vécue représentative de la Cuba du XIXe siècle. Habana XXI sur Youtube. 

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