Comment acheter des œuvres d'art à Cuba ?

2017-09-22 14:06:24
Olivia Ameneiros
Comment acheter des œuvres d'art à Cuba ?

L'acquisition et la vente d'œuvres d'art cubaines restent compliquées, malgré l'existence de créateurs talentueux et d'excellentes productions artistiques.

Cuba regorge d'artistes aux œuvres intéressantes et reconnues. La palette s'étend des paysages les plus traditionnels à l'art abstrait aux accents cubains, avec de grands noms comme Domingo Ramos, Amelia Peláez ou encore Alfredo Sosabravo. Plusieurs générations de photographes, de peintres et de sculpteurs, entre autres, ont donné à l'art fait à Cuba ses lettres de noblesse.

Comment acheter des œuvres d'art à Cuba ?

La réponse reste complexe. C'est néanmoins possible ; encore faut-il que l'acquéreur sache reconnaître une véritable œuvre d'art et qu'il connaisse les chemins qui mènent à sa découverte. Faute d'y voir clair, le visiteur risque d'emporter un souvenir au lieu d'une œuvre d'art. Il peut se rendre sur les marchés d'art et d'artisanat présents dans presque toutes les provinces du pays.

À La Havane, les plus connus sont celui du Vedado, sur le malecón (la promenade de front de mer) et celui des Almacenes de San José, à la Vieille Havane. L'amateur d'art pourra y trouver des tableaux, des vêtements, des objets d'artisanat et des antiquités. Il peut également visiter les studios-ateliers des créateurs, qui sont pour la plupart des artistes reconnus.

On y vend directement les œuvres d'art aux clients, à des prix très variables. Il existe parallèlement un marché noir de l'art, mais la crédibilité des intermédiaires et l'authenticité des œuvres posent évidemment problème.

Complexités

Le marché de l'art cubain est compliqué, mais il existe. Il y a toujours d'excellentes œuvres à acquérir. C'est une réalité complexe et diverse : l'art cubain est présent aussi bien sur les marchés de La Havane que dans les ventes aux enchères à New York. Les spécialistes cubains estiment cependant qu'il n'existe, ni à Cuba ni à l'étranger, une clientèle suffisamment solide pour stabiliser les prix lors des enchères d'art cubain.

Les principales causes de ce phénomène sont les variations des prix des œuvres, l'absence de collectionneurs à Cuba, les déficiences en termes de formation du personnel travaillant dans les galeries et le nombre insuffisant de points de ventes. Face à ces insuffisances qui entravent une commercialisation fluide à Cuba, de nombreux artistes ont signé des contrats exclusifs avec de célèbres galeries étrangères.

Il faut souligner la présence des prix nationaux d'arts plastiques Roberto Fabelo et Manuel Mendive dans les célèbres galeries Christies's et Sotheby's, des symboles au niveau international. Par ailleurs, depuis les années 1990, plusieurs collectionneurs privés sont apparus à Cuba et ont fait l'acquisition de pièces et d'œuvres de célèbres artistes.

Des galeries étrangères se sont également intéressés à Cuba et ont permis l'entrée sur les marchés américains d'artistes de la nouvelle génération comme Alexis Leyva (Kcho) ou le talentueux groupe Los carpinteros.

Et les artistes émergents ?

Cuba ne dispose pas d'un réseau de galeries permettant une politique cohérente et stratégique concernant la visibilité des nouveaux talents et encore moins leur entrée sur le marché de l'art. Ces espaces qui appartiennent à l'État ne sont d'ailleurs pas autorisés à vendre des œuvres d'art. Résultat, la circulation et la vente des œuvres d'art des jeunes artistes cubains est précaire.

L'entreprise publique qui gère la commercialisation des nouveaux talents et des artistes réputés est le Fondo Cubano de Bienes Culturales. C'est l'interface entre créateurs et clients. Son système très particulier et inefficace de protection et de paiement ne satisfait pas les besoins de commercialisation des œuvres d'art.

L'existence de quelques points de vente isolés et proposant des œuvres de petit format ne suffit pas pour constituer un marché de l'art à Cuba. C'est pourquoi certains spécialistes penchent pour la création de galeries privées qui constitueraient une alternative au réseau institutionnel et permettraient de présenter et de vendre les œuvres des talentueux artistes cubains.

En ce sens, les critiques d'art et les spécialistes en matière de commercialisation soulignent la nécessité d'un mécanisme légitime, avec des experts, des critiques, un personnel pouvant estimer le prix des œuvres et une stratégie de promotion efficace.

Traduction : F. Lamarque

 

Habana XXI

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