Cuba : arbres et traditions

2017-11-23 19:38:54
Luna Valdés
Cuba : arbres et traditions

A Cuba, les feuilles de l’avocatier servent à prévenir les flatulences, et celles du poivron, à éclaircir les cheveux. De nombreuses légendes sont à l'origine de ces coutumes qui varient selon les époques et les besoins.

La flore cubaine compte plus de six mille espèces endémiques, dont certaines poussent exclusivement sur le sol de l’île et sous le climat tropical.

Bon nombre de ces plantes ont des propriétés thérapeutiques. Il y a quelques années, les bienfaits quasi magiques du noni et de la moringa ont fait que ces espèces poussent aujourd'hui un peu partout. Outre les théories populaires selon lesquelles la consommation d’une certaine quantité de ces plantes permet de remplacer les protéines de nombreux aliments, des études scientifiques au niveau national, comme celles effectuées au Centre international de santé la Pradera, dans le quartier de Playa, démontrent les valeurs nutritionnelles réelles des produits dérivés de ces plantes.

Cuba compte actuellement plusieurs réserves de la biosphère où les espèces endémiques reçoivent une attention toute particulière de la part des experts en biologie et en botanique.

Pour s'y rendre, il est nécessaire de coordonner des visites guidées et d’obtenir un permis des autorités chargées de leur conservation. La sierra del Rosario, la péninsule de Guanahacabibes et la Ciénaga de Zapata, par exemple, sont des zones touristiques protégées.

Cependant, il n'est pas indispensable de se rendre à la campagne pour observer les différentes espèces d’arbres. On peut aussi trouver dans les villes une végétation rafraîchissante. Sur les boulevards et dans les parcs, sur les grandes avenues et même dans certains quartiers, on découvre des troncs au feuillage touffu ou des panaches de palmier royal, l'arbre national.

Les arbres les plus connus

Les arbres typiques de la flore cubaine sont nombreux, mais certains sont plus connus et populaires que d’autres.

Le palmier est une des espèces les plus communes à Cuba. Il en existe de nombreuses variétés, mais la plus appréciée des Cubains est le palmier royal, élancé et majestueux, symbole de la résistance grâce à son tronc dur, et aussi de la dignité grâce à son panache. A la campagne, il était utilisé fréquemment pour construire les maisons : le tronc pour les murs et les feuilles sèches pour la toiture.

Une autre espèce bien connue est le fromager, lié aux cultes afrocubains qui font de lui un véritable mythe et l'objet de légendes et de rituels religieux. Un des fromagers les plus connus se trouve au Templete, à la vieille Havane. Il reçoit des offrandes de fruits, d’argent, de fleurs, en signe de respect et de dévotion.

Un des arbres les plus réputés, notamment dans le domaine des arts, est le flamboyant. Cet arbre tropical aux abondantes fleurs rouges et orangées fait partie du paysage urbain. Sa forme imposante est très attrayante et son ombre invite à se protéger du soleil. Outre ses belles fleurs, il possède de longues gousses contenant des graines utilisées pour confectionner des articles d’artisanat. Originaire des forêts de Madagascar, il est toutefois considéré à Cuba comme un des arbres typiques.

Quant aux espèces de bois, il en est deux indispensables dans l’ébénisterie : l’acajou et le cèdre. Leur bois est considéré précieux de par la couleur et la splendeur du tronc. Ils ne sont pas originaires de l'île, mais ils se sont très bien adaptés au climat. Le cèdre, en tant que plante ornementale, offre ombre et beauté à l’environnement. Il est aussi largement utilisé dans les constructions navales. L’acajou est lui très employé dans la menuiserie, grâce à son bois dur et à ses veinures.

Les Cubains connaissent parfaitement l’importance des arbres pour la vie de l'homme. Néanmoins, des espèces endémiques sont parfois taillées sans discernement. Des zones protégées ont été malmenées malgré les sanctions sévères appliquées au sciage de bois précieux.

Dans la municipalité de Sandino, à Pinar del Río, on trouve des portes et des fenêtres faites de bois précieux provenant du cap de San Antonio, une des réserves de la biosphère de cette province de l'ouest du pays. La commercialisation de ces produits est illégale. Malgré la réglementation qui interdit la taille indiscriminée, les mécanismes ne fonctionnent pas toujours comme ils devraient.

Traduction : Alicia Beneito

Habana XXI

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