Cuba reste un pays à visiter

2017-09-27 17:02:42
Sofía D. Iglesias
Cuba reste un pays à visiter

Cuba est-elle prête à recevoir les voyageurs venus de l'étranger ? Les installations touristiques sont-elles les seules à être rapidement remises en état ? Que trouvent les visiteurs à leur arrivée après le passage d'un ouragan ?

En ce moment, beaucoup dans le monde doivent se poser la question : à quoi bon voyager à Cuba après l'ouragan Irma? Cette interrogation est logique, à la vue des images sur les réseaux sociaux, des informations des grands médias et des témoignages personnels qui expriment tous une même vision des choses : celle de la catastrophe.

Il est vrai que ce cyclone, que les spécialistes en météorologie qualifient de « parfait », n'est pas du genre à se prêter aux blagues, à passer et à se faire oublier ; il suscite la peur, une peur d'autant plus forte que l'on est moins habitué à cohabiter avec les ouragans.

Cuba, comme la Floride et plusieurs îles des Caraïbes, a subi les assauts des vents, les inondations de son malecón (la célèbre promenade du bord de mer à La Havane), les coupures d'électricité, le manque d'eau, les dégâts dans les bâtiments... et d'autres plaies laissées par ce phénomène climatique sur son passage.

Cependant, il existe d'autres forces, surtout humaines, qui peuvent modifier du jour au lendemain l'image que perçoit le monde d'un pays comme celui-ci.

Oui, Cuba reste un pays à visiter.

Un pays qui ouvre ses portes au soleil

Le tourisme est l'un des secteurs les plus importants de l'économie cubaine, il contribue au bon fonctionnement d'autres sphères de la société et au bien-être de la population. C'est ce qui explique que ce secteur soit prioritaire suite au passage d'un cyclone, au même titre que la santé et l'éducation.

Comme les hôpitaux et les écoles de construction récente, les installations hôtelières ont été conçues pour être remises en état de fonctionner le plus rapidement possible après un phénomène météorologique de ce type.

Aussi, les routes construites sur la mer qui unissent les îlots touristiques de la côte nord (Cayo Coco, Guillermo, Romano et Santa María) et les dégâts provoqués dans les aéroports de l'archipel ont été presque immédiatement réparés.

Sur les côtes dévastées, la nature retrouve sa splendeur en peu de temps. Il en est de même pour la faune mais aussi pour les habitants et leur état d'esprit, comme si la nature s'était entendue avec les aspirations des hommes. Le séjour des visiteurs présents à Cuba pendant le passage de l'ouragan Irma a constitué une expérience effrayante, mais somme toute magnifique, unique. Tous ces voyageurs ont été accompagnés par des Cubains, que ce soit dans les installations d'hébergement (hôtels, auberges, chambres d'hôtes) ou dans les rayons des magasins, où tout le monde, touristes et habitants de l'île, a échangé des savoirs, des conseils et des recommandations.

Une fois la menace éloignée, de nombreux voyageurs se sont dit stupéfaits par l'unité des habitants au cours de ces moments critiques et pendant la phase, moins orageuse mais tout aussi vitale, qui doit conduire au retour à la normale.

La magie d'un voyage marqué par un phénomène météorologique tropical comme Irma ne se limite pas à l'observation des dégâts et à des photographies, c'est surtout voir comment les gens enlèvent les arbres tombés, balayent les rues, s'aident les uns les autres.

Le tourisme à Cuba sera longtemps imprégné de l'odeur d'Irma. En disant cela, nous ne pensons pas aux installations, qui, comme l'a assuré le ministre cubain du Tourisme seront toutes complètement opérationnelles dès novembre ; nous voulons parler de l'esprit des habitants, des histoires qu'ils raconteront pendant des années, des paysages qui vont renaître avec de nouvelles couleurs.

La page Irma est tournée

Cuba se régénère de l'intérieur et ce sont les événements passés qui en témoignent le mieux : après le passage de Sandy par Santiago, de Matthew à Guantánamo et de nombreux autres cyclones qui se sont acharnés sur la plus grande île des Antilles.

Les deux ouragans qui avaient dévasté Pinar del Río au début des années 2000 ont laissé des souvenirs tristes, mais aussi heureux, chez de nombreuses personnes qui étaient sur place et chez ceux qui étaient venus à Cuba pour vivre de près ces moments. En effet, on ne vient pas seulement ici par curiosité ou pour passer des vacances, on vient aussi pour apporter son aide.

Le tourisme est une manière de vivre cette réalité, de la partager, de l'échanger, de la ressentir comme n'importe quel Cubain.

Les ouragans passent, soufflent et pleurent tout leur soûl sur l'île. Mais après quelques jours seulement, les établissements d'enseignement rouvrent leurs portes, tout comme les entreprises, les restaurants, les centres de beauté... C'est aussi une journée de plus pour le tourisme qui suit son cours.

Les gens reprennent leurs habitudes, les enfants jouent dans les parcs, le championnat cubain de baseball se poursuit et c'est finalement ce que veulent voir les visiteurs étrangers, au-delà d'hôtels parfaitement en mesure de recevoir le plus exigent de clients.

Comme toujours, Cuba ouvre ses portes au monde pour accueillir les voyageurs avec ses traditions, ses spécialités gastronomiques, ses danses et ses carnavals... …dans des circonstances qui sortent parfois de l’ordinaire, Mère Nature a ses caprices !

Traduction : F. Lamarque

Habana XXI

Habana XXI s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Habana XXI souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues. Habana XXI privilégie la chronique comme mode d’expression,  pour sa forme plus humaine, plus proche des réalités de l’île. Prédomine donc la « première personne » dans les témoignages, exprimant ainsi une expérience vécue représentative de la Cuba du XIXe siècle. Habana XXI sur Youtube. 

Sur le même thème