Cuba, un poids lourd international

2012-06-07 17:10:27
Cuba, un poids lourd international

Malgré sa taille relativement réduite, Cuba a joué, pendant plusieursdécennies, un rôle géopolitique important notamment au sein duMouvement des Non-Alignés.

Au cours des cinq dernières décennies, Cuba a joué un rôle de premier ordre dans plusieurs forums internationaux, notamment au sein du Mouvement des pays non alignés dont le Sommet le plus récent s'est tenu à La Havane. Grâce à sa position dans l'arène internationale, Cuba a critiqué plusieurs aspects de la politique extérieure des États-Unis et présenté son propre programme de développement.

L´éléphant US dans les pattes.

La Maison-Blanche de George W. Bush s’entête à maintenir et à renforcerles sanctions, dont la célèbre loi Helms Burton. Le gouvernement aadopté des mesures au cours des dernières années visant larecrudescence des pressions économiques contre les sociétés étrangèresqui font du commerce avec Cuba.

Le deuxième rapport de la Commission américaine de soutien à une Cubalibre, publié le 10 juillet 2006, confirme l’orientation générale de lapolitique des États-Unis, l’accent étant mis sur la transition et nonpas sur la succession ainsi que sur l’adoption de mesures ayant pourbut de renforcer les sanctions. Selon les autorités cubaines, l’annexeconfidentielle du rapport fait état des plans visant à renverser legouvernement.

Ces tentatives ont parfois échoué. En février 2006, par exemple, lespressions faites sur Starwood Hotels & Resorts visant l’expulsiondes fonctionnaires cubains de sa filiale au Mexique, le Sheraton MariaIsabel, ont été considérées comme une violation grossière de lasouveraineté mexicaine, alors que les efforts pour exclure Cuba de laClassique de base-ball ont éveillé une opposition généralisée. Enoctobre, à Alger, lors de la cérémonie de remise des prix aux gagnantsd’un concours de peinture parrainé par l’ONU, Nikon a refusé deremettre à un enfant cubain de 12 ans le prix qu’il avait remporté,sous le prétexte de l’« embargo ».

Au cours de cette année, le Bureau de contrôle des actifs étrangers(OFAC en anglais) a intensifié les pressions sur plusieurs institutionsfinancières ayant une participation dans des intérêts cubains, ycompris le groupe ING, et ayant financé certaines activités. Sousl’effet de ces pressions, certaines banques ont adopté des mesures. Legroupe HSBC, par exemple, a clos les comptes en dollars US de la BancoMetropolitano, alors que le Canadian Scotiabank a clos ceux des hommesd’affaires canadiens qui travaillent à Cuba.

Toute analyse portant sur le rôle joué par Cuba à l’échelleinternationale devrait tenir compte des actions, de l’influence et dela position de l’administration des États-Unis.

Même si au cours des deux dernières années la campagne contre lessanctions est restée dans un état d’inertie, on constate un certainsoutien législatif en faveur d’un changement de politique. Le 14 juin2006, de nouveaux amendements ayant à voir avec Cuba ont été ajoutés àun projet de loi sur les dépenses. Le premier, qui facilite le paiementdes produits américains, a été adopté, alors que deux autres ont étérejetés, l’un visant à assouplir les échanges d’étudiants (237 voixcontre et 187 voix pour) et l’autre demandant la levée de toutes lessanctions (245 voix contre et 181 voix pour).

Même s’il est encore prématuré pour prédire les effets des élections du7 novembre 2006 au Congrès des Etats-Unis, maintenant que lesdémocrates sont majoritaires dans les deux chambres, on peut s’attendreà un affaiblissement de l’embargo, ce qui se traduirait au moins parune réduction du financement consacré à l’application de mesures et parune éventuelle exception en matière de prospection pétrolière. Tout lemonde suivra de près les élections présidentielles de 2008 car letriomphe des démocrates laisse prévoir des changements sensibles dansla politique des États-Unis.

Cuba a dénoncé à maintes reprises la politique de deux poids deuxmesures des États-Unis dans leur guerre contre le terrorisme tout ensoulignant la différence existant entre le traitement accordé aux «Cinq », autrement dit les cinq Cubains emprisonnés à Miami du faitd’avoir essayé de prévenir des attentats terroristes à La Havane etcelui réservé à Luis Posada Carriles, dont l’extradition a été demandéepar Cuba et le Venezuela compte tenu de sa responsabilité dansl’explosion d’un avion cubain à la Barbade en 1976.

Cuba a dénoncé à maintes reprises la politique de deux poids deux mesures des États-Unis dans leur guerre contre le terrorisme…

En août 2003, l’Economist Intelligence Unit (EIU) signalait quel’impact de la condamnation des États-Unis du traitement accordé auxdissidents à Cuba avait été neutralisé par le traitement réservé auxprisonniers de la base navale de Guantanamo à Cuba (…) D’autresaccusations avancées par les États-Unis concernant le trafic depersonnes, l’espionnage et le danger potentiel que représente Cuba (entant que membre de l’ ‘Axe du mal’) n’ont pas joui de la crédibilité oudu soutien escomptés.

Le Canada – un ami sincère

Historiquement, Cuba a entretenu d’excellents rapports de travail avecle Canada, l’un des principaux partenaires commerciaux du pays, sourced’investissements directs et premier émetteur de touristes àdestination de l’île.

Rapports entre l’Union européenne et Cuba

Ces dernières années, les rapports entre Cuba et l’UE se sont avérésproblématiques. Bien que soutenant la participation constructive, l’UEa essayé d’imposer des conditions politiques en échange d’unecoopération plus étroite. La politique de l’UE ayant été révisée, unsommet UE-États-Unis s’est tenu à Vienne le 21 juin 2006. Ladéclaration conjointe adoptée dans le cadre de cette rencontre a étéfortement critiquée dans un éditorial du journal Granma où l’UE a ététaxée de « laquais » des États-Unis. D’autre part, les différencesentre les pays membres concernant la politique à l’égard de Cubaempêchent d’atteindre un consensus. La République tchèque, pour sapart, fait preuve d’une grande agressivité.

Certains des nouveaux membres de l’UE, dont la Pologne, la Républiquetchèque et la Slovaquie, ont essayé de restreindre la coopération avecCuba alors que l’Espagne a tenté de relâcher les tensions et derenforcer les liens.

La résolution de condamnation des sanctions des États-Unis a étéadoptée par les Nations Unies pour la quatorzième année consécutiveavec des résultats sans précédent, à savoir 182 voix pour et 4 contre.

Le rôle de Cuba dans ses relations avec les pays en développement

Cuba a conçu des programmes d’aide sociale et économique à l’intentiondes pays en développement, dont l’essence a acquis récemment uncaractère plus commercial. Cependant, une bonne partie des soins desanté sont dispensés à titre de don. En mai 2006, l’EIU signalait que26 000 spécialistes de la santé cubains prêtaient leur concours dans 67pays et qu’environ 10 000 étudiants étrangers faisaient des études demédecine dans l’île.

Cuba a accueilli, du 21 au 23 mars 2005, le Sommet du Groupe des 77 –qui réunit des pays en développement –, ce qui lui a permis de dénoncerla mondialisation, la dette et les États-Unis.

Cinquante-cinq chefs d’État ou de gouvernement de 118 pays ont prispart à la Quatorzième Conférence au sommet des pays non alignésorganisée à La Havane (voir article).

Solidarité caribéenne

Depuis le 1er décembre 2005, on constate un intérêt accru pourdévelopper et renforcer les relations avec d’autres îles des Caraïbeset [sic] la Caricom.

En 2000, Cuba a souscrit un accord commercial et de coopération avec la Caricom.

Lors du sommet CARICOM-Cuba, tenu le 8 décembre 2005 à la Barbade, lesdirigeants de la région ont reconnu le soutien qu’accorde Cuba audéveloppement de l’éducation et de la santé et adopté la « Déclarationde Bridgetown » condamnant le blocus des États-Unis.

Durant l’année 2006, d’éminentes personnalités de Sainte Lucie, d’Haïtiet de la Jamaïque ont visité Cuba. Des accords ont été passés avecAntigua-et-Barbuda. Les Bahamas établirent une ambassade en juillet.

Les relations avec la Chine se consolident

La Chine, deuxième partenaire commercial de Cuba, vend à l’îleantillaise des appareils électroménagers et achète à celle ci du sucre.En 2005, le pays asiatique a inauguré deux centres pour la productionen association de produits biotechnologiques. L’intérêt pour lesréserves de nickel cubain demeure inchangé.

ALBA : un bloc alternatif

Le 29 avril, les présidents de Cuba, du Venezuela et de la Bolivie ontparaphé un accord en vue de la participation à l’Alternativebolivarienne pour les Amériques (ALBA) et aux Traités de commerce despeuples (TCP).

L’ALBA est un accord de libre-échange, d’investissements etd’intégration sociale dont l’accent est mis sur la santé et l’éducationpour les pauvres. Daniel Ortega (récemment élu comme président duNicaragua) et René Préval (nouveau président d’Haïti) ont exprimé leurvolonté d’y adhérer.

L’ALBA a été lancée par les présidents de Cuba et du Venezuela en 2005,ce qui met en évidence le resserrement des liens entre les deuxnations. Même si le programme d’échange de pétrole contre des servicesmédicaux constitue l’axe du commerce bilatéral, les rapportséconomiques comprennent, entre autres, le réaménagement de laraffinerie de Cienfuegos par PDVSA et les opérations commercialessoutenues par la Banco Industrial du Venezuela.

Les deux pays ont participé à la création d’une chaîne de télévisionlatino-américaine – Telesur – et étendu l’opération Milagro à 15 pays.

Le 21 juillet 2005, dans le cadre du sommet du Marché commun du Sud(Mercosur), tenu en Argentine avec la participation du président FidelCastro et d’une délégation de haut niveau, un accord commercial a étésigné avec ce groupe. Cela a représenté un autre pas important dansl’intégration de Cuba à l’Amérique latine.

Grâce au triomphe électoral de Luis Inacio Lula da Silva, au Brésil, en2002 et en 2006, d’Evo Morales, en Bolivie, en décembre 2005, deMichelle Bachelet, au Chili, en 2006, de Martín Torrijos, au Panama, en2006, de Néstor Kirchner, en Argentine, en 2004, et de Tabaré Vásquez,en Uruguay, en 2005, un vaste éventail de partis de centre gauche etnationalistes participe au pouvoir dans plusieurs pays latinoaméricains, ce qui a contribué au resserrement des relations avec Cuba.Les victoires remportées en 2006 par Felipe Calderón au Mexique (enaoût), par Álvaro Uribe, en Colombie et par Alan García au Péroumarquent la fin de la tendance vers la gauche, même si la victoirerécemment remportée par Daniel Ortega prouve que les partis de gauchejouissent encore d’un grand prestige.

Curieusement, vu les relations existant avec la Colombie, Cuba arécemment été le siège des pourparlers entre des représentants dugouvernement colombien et de l’ELN (deuxième groupe guérillero enColombie).

Cuba Absolutely

C’est avec un grand plaisir que nous soumettons à votre considération les éditions de Cuba Absolutely, une revue culturelle, un vade-mecum économique et d’affaires, un guide touristique. Tout sur Cuba, Cuba absolument. Informer, attirer, divertir sur la base de la richesse du contenu, tel est notre objectif. Nombreuses sont les hyperboles et les opinions sur Cuba. La subtilité est l’une des premières victimes de la rancune existant entre le gouvernement de Cuba et les exilés cubains de Miami : elle est soit jetée par dessus bord, soit perdue dans la traduction. La réalité ? Cuba n’est ni le paradis tropical socialiste vanté par ses admirateurs ni la dictature tyrannique critiquée par ses détracteurs. Nous avons la chance de pouvoir écrire sur Cuba, un site riche en histoires fascinantes où la crainte d’épuiser les sujets ne nous hantera jamais. Nous n’avons pas la moindre intention d’offenser d’autres petits pays, mais Cuba a de l’esprit. C’est une île qui a fait valoir sa propre manière de faire les choses pendant plus de quatre décennies. Le monde peut devenir routinier mais Cuba restera personnelle et unique. Cuba Absolutely est divisée en sections. Nous espérons que cet agencement vous aidera à trouver ce que vous cherchez, que ce soit un article sur la renaissance de La Havane, une analyse particulière sur l’économie, une bonne adresse ou une recette de la cuisine traditionnelle. Nous accepteronsde bon gré vos idées concernant les futurs reportages, articles, photos et annonces.Nous sommes par ailleurs ouverts aux relations de collaboration ou decourtoisie. Nous aspirons à ce que cette revue se caractérise par la qualité deses articles et photos. Visitez notre site web où vous trouverez desinformations supplémentaires ou contactez-moi à l’adresse suivante : CubaAbsolutely@gmail.com, ou sur le site : www.CubaAbsolutely.com Cuba est différente et en vaut la peine Absoluement. Charlie Thompsom, directeur de Cuba Absolutely  

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