Ena Lucia Portela,  « ent bouteilles sur un mur »



Le dessin ci-après s’inspire du plus beau et sensationnel roman publié à Cuba de ces dix dernières années : Cent bouteilles sur un mur (Cien botellas en un pared) de la jeune romancière cubaine Ena Lucía Portela. Parue en 2002, l’œuvre a été déjà traduite en français mais pas encore en anglais. L’auteur offre un cadre tragicomique - aigu et convaincant - de la vie du protagoniste, depuis ses années d’écolière dans les années 1980, jusqu’à sa maturité une décennie plus tard. Comme toile de fond : une ancienne maison transformée en immeuble de rapport du quartier encore élégant du Vedado.

Le dessin montre la maison, implantée dans ce que le protagoniste appelle « le coin heureux du marteau », où, comme partout ailleurs dans la ville, il y a toujours quelqu’un en train de marteler, de cloisonner, de construire une cabane sur le toit, d’ « inventer » d’autres espaces pour vivre.

On peut distinguer, en bas à droite, la jeune protagoniste avec ses compagnes d’école, Linda et Yadelis, avec Moisés, son amant abusif, se montrant à la fenêtre (en haut, à gauche), d’où il tombe grâce aux bons offices d’Alix, la mystérieuse (en équilibre sur l’auvent), pour trouver la mort opportunément. D’autres personnages y sont aussi représentés : le futur trompettiste Polyester (personne ne sait prononcer son nom Dniester, le vrai) ; le curé et confesseur, le père Ignacio ; les ivrognes, toujours installés à l’entrée du bâtiment et Megaterio, le chien méchant qui terrorise les locataires de l’immeuble.