Entre désespoir et solidarité



Le cyclone Irma qui a récemment frappé Cuba a permis aux Cubains d'exprimer une fois de plus leur solidarité.

A Cuba, les cyclones sont un phénomène commun ; à la mode pourrait-on dire. Les Cubains sont toujours sur le qui-vive à ce sujet, comme d'autres pays le sont avec les tremblements de terre ou le terrorisme. Certes, on s'habitue aux cyclones et on leur attribue des prénoms, cependant, ils continuent à surprendre, à faire jaillir les plus profondes émotions et les meilleurs sentiments des gens.

Quand on annonce l'arrivée d'un cyclone passant par Cuba, la population s'active comme un essaim ou une ruche, on s'occupe de ses affaires personnelles mais aussi de celles de la société.

Les voisins s'entraident à nettoyer les balcons, à attacher les antennes des maisons, les conseils circulent dans les quartiers et c'est collectivement que sont partagées les mesures pour limiter les dommages provoqués par ce phénomène climatique.

Ainsi, les personnes se ruent sur les produits en conserve qui serviront à se nourrir quand le gaz  coupera, mais aussi sur les boissons rafraîchissantes, le pain ou les biscuits, la mayonnaise, les olives... Tout ce qui peut contribuer à s'hydrater et à tenir le coup. Et même si cela peut sembler inapproprié, la plupart des gens essayent de garder en réserve au moins une bouteille de rhum. Les Cubains savent que la peur causée par le vent, la houle, l'avancée de la mer peuvent paraître moins féroces après un verre. Ils se souviennent aussi, pour l'avoir vécu autant de fois, qu'une bouteille de rhum peut être d'un bon secours pour passer l'une des longues nuits après le passage d'un cyclone, elle pourra accompagner une partie de dominos, des histoires et des blagues ou encore un marathon d'informations à la radio.

Les informations sont justement l'une des choses auxquelles on a difficilement accès après un cyclone. Comme il n'y a pas d'électricité, la télévision reste éteinte comme tous les autres appareils dépendant de cette source d'énergie. C'est alors que les radios à piles deviennent des biens communs de tout le quartier ou qu'on les connecte aux enceintes pour que tout le monde puisse entendre.

Les gens se mettent aux portails, aux balcons, aux terrasses pour partager les dernières nouvelles. Mais ils s'intéressent aussi aux dégâts ailleurs, à ce qui peut être fait pour soulager la misère que laissent derrière eux ces catastrophes climatiques.

L'ABC des Cubains face aux cyclones se résume à stocker de l'eau potable, recouvrir et protéger les fenêtres avec des planches, mettre en lieu sûr les biens les plus précieux, disposer d'aliments qui n'ont pas à être cuisinés et de bougies, recharger les appareils électriques, avoir des médicaments de premier secours à portée de main, une radio pour rester informés, les numéros d'urgence et pour ceux qui sont près de la mer, monter les meubles, télévisions et frigos.

Sur les lieux de travail, dans les écoles, les quartiers, on organise des collectes de vêtements, de chaussures, tout ce qui pourrait servir aux sinistrés. Évidemment, on partage la douleur des autres, et on la ressent en pleine chair.

Traduction : F. Lamarque