Être cubain : une vraie fête !



 

Il existe tout type de fêtes à Cuba, des plus traditionnelles au plus contemporaines.

Par Olivia Ameneiros

Le Cubain aime la fête et c’est dans sa nature. C’est inscrit dans son ADN, tout comme l’amour du baseball, la passion pour les dominos et la conversation.

Pour le Cubain, n’importe quelle raison, n’importe quel anniversaire historique ou personnel est le prétexte à « armar la rumba », autrement dit, faire la fête.

Il suffit que l’année touche à sa fin ou qu’elle commence, que ce soit la fête des mères ou le carnaval ou que l’équipe de baseball que l’on supporte gagne un match pour que les festivités commencent.

Et il ne faut pas grand-chose : une bouteille de rhum, deux tambours ou de la musique enregistrée suffisent à faire vibrer des centaines de personnes.

Parfois, un bâton et un couvercle métallique, ou une petite cloche, produisent un rythme contagieux qui fait danser tout le monde jusqu’à l’épuisement. Mais le Cubain est aussi devenu spécialiste en organisation de fêtes. Les noms et les types de fêtes sont très variés : fêtes traditionnelles, fêtes populaires, carnavals, fêtes patronales, culturelles, les fiestas de bando (avec deux groupes qui rivalisent entre eux), les fiestas de tambor d’origine africaine…

Fêtes populaires à Cuba

Les Parrandas de Remedios, pendant lesquelles un concours du plus beau char oppose plusieurs quartiers de cette ville, sont l’une des fêtes les plus connues à Cuba. Ces chars peuvent être inspirés par la littérature universelle ou le cinéma, par exemple, et tous les habitants du quartier mettent la main à la pâte. Ces festivités se distinguent aussi en raison de leurs spectacles pyrotechniques, uniques à Cuba.

Parmi ces fêtes, si authentiquement cubaines, il faudrait aussi citer les Charangas de Bejucal, avec leurs concerts interminables, et les Bandos de Majagua, pendant lesquels le village se divise en deux groupes : rouges et bleus.

Les fêtes les plus répandues dans l’île sont les carnavals. Ils ont lieu une fois par an dans chaque commune ou province et peuvent durer plusieurs jours, de l’après-midi jusqu’à l’aube.

Pendant les carnavals, les rues se parent de couleurs, de lumières et de confettis. Les chars défilent, les déguisements, les comparsas (groupes de musiciens et danseurs)… La conga, cette danse typique et contagieuse entraîne les foules avec elle la nuit durant.

Une fête, à Cuba, est inconcevable sans boisson, de préférence du rhum ou de la bière. Parmi les incontournables : une bonne salade de pâtes, de la viande et de la charcuterie, du pain avec de la mayonnaise ou avec de la pasta (spécialité à base de mayonnaise), des apéritifs salés pour faire passer les boissons.

La musique est toujours au rendez-vous, presque toujours avec des rythmes latinos comme la salsa, le merengue ou le reggaeton, très présent récemment.

Penser la fête

Avec le temps et conformément à l’évolution du pouvoir d’achat, les fêtes cubaines ont pris une autre dimension. Si la préparation d’un mariage ou d’un anniversaire étaient une question de famille, les organisateurs d’événements sont aujourd’hui à la mode.

Dans le cadre des nouveaux permis octroyés aux travailleurs indépendants mis en place en 2011, ils gèrent l’organisation des fêtes en fonction du budget des clients.

Ces organisateurs d’événements connaissent un succès grandissant et donnent à la fête cubaine une couleur contemporaine avec des éléments venus de l’étranger.

Ils s’occupent de tout, ou de presque tout : location de salle, décoration de l’intérieur et de l’extérieur, organisation du buffet avec le traiteur. Ils travaillent aussi sur d’autres questions importantes : le choix du personnel qui va assurer le service pendant le repas, d’un DJ ou d’un groupe de musique pour un concert, d’un photographe, d’un caméraman pour graver ce moment pour l’histoire…

Cette organisation méthodique de fêtes est plus courante à La Havane et dans les grandes villes du pays où le capital privé est en expansion grâce au développement des petits entrepreneurs.

Aussi, des fêtes fabuleuses sont organisées dans les hôtels les plus renommés de La Havane. On peut également voir de gigantesques anniversaires dans  les endroits les plus selects de Varadero, des mariages hors normes sur les plages paradisiaques ou des concerts exceptionnels où se produisent les chanteurs de reggaeton les plus connus du pays.

Il faut dire qu’en matière de fête, le Cubain ne lésine pas sur les moyens. Il ne lui en faut pas beaucoup et il ne se plaint pas s’il n’a pas grand-chose. Pour faire la fête, il suffit d’un prétexte, le reste va de soi.

Traduction : F. Lamarque