FIHAV 2013

de nouvelles positions face à l’investissement étranger ?



La XXXIème Foire Internationale de La Havane (FIHAV 2013) est arrivée au moment opportun, telle la cerise sur le gâteau, pour un des chantiers dans lequel le gouvernement cubain a le plus d’espoir : la Zone Spéciale de Développement de Mariel.

En lien avec d’autres transformations ou annonces entreprises au cours des deux dernières années, le rendez-vous a attiré du 3 au 9 novembre au parc des expositions ExpoCuba un nombre de participants tel qu’on ne l’avait pas vu depuis une dizaine d’années.

Le Bureau des Régulations qui gère la zone enclavée autour de la baie de Mariel a ouvert ses portes le 1er novembre dernier, à peine deux jours avant l’inauguration de la foire faite par le vice-président du Conseil des Ministres, Ricardo Cabrisas accompagné du ministre du Commerce Extérieur et des Investissements Etrangers, Rodrigo Malmierca. Ils souhaitèrent ainsi la bienvenue aux représentants de plus de 1400 entreprises en provenance de 65 pays. Sur la totalité, à peine plus de 900 étaient des entreprises étrangères.

Les principaux partenaires commerciaux de Cuba, étant, dans l’ordre, le Venezuela, la Chine, la Russie, l’Espagne et le Canada, ont maintenu une forte présence, mais la participation d’autres pays s’est également répandue dans les divers pavillons de l’exposition. Les entreprises espagnoles ont une fois de plus été les plus nombreuses, mais la plus forte croissance revient aux entreprises vénézuéliennes, chinoises, brésiliennes et allemandes.

Le nombre des participants a augmenté grâce, entre autre, à la venue des représentations des chambres de commerce étrangères, d’autres délégations officielles et des institutions internationales.

D’après les organisateurs, il s’agit du plus grand nombre d’exposants en 11 ans. Cela serait-il une réponse aux signaux qu’envoie l’économie cubaine ?

A l’ouverture, Malmierca a parlé de la vitalité et de la croissance de l’économie cubaine en donnant comme exemple l’augmentation de 3% du Produit Intérieur Brut (PIB) au cours des derniers 18 mois. C'est un rythme qui est, en réalité, encore inférieur aux besoins calculés par les économistes et présentés par le gouvernement lui-même dans les « Grandes Lignes de la Politique Economique et Sociale » en 2011.

L’information la plus intéressante est arrivée aux oreilles des exposants de manière indirecte :  Le ministre a confirmé que l’économie cubaine poursuit son processus de transformation et a fait référence aux politiques macroéconomiques adoptées par le gouvernement au niveau monétaire, du crédit et fiscal. En particulier, il a désigné le travail réalisé auprès de l’actualisation du cadre réglementaire des investissements étrangers et a considéré comme important le rôle que devrait jouer le capital étranger dans le développement économique cubain.

« Une fois cette politique approuvée, nous espérons compter sur un portefeuille de projets dans divers secteurs et par de partenaires sérieux, ayant comme but de s’associer à des entreprises cubaines à la recherche d’un bénéfice commun », a signalé le ministre.

L’importance faite à l’investissement étranger a été confirmée quelques jours plus tard dans d'autres discours au cœur de la Foire. Tant les entrepreneurs étrangers comme les cubains ont essayé de lire, à travers les mots de Malmierca, un changement d’attitude face à l’injection de capitaux étrangers.

« Les Grandes Lignes de la Politique Economique et Sociale », approuvées en 2011 par le Sixième Congrès du Parti Communiste de Cuba, reconnaissent le besoin d’un espace pour les investissements étrangers. Si elles prennent une certaine distance quand elles proposent de « continuer à favoriser la participation du capital étranger », elles le considère bien « comme un complément de l’effort dans l’investissement national. Cet investissement doit se faire dans des activités allant de l’intérêt du pays, en accord avec les projections de développement économique et social à court, moyen et long termes ».

Pour le moment, le premier signe concret d’une position plus ouverte face aux investissements des entreprises étrangères est la création de la Zone Spéciale de Développement (ZED) de Mariel. Elle a été présentée lors de la Foire par le ministre de Commerce Extérieur et la Directrice Générale du Bureau des Régulations, récemment inauguré, Ana Teresa Igarza.

Lors d’un forum général puis par des rencontres avec les entrepreneurs des différents pays, les cadres du Bureau ont offert sur un plateau d’argent la ZED. La mission est claire : «  favoriser le développement économique durable grâce aux investissements étrangers, à l’innovation technologique et la concentration industrielle, en vue d’augmenter les exportations, remplacer de façon effective les importations. C'est générer de nouvelles sources d’emplois, dans un échange constant avec l’économie interne », selon le document présenté.

Il s'agit bien de l’œuvre la plus complexe lancée par Cuba depuis plus de 20 ans – soutenue par un financement millionnaire officiel du Brésil –. Ce fut l'occasion lors de la Foire de promouvoir la ZED et aller à la pêche d’investisseurs. A juger par certains rapports du Bureau cités par Telesur et des médias sur le web, des entreprises de certains pays ont manifesté un certain intérêt pour s’installer dans le nouvel espace, avec une forte présence des asiatiques. Ce n’est pas un hasard puisque les partenaires commerciaux de Cuba sont la Chine, le Japon, le Vietnam. La Russie, l'Allemagne, le Mexique et le Brésil ont également manifesté un vif intérêt.

« Dans la Zone Spéciale de Développement, des politiques spécifiques seront mises en places. Elles auront pour objectif l’attrait des investissements étrangers, et principalement ceux qui apporteront de l’innovation technologique et de la gestion », a précisé le ministre.

Autant la ZED de Mariel que la FIHAV 2013 ont confirmé la recherche permanentes d’affaires et de contrats. Ils permettront le développement, en plus des produits traditionnels, des nouvelles alternatives qui commencent à être identifiées et offrent de plus grands gains à la plus grande des Antilles, telles que la biotechnologie et l’industrie pharmaceutique.

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