Gibara, légendes de pêcheurs et tourisme

2017-08-15 18:40:24
Olivia Ameneiros
Gibara, légendes de pêcheurs et tourisme

Connue pour ses festivals de cinéma, cette ville côtière est appelée à devenir une destination touristique prometteuse et  inégalable. 

Beaucoup pensent que Gibara a été découverte par le célèbre cinéaste cubain Humberto Solás, qui voua tant d’attachement à cette ville côtière qu’il y organisa chaque année, à partir de 2002, un festival international de cinéma, qui se tient encore quinze ans après.

Gibara acquiert de la notoriété à partir du moment où de nombreux réalisateurs, acteurs et critiques du septième art découvrent dans cette ville de l’est du pays la magie qui avait captivé Humberto Solás lorsqu'il y mit les pieds pour la première fois.

Toutefois, la découverte de Gibara n'est pas due à Solás. La ville existait. Elle était là depuis toujours. Mystique et unique. Solás se chargea seulement de la rendre visible aux yeux du cinéma.

En cherchant un peu, on s'aperçoit qu'elle renferme un tas d'histoires et de légendes. Le tourisme, croissant et dynamique, promet un avenir florissant à cette ville  de pêcheurs qui s’éveille après tant d’années d'une quiétude économique apparente.

Gibara indique le début et la fin de nombreux chemins et on ne peut manquer de les emprunter pour s'y rendre. Les visiteurs sont chaque jour plus nombreux et le ministère du tourisme augure qu'ils ne vont cesser d'augmenter. Ce n’est pas par hasard que la région a été le siège de la dernière Foire internationale du tourisme tenue à Cuba.

La ville ne manque pas de charme. D'aucuns y viennent pour déguster ses fameux crabes ou le délicieux filet de requin, mais dans les dernières années, bon nombre de voyageurs souhaitent plonger dans le mystère  qui entoure cette ville située sur la côte nord-est du pays.

Gibara ne ressemble à aucune autre ville côtière. Elle n’est pas aussi calme que Puerto Padre, dans la province de Las Tunas, citadelle bercée par ses habitudes quotidiennes, ni aussi animée que Baracoa, à la pointe de la province de Guantanamo, dont la vitalité touristique est bien connue.

Il est difficile d’expliquer pourquoi Gibara envoûte, attendrit, domine…

Elle doit son nom à un mot d’origine  autochtone jibaro, qui signifie rustique, indomptable. Gibara indomptable. Pleine d’histoires, de légendes, de personnages dignes du réalisme magique.

D'aucuns affirment que c'est à cet endroit précis de Cuba que Christophe Colomb débarqua le 28 octobre 1492. D’autres racontent que l’Américaine Isadora Duncan dansa sur la scène du grand théâtre de la ville, où se présentèrent aussi de célèbres artistes cubains comme le violoniste Brindis de Salas, le compositeur Ignacio Cervantes et le musicien Bola de Nieve.

Certains assurent qu’un des tableaux du musée des arts décoratifs est fait de cheveux humains, témoignage de l'amour malheureux entre une demoiselle qui mourut très jeune et son bien-aimé.

Récemment, une autre histoire a vu le jour,  preuve à l’appui, à propos d'un ballon dirigeable américain qui survola la côte.

Cette ville, connue aussi comme la Ville blanche — la population est un mélange de descendants d’Européens, de personnes venues d’Holguin et de Bayamo —, a préservé la beauté de ses bâtiments, aussi bien publics que privés,  par-delà  toutes les époques.

Actuellement, elle fait montre d'un dynamisme économique particulier, d'une mise à jour à l'intention du touriste qui recherche non seulement la légende mais aussi le confort : du pittoresque moderne.

Mais Gibara reste Gibara grâce aux ruines des murailles de la ville, à sa caserne et aux pièces d'artillerie de l'époque de Ferdinand VII, à son église paroissiale et à ses porches baignés de lumière, à ses crabes à la sauce piquante, à sa pêche et à ses chalands, à son air salpêtré, à ses vents violents, à ses plages et ses criques.

C’est peut-être ce semi-oubli durant de longues années qui a redoublé le mystère de cette ville et de ses habitants, qui a édulcoré ses histoires, qui a vu mûrir l’architecture de ses vieux bâtiments. C’est la mélancolie de cette ville, son auréole poétique qui a séduit Solás et qui captive aujourd’hui de nombreux touristes.

Traduction : Alicia Beneito

Habana XXI

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