Guillaume de Sardes à Cuba

Première de son vidéo art Bimbo


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Guillaume de Sardes, artiste français polyvalent qui navigue entre littérature, photographie et histoire de l’art, aura son baptême de culture cubaine in situ avec une œuvre très spéciale, qui éveillera sans doute l’intérêt du public cubain.

Né en 1979, De Sardes est un spécialiste de l’œuvre de Nijinsky, qui vient découvrir Cuba à travers le prisme du Festival vidéo ON/OFF, organisé dans le cadre du mois de la culture française à Cuba.

Quelle image avez-vous de Cuba ?

Je me souviens d’avoir vu le documentaire de Wim Wenders, Buena Vista Social Club, quand il est sorti en salle. Je devais avoir vingt ans. Puis j’ai regardé les photographies d’Antoine D’Agata, d’Yvon Lambert ou de José Ramon Bas. J’ai aussi souvent discuté de Cuba avec des amis qui aiment ce pays, notamment le photographe Bernard Faucon. Tout cela, ce sont des fragments qui forment dans mon esprit une mosaïque imprécise.

Qu’attendez-vous de votre voyage ?

Je suis bien sûr curieux de découvrir le ON/OFF festival, mais aussi La Havane, ses nuits, ses habitants. Mes voyages s’apparentent davantage à des flâneries, à des errances, qu’à des visites studieuses avec le Guide Bleu en main. La part d’inattendu est celle qui m’intéresse le plus.

Vous présentez une vidéo inédite. Comment s’insère-t-elle dans votre œuvre/travail ? 

« BIMBO » traite d’un thème très contemporain, puisqu’il s’agit de l’influence de la pornographie sur la société contemporaine. Quand j’étais adolescent, la pornographie était peu accessible. Il y avait quelques magazines, un film chaque mois sur Canal+… L’idéal de beauté était fixé par les maisons de couture : Yves Saint Laurent, Chanel, Dior, Givenchy, etc. Le porno a diffusé d’autres standards esthétiques, notamment celui de la bimbo : grosse bouche, gros seins, gros cul. D’autres comportements aussi avec la valorisation de la « femme-objet ». « BIMBO » pose donc la question du désir, de la féminité, du sexe, des limites, qui sont autant de sujets que j’aborde dans mes photographies et mes romans. La seule différence est que pour cette vidéo la dimension intime est moins présente que d’habitude.

Quelle réception attendez-vous de la part du public cubain pour cette vidéo ?

Je ne sais pas car ma vidéo fait un simple constat. Elle dit : Ecce Bimbo ! En France, on me reprocherait sans doute de ne pas avoir pris parti, de ne pas avoir dénoncé ce phénomène. Mais, d’une part, je ne crois pas que les artistes doivent être les garants de la moralité, et d’autre part, j’ai de la tendresse pour les marges et ceux qui les habitent : les excentriques, les pédés, les trans et donc aussi les bimbos.

Souhaitez-vous développer un projet en rapport avec Cuba ? 

J’aimerais faire des photographies. Mais mes images sont tellement liées à ce que je peux vivre ou non, qu’il est possible que je ne fasse rien.