Hostal Gamboa, entre passé et présent

2017-08-23 17:53:37
Sofía D. Iglesias
Hostal Gamboa, entre passé et présent

À La Havane, l’Hostal Gamboa permet de se loger tout en appréciant pleinement l’histoire de la capitale havanaise.

 Comme toutes les choses d’autrefois, comme tout ce qui a survécu au passage du temps et à l’oubli, aux vivants et aux morts, à l’ancien et au contemporain, la demeure située au 118 de la rue Cuarteles a une histoire à raconter.

Une histoire dont le parfum embaume les environs et que seuls peuvent sentir les aventuriers qui logent dans ses appartements, ceux qui sont entièrement disposés à faire la connaissance de la véritable Havane.

La vieille Havane et la nouvelle Havane. Celle de Cecilia Valdés et de Leonardo Gamboa. Celle de la ruelle des coiffeurs. La Havane aux nuits magiques, celle des amoureux, des rêveurs, des âmes en peine...

Hostal Gamboa

Il s’agit du plus bel immeuble de la rue Cuarteles, au numéro 118. La bâtisse a été baptisée Hostal Gamboa, une allusion au personnage du roman Cecilia Valdés, de Cirilo Villaverde.

De nombreux passage de cette œuvre ont pour théâtre les environs, et ce nom contribue à envelopper les lieux d’un halo de mystère qui fascine tous ceux qui sont en quête de fantômes, d’histoires secrètes et de retours dans le passé.

La demeure est située face à la petite place et à l’église du Santo Ángel Custodio. Sa façade présente des caractéristiques éclectiques qui sont la signature de l’époque de sa construction.

Les balcons, dont la sécurité est assurée par une balustrade en béton, sont disposés de manière à mettre en valeur chaque étage de l’immeuble tout en offrant la meilleure vue possible.

Plusieurs cafés et restaurants animent de nos jours le quartier, qui a connu un essor considérable grâce à l’apparition des petits commerces privés. Malgré le développement du tourisme, le caractère pittoresque de la vie quotidienne demeure. Aussi, la présence des voyageurs n’empêche pas les habitants de faire la fête dans les solares (anciennes demeures bourgeoises subdivisées en appartements), les enfants jouent toujours au base-ball dans la rue et les amoureux... s’aiment toujours.

L’Hostal Gamboa est situé à proximité du malecón, de la rue Prado, du musée de la Révolution (Palais présidentiel avant 1959), des musées d’arts, de la rue Opispo... et d’autres endroits auxquels on peut accéder à pied.

Une histoire à raconter

Si la façade et les intérieurs ont été rénovés pour satisfaire aux exigences de notre époque, les murs, les coins et la toiture conservent l’aspect qu’ils présentaient en 1788.

On raconte que la bâtisse était à l’origine de plain-pied et que le toit était de tuiles. La maison jouxtait l’église de Santo Ángel et appartenait à don Luis Palacios, sous-lieutenant de la marine royale.

La demeure est ensuite passée à d’autres propriétaires, mais elle n’a pris sa forme actuelle qu’au milieu du XIXe siècle.

C’est en plein XXe siècle que la maison fut achetée par Vicente María Julbes y Molina, un commerçant américain. La mairie ayant délivré son autorisation, l’acquéreur demanda au maître d’œuvre Alberto Planas d’entreprendre des travaux qui donneront à l’immeuble l’aspect qu’il présente de nos jours.

Julbes avait en vue la location d’appartements : quatre en tout, comptant chacun un salon, une salle à manger, une salle de bain et quatre chambres avec mosaïques au sol et faux plafonds.

Pendant des décennies, l’immeuble a abrité une pension. Il fut agrandi en 1924 avec la construction d’une chambre sur le toit en terrasse. Quelques temps plus tard, Julbes vendit l’Hostal à José Rodríguez y Rodríguez, qui la céda à son tour à la Société Anonyme The Cuba Company qui confia à l’architecte Ernesto Tosca des travaux de rénovation.

Les appartements furent ensuite loués par toutes sortes de locataires et de sociétés étrangères jusqu’à sa transformation en immeuble d’habitation suite à la révolution cubaine.

Cependant, suite à l’autorisation des locations de chambres et d’appartements aux touristes étrangers, il est de nos jours possible de s’héberger à l’Hostal Gamboa.

Traduction : F. Lamarque

Habana XXI

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