Interview de Monseigneur Carlos Manuel de Céspedes (1/2)



Portrait de famille

Malgré les règles d'une interview avec une des figures les plus actives et respectées du clergé cubain, la désinvolture et l'amabilité de Monseigneur Carlos Manuel de Céspedes ont anéanti ma timidité. J'ai été captivé pendant deux heures, entre souvenirs intimes et réflexions sérieuses.

Durant plus de 40 ans de service, Monseigneur Céspedes a parcouru presque toutes les strates de la hiérarchie cléricale, des plus humbles paroisses au Vicariat Général de La Havane, en passant par la direction du Secrétariat Général de la Conférence des Évêques Catholiques de Cuba, entre autres.

Mais son statut de descendant direct de Carlos Manuel de Céspedes y del Castillo, que l'on considère aujourd'hui comme le précurseur de l'indépendance du pays, une icône pour les cubains, m'imposait plus de respect que son rang ecclésiastique.

C'est sans aucun doute que ma première question devait aborder l'influence de cette filiation sur sa formation, sa vision du monde et du pays.

Détendu, Monseigneur Céspedes explique que sa mère lui racontait des histoires de la guerre d'indépendance, de la guerre des 10 ans, au lieu d'histoires fantastiques. Elle avait elle même entendu ces histoires des membres de la famille. « Il y a beaucoup de belles histoires sur Cuba, disait-elle, pour raconter des contes de fées et de belles au bois dormants. »

C'était surtout la figure de son arrière grand-père, Carlos Manuel de Céspedes y del Castillo, et son image héroïque qui était cultivé dans la famille.

Il était mort précocement en 1874 et ses enfants ne l'avaient pas connu. Mais les anecdotes contées par les parents et contemporains du patriote rappelaient son héroïsme, et laissaient entrevoir son côté plus humain, son exquise politesse, son charisme et son inaptitude au célibat.

Il a été fidèle à sa première épouse, Carmen. Veuf, il a ensuite connu Anita, sa seconde épouse. Quand elle est partie aux Etats-Unis pendant la guerre, enceinte, il a trouvé du réconfort dans d'autres bras.

On a fait l'éloge de sa grande culture, de sa connaissance de plusieurs langues. On a parlé de ses voyages en Europe, en  Turquie, en Egypte et en Palestine ; de son amour pour la musique, de sa participation à la fondation de l’orchestre philharmonique de Bayamo. On a aussi évoqué son penchant pour le théâtre, pour lequel il a écrit et interprété des rôles, et de son intervention pour la construction du théâtre.

« Mais plus que tout je sentais, d’après ce que l’on raconte de lui, qu’il avait été un homme très spécial, d’une immense tendresse et avec un grand sens de la famille. »

Je me souviens que durant mon enfance, j'étais énormément contrarié qu'on me rappelle que jétais un descendant des Céspedes et des Garcia Menocal. Surtout à l'occasion des « festivité civiques des dates de la patrie », quand « l'enfant de Céspedes »  devait réciter une poésie patriotique. Alors, j'arrivais à la maison en protestant et je disais à mes parents qu'ils auraient dû m'appeler Juan Rodriguez ou Pedro Pérez, pour qu'on me laisse tranquille.

En grandissant, je me suis rendu compte que certaines choses ne dépendaient pas de moi. Ma famille était ce qu'elle était, et je les aimais tous, les Céspedes comme les Garcia-Menocal, indépendamment de positions politiques ou d'un autre ordre.

Quand je suis revenu à Cuba, après mes études de prêtre, la révolution avait déjà triomphé et presque toute ma famille avait quitté le pays. Sans le vouloir, j'étais devenu, dans l'île, le descendant de Carlos Manuel ou le neveu de Mario Garcia-Menocal. J'ai finalement assumé cette image avec naturel.

Deux passions

Carlos Manuel de Céspedes Garcia-Menocal a deux grandes passions. Bien qu'il jouisse énormément de la musique et de la lecture, il aime l'enseignement auquel il s’est dédié sans interruption dés qu’il a été ordonné prêtre et il trouve un immense plaisir dans l'écriture. Il n'a pas de doutes en admettant que Cuba et l'Église sont ses deux grandes passions.

« Mon père est mort quand j'avais 9 ans. La maison, la famille ont gardé le même style. Tout le monde n'avait pas les mêmes opinions, mais il prévalait une vision très cubaine. Tous étaient catholiques, plus ou moins fervents. Avant de tomber malade, mon père m'a accompagné à la messe de minuit, le 24 décembre 1945. C'était sa dernière sortie. Ensuite, il est resté alité et est décédé le 8 février 1946. La religion était très importante pour moi, mais ma mère, pleine de bon sens, m'a poussé à fréquenter l'université pendant 2 ou 3 ans. Elle me disait que si je voulais suivre le chemin du sacerdoce ensuite, ce serait mon choix.

Après avoir passé le baccalauréat j'ai commencé à étudier le Droit. J'étais déjà un membre très engagé des groupes juvéniles catholiques, j’étais aussi très « promeneur » ; studieux et réfléchi, oui, mais aussi fêtard, amant du théâtre, des concerts, etc. Toutefois, à la fin de la troisième année je me suis décidé pour le sacerdoce et j’ai quitté le droit.

L'Archevêque de La Havane, le Cardinal Arteaga, puis l'Administrateur Apostolique, Monseigneur Evelio Díaz, m'ont conseillé de poursuivre mes études de droit en candidat libre, en plus du Séminaire. Ils souhaitaient que je devienne prêtre avocat, afin d'aider l'Église sur les questions juridiques. Mais l'Université a fermé après le débarquement du yacht Granma. Quand elle a rouvert, je me préparais déjà à partir pour l'Université Grégorienne Pontificale, à Rome. Bien que j'aime encore le droit et que je garde quelques liens avec les études juridiques et avec de jeunes professeurs, je ne regrette pas ma décision. »

À votre retour à Cuba comme prêtre, comment avez-vous vécu la nouvelle situation, qui a dévié vers un conflit entre le gouvernement et l'Église ?

En 1963, lorsque j'ai terminé mes études, ma famille ne vivait plus à Cuba. Je suis allé les voir aux Etats-Unis, à Porto Rico, en Espagne avec l'idée que je ne les reverrais plus. Il était pratiquement impossible de voyager alors.

J'étais heureux de revenir à Cuba. Je voulais vivre ici, j'ai toujours voulu vivre ici. Et bien que ces moments ont été difficiles, personnellement et vis à vis de l'Église, je n'ai jamais pensé à partir.

Je savais que je n'allais pas retrouver Cuba comme je l'avais laissé, que la société serait différente. Le premiers jours, je me suis consacré à explorer un peu, à rencontrer d'anciens amis quelques-soient leurs opinions religieuses. Je n'ai pas le tempérament à être homme de division, et je ne dois pas l'être en tant qu'homme d'Eglise. Je ne me suis jamais éloigné de quelqu'un qui n'avait pas les mêmes idées que moi.

J'écoutais ceux qui avaient été liés à la révolution, y compris les personnes haut-placées. J'ai construit mon sens critique en discutant de toutes les choses, les bonnes qu'il me semblait important d'appuyer, et les plus obscures, comme la religion.

Cela a été difficile. J'ai même été détenu cinq fois en 1965, accusé de faire du prosélytisme religieux. J'étais alors le curé de Punta Brava, de Santa Fe et de Guatao. J'amenais parfois dans ma voiture des enfants à l'église : leur famille ne pouvait pas les amener, il n'y avait pas de transport. Nous nous sommes mis d'accord et j'allais les chercher dans les fermes.

La première fois a même été amusante. J'avais été emmené au poste de police de Punta Brava, puis à la caserne de Bauta. Après avoir attendu plusieurs heures, un lieutenant est arrivé pour prendre ma déposition et quand je lui ai dit que je m'appelais Carlos Manuel de Céspedes il m’a dit : « Père, c’est une affaire sérieuse ». « Bien sûr », lui ai-je répondu. Il m'a alors demandé si j'étais un parent du patriote et je lui ai expliqué qui j'étais. Quand je lui ai dit que mon second nom de famille était García Menocal, l'homme a dit : (excusez ce gros mot) « coñó, pa'l carajo (merde alors), ce curé a tout pris »

L’histoire ne finit pas là. Quand le jour du jugement est arrivé au Tribunal Municipal de Bauta, la juge a demandé au plaignant de quoi il m'accusait. « De proxénétisme religieux », dit l'homme. Elle est restée horrifiée et elle a demandé: « Comment ? Qu'est-ce que c’est ? » L'homme a répondu que j'emmenais des enfants au catéchisme dans ma voiture.

Alors la juge lui a expliqué que cela serait du prosélytisme religieux illicite, si les parents n'étaient pas d'accord. « Ce que vous dites n'existe pas et je vous conseille, quand vous rentrerez chez vous, de chercher ce mot dans un dictionnaire pour savoir ce qu'il veut dire, parce que nous les dames ne parlons pas de cela. »

À la fin tout a été résolu, car en interrogeant les parents des enfants, ils ont dit qu'ils étaient d’accord que j’emmène leurs enfants dans ma voiture. et j’ai été disculpé. Mais cette histoire s’est répétée quatre autres fois, au point quand j'entrais, la juge demandait « C’est la même chose ? » « Oui, c’est la même chose », et elle déclarait alors le non-lieu.

Il y avait toujours des extrémistes qui faisaient pression. Je me rappelle, par exemple, qu’il n'y avait pas d’église dans le petit village de Cangrejera et nous célébrions la messe et le catéchisme sur un petit terrain appartenant à l'Archevêché.

Au même moment, un bus arrivait. Ils demandaient aux enfants : « Qu'est-ce que vous préférez, le catéchisme ou un pain avec du porc ? » Et les enfants disaient : « du pain avec du porc ». Ou alors: « que préférez-vous, aller à la messe ou à l'aquarium ? » « À l’aquarium, à l’aquarium ». Si nous changions l'heure, ils la changeaient aussi. Je pense qu'ils voulaient mettre un terme au catéchisme et que les enfants ne viennent plus à l'église. La situation devenait très difficile.

Dans les années 80, alors que je commençais comme curé dans l'église du Santo Angel, je me souviens que des haut-parleurs étaient installés alors que je célébrais la messe. Je ne m'entendais plus moi-même. J'en ai parlé avec les fonctionnaires responsables des affaires religieuses, qui m'ont dit que c'étaient le fait d'extrémistes, de fonctionnaires locaux. Cela a continué.

Avant la création du Bureau des Affaires Religieuses, le représentant était Luis Amado Blanco, qui s'occupait aussi des relations avec le Vatican au Ministère des Affaires Étrangères. Ensuite, c'est un vieil avocat marxiste, très cultivé et cordial, le docteur José Felipe Carneado, qui a été nommé. Il était alors directeur de l'agence de presse Prensa Latina et s'occupait des affaires religieuses dans ce bureau jusqu'à la création d'un bureau indépendant vers 1963-64. Carneado est alors devenu le directeur, avec une petite équipe, mais ce n'était pas lui qui prenait les décisions importantes.

Une fois, nous traitions une affaire d'une certaine importance et il m’a dit : « Rappelez-vous que je suis seulement un téléphone qui transmet vers le haut. » Je lui ai dit « c'est vrai, mais un téléphone peut avoir des bonnes ou des mauvaises lignes. Vous au moins, vous transmettez bien. »

A partir de quand la situation s'est-elle détendue ?

De manière très claire, au moment des préparatifs de la visite du Pape. il y a eu d'autres signes avant, comme le livre écrit par Frei Betto sur Fidel et la religion. Fidel Castro avait fait quelques voyages en Amérique du Sud , où il a rencontré des religieux de gauche. L'attitude officielle a commencé à changer, non seulement vis à vis des catholiques, mais de la religion en général. On ne peut donc pas parler d'un moment isolé, mais d'une série de faits. Il n'y avait pas de nouvelles mesures, mais un style différent, la communication était plus fluide.

Actuellement, comment sont les relations entre l'Église et l'État cubain ?

Meilleures, mais pas encore aussi bonnes que je le voudrais. Il faut avancer. La communication avec l’actuelle directrice du Bureau d’ Attention des Affaires Religieuses, Caridad Diego, est fluide et les problèmes sont résolus par une communication amicale.

Changó et Santa Bárbara

Dans un de vos écrits vous avez souligné : « La majorité du peuple cubain, dans l'ensemble, apprécie la présence de l'Église à Cuba, il a accueilli la visite du Saint Père avec respect et allégresse ; le séjour du Pape a été des jours glorieux, des jours de fête nationale pour les Cubains, mais la majorité des Cubains peut vivre très placidement sans tenir compte de ses enseignements. » Comment évaluez-vous la religiosité des Cubains ?

Je pense que depuis toujours le peuple cubain croit en Dieu. Il vénère aussi la Vierge Marie, les saints et prend part aux cultes syncrétiques ou à d'autres. Mais il ne veut pas être dérangé par la foi, qu'elle ne soit pas trop exigeante.

A Madrid, il y a une lettre au Nonce apostolique, ou à un fonctionnaire gouvernemental, d'un Évêque de La Havane, datant du 19ème siècle alors que Cuba était encore une colonie. Généralement, les évêques faisaient un rapport au Nonce ou au gouvernement en place, en présentant une fois par an le panorama religieux du pays. Dans cette lettre, il est ainsi définit « [...] ce peuple est plus intéressé par l'âme des affaires que par les affaires de l'âme. »

Des statistiques sur la pratique religieuse, faites par l'Église avant la révolution, montrent que le seul pays d'Amérique latine ayant un niveau religieux) un peu plus bas que Cuba est l'Uruguay. Cuba est le pays qui comptait le moins de vocation religieuses par habitant. Aujourd'hui, les statistiques sont les mêmes.

Je crois que la majorité des gens apprécie l'Église. Une minorité est très engagée dans toutes les questions en rapport avec l'Église catholique, mais la plupart diront qu'elles sont catholiques, baptisées ; ces personnes offrent des messes aux défunts quand un membre de la famille meure. C'est être catholique à un degré très élémentaire, mais ça l'est. Maintenant, si elles traversent une situation difficile, elles ne vont pas trop se limiter pour ce que prêche l'Église sur ce sujet.

Mais il y a eu un rapprochement des Cubains vers l'Église ces dernières années ?

Oui, il y en a eu un, surtout après la visite du Pape. En 1998 et 1999, on a remarqué une plus grande affluence à la messe et le nombre de baptêmes a augmenté, mais arrivé à un certain point la pratique religieuse s'est stabilisée, à un niveau plus haut qu'avant, mais encore faible. On remarque une fréquentation très nombreuse certains jours comme pendant la Semaine Sainte, à Noël, le jour de la Caridad del Cobre, dans les paroisses populaires surtout. Le quartier où je suis curé n'est pas aussi... populaire : il y a beaucoup plus de monde à Noël que le dimanche. Leur pratique est occasionnelle, mais ils ont réellement le sentiment d'être catholique.

Les mois avant la visite du Pape, on a fait un pèlerinage avec une image de la Vierge de la Caridad dans tous les diocèses. On ouvrait une église chaque jour et les personnes qui le souhaitaient passaient, en priant, face à l'image. Plus de 12000 personnes sont entrées dans l'église de San Agustin, c'est à dire quasiment tout le quartier y compris des policiers et des officiers de l'armée. Ca a été partout pareil. Pour cette raison, nous n'avons pas été surpris que tant de monde soit venu voir et écouter le Pape.

Comment percevez-vous cette coexistence particulière de la religion catholique avec les religions afro-cubaines à Cuba ? Quel rôle ont l’une et l’autre dans la vie quotidienne ?

C’est un thème très complexe et il y a différentes opinions dans et hors de l'Église. En définitive, je crois que le syncrétisme religieux à Cuba, surtout avec les religions d'origine africaine, a plusieurs causes. Une, générique, est cette espèce de superficialité du Cubain par rapport à l'aspect religieux. Il accepte facilement une croyance ou une autre, sans se rendre compte des contradictions qu’il peut y avoir entre elles.

Une autre cause est l'influence d'une évangélisation déficiente des peuples africains liée à l'esclavage. Il a été en vigueur depuis le 16ème siècle et jusqu'en 1886. En théorie, les négriers et les maîtres étaient obligés de christianiser les esclaves. En pratique, ils leur donnaient des cours de catéchisme en castillan que les africains récemment arrivés ne comprenaient pas, puis ils les baptisaient. Il y avait des noirs libres et pratiquants, ayant une formation religieuse différente.

Alors, ils syncrétisaient ce qu'ils voyaient. Des phénomènes très curieux se sont produits. Chango, par exemple, est le syncrétisme de Santa Bàrbara. Lui est un homme et elle une femme, mais Chango était un guerrier représenté avec un hache et Santa Bàrbara a une épée à la main. Tous deux sont vêtus de rouge. Au Brésil, l'identification s'est faite avec Saint Georges, qui apparaît sur un cheval avec une épée et un vêtement de guerrier. D'autres syncrétismes se produisent avec les orishas ou santos de la religion yoruba. Ensuite, à travers les mélanges de cet ajiaco que nous sommes tous, il est presque impossible de connaître la proportion de métis, de noirs ou de blancs qui ont ces croyances.

La majorité des personnes recourent à la religion afro-cubaine quand elles ont des problèmes. C'est une religion qui ne possède pas les exigences éthiques des autres, comme le protestantisme ou le catholicisme. Cela se voit, spécialement, dans les processions pour le jour de San Lázaro, où un grand nombre de personnes viennent pour lui demander quelque chose, pour le remercier ou pour accomplir une promesse.

Quelle est la place que doit occuper l'Église Catholique dans la société cubaine ?

L'Église doit être ce qu’elle est, et doit diffuser les valeurs chrétiennes dans la société. Ici on peut penser, peut-être avec raison, que ces possibilités sont plus faibles que ce que nous souhaiterions. L'Église doit évangéliser, rendre Jésus-Christ inoubliable par les moyens qu’elle a à sa portée, toujours avec respect. Elle doit proposer un chemin et laisser les gens décider, surtout dans un pays où il y a plusieurs religions et plusieurs attitudes face à l'existence.

Évidemment, un de ces moyens est l'éducation. Nous n'avons pas accès à l'éducation catholique depuis 1961 et l'Église le réclame comme quelque chose qui se fait partout. À Cuba elle a toujours été présente et je ne crois pas qu’elle soit nuisible pour la société.

En plus de cette place dans l'éducation, l'Église a besoin de pouvoir s'exprimer dans les médias, la presse, la télévision et la radio, pour dire qu'il existe une autre pensée. Aujourd'hui, nous avons plus de place qu'il y a 40 ans, mais c'est encore insuffisant. Ca n'a été le cas qu'à l'occasion de la visite du Pape. Tout le monde a pu entendre ce que sa Sainteté a dit sur des thèmes importants comme la jeunesse, le pays...

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