Interview de Monseigneur Carlos Manuel de Céspedes (2/2)



Avec la plume et la croix

La carrière ecclésiastique de Monseigneur Céspedes ne l'a jamais empêché de se lier à la vie culturelle du pays. Peu après son retour dans l'île, à la fin de ses études religieuses, il commence une collaboration avec le journal El Mundo. Son livre Recuento, publié à Miami, propose une sélection de 45 de ses articles, sur divers thèmes, culturels et religieux.

Ensuite, d'autres articles, essais et poèmes sont parus dans des ouvrages collectifs ainsi que différentes publications, comme l'essai biographique du père Félix Varela édité par les éditions Oriente à Cuba et en Espagne.

« En réalité c'est un texte facile pour faire connaître le père Varela. Il n'a ni la dimension ni la portée du livre de l'historien Eduardo Torres Cuevas. De plus, il y a aujourd'hui plus de matière : un prêtre cubain vivant à St Domingue a compilé et étudié l'ensemble des interventions de Varela dans les Cortes d'Espagne, conservées aux Archives des Indes, à Séville et à la Bibliothèque du Congrès de Washington. Tout nouveau travail devrait prendre en compte ces informations.

J'ai aussi publié le roman Érase una vez en La Habana, où apparaît le personnage d'un prêtre qui est comme le fil conducteur de tous les récits. Nous avons beaucoup de points communs, mais le roman ne se veut pas autobiographique. Ces histoires s'inspirent de situations réelles. Dans la troisième partie du roman, j'évoque les frikis (jeunes amateurs du rock), phénomène apparu à Cuba dans les années 80 alors que j'étais prêtre à l'église du Santo Angel, un de leur lieu de réunion. Ils y venaient pour chercher une aide, un repas, des médicaments, mais surtout de l'écoute et de l'affection ; beaucoup ont fini par contracter le VIH. Les frikis du roman ont existé, j'ai conservé leur identité et me suis appuyé sur leurs témoignages. Ils sont tous morts aujourd'hui.

Zarpazos à la memoria, un autre livre, est composé de quatre courts récits également inspirés de faits réels, malgré quelques camouflages de noms et de lieux.

Mon essai Promoción humana, realidad cubana y perspectivas, a d'abord été publié de façon rudimentaire à Cuba en 1995, puis comme un livre par la Fondation Konrad Adenauer à Caracas un an plus tard. Je suis surpris car je l'ai écrit à propos d'une conférence que j’avais préparé il y a quelques années qu'on m’a demandé de répéter dans plusieurs endroits. Le titre est apparu devant la surprise de nombreuses personnes pour ce que j'avais dit.

Ensuite il y a une longue interview avec Eugenio Marrón, à Holguín (Cuba), et un recueil de poésies, Canciones del atardecer, qu’ils ont voulu publier aux Etats-Unis, bien que je ne me considère pas poète.

Actuellement je ne me décide pas à publier un roman inédit. Il est intitulé provisoirement Por detrás del silencio, et aborde un sujet qui m'a beaucoup intéressé en tant que personne et en tant que prêtre : quand la connaissance des individus reste ambiguë, que nous ne savons pas ce qu'il se cache de bon ou de mauvais derrière un silence. Il y a quatre ou cinq personnages et, évidemment un prêtre, qui a un rôle important.

En outre, je continue ma collaboration avec Palabra Nueva. Il me semble important que cette revue existe. Le Cardinal Jaime Ortega, qui en est un peu le père parlait de trois niveaux pour les publications de l'Église à La Havane, qui sont devenus deux avec le temps. Au premier niveau, il y a le feuillet Vida cristiana, qui est très simple, nettement religieux et à la portée de tout le monde. Ensuite il y a un intermédiaire correspondant à Palabra Nueva, où en plus des matières religieuses, il est traité des questions culturelles, sociales, économiques, etc. On suppose qu’il y a une revue de ce genre dans chaque diocèse. Le troisième niveau, plus sophistiqué, correspond à Vivarium, que j'ai dirigé pendant cinq ans. Il dépend du Centre Archidiocésain des Etudes et publie aujourd'hui seulement un numéro par an. Cela a été une expérience très riche pour moi.

Quant à Palabra Nueva, son niveau est adapté pour un cubain moyen, mais je crois qu’on peut l’améliorer. La revue est publiée par l'Archidiocèse de La Havane, et est lue au delà de ce que nous avions prévu. Actuellement, nous éditons 100 000 exemplaires, un tirage jamais atteint à Cuba par une revue religieuse. De plus, chaque numéro est lu par 10 personnes, ce qui veut dire que nous comptons 100 000 lecteurs. C'est du jamais vu !

Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Je pense que la revue comble un vide, car il n'y a pas d’autre publication de ce genre, indépendante et qui circule si facilement en abordant des sujets variés. D’autres bonnes revues existent à Cuba, mais elles ont une circulation plus restreinte. Je pense, par exemple, à Temas, mais il faut la chercher dans des endroits spécifiques et elle est adressée à un lecteur plus averti.

Palabra Nueva ne coûte pas très cher, on peut l'acheter dans la paroisse. Je sais que les lecteurs ne sont pas nécessairement catholiques, car certains m'écrivent à propos de mes articles, les Apostillas. Nous avons donné ce nom à la rubrique car les sujets traités sont de l'ordre de l'humain et du divin.

En 2005 vous êtes devenu Membre Numéraire de l'Académie Cubaine de la Langue, en quoi a consisté votre apport à cette institution et comment évaluez-vous le travail qu’elle réalise à Cuba ?

On me l’avait proposé plusieurs fois, mais je n’ai jamais pensé que je devais l'accepter, car je respecte beaucoup ce travail. Il n’y a pas de doute que l’Académie demande beaucoup de travail. Il y a toujours des consultations sur l'édition de la nouvelle grammaire, les américanismes, les hispanismes. Les réunions ont lieu une fois par mois, avec des discussions très théoriques, et j’y prends part avec beaucoup de plaisir. En assumant la présidence, Lisandro Otero a dynamisé l'Académie. Il y a aussi des plus jeunes, qui ont un autre esprit et un usage de la langue plus actualisé.

Étant une personne qui a maintenu ce lien constant avec la littérature, le cinéma, les arts et la pensée en général, comment valorisez-vous l'activité culturelle dans le pays ? Pensez-vous qu'il existe un véritable développement culturel chez les Cubains ?

Je crois que le niveau culturel du peuple cubain a augmenté. Etre un peuple alphabétisé, capable de lire change tout. Mais tout cela prend du sens dans la comparaison : le peuple cubain est en moyenne plus cultivé que la majorité des peuples du même rang économique, mais peut être pas autant que les anglais, les allemands ou les français moyens.

Au début, les objectifs de la politique culturelle cubaine étaient très concrets, comme l'alphabétisation et l'enseignement gratuit pour tous. Ensuite, les projets ont varié, les préoccupations centrales ne sont pas toujours claires et parfois, on se méprend sur le sens de liberté culturelle.

Par exemple, il me semble très bon qu'il existe une ambiance plus ouverte au Ministère de la Culture et que le ministre Abel Prieto se préoccupe de permettre une plus grande liberté de publication, que les artistes puissent sortir du pays et revenir, ce qui était très difficile à une autre époque.

Mais, parfois, on promeut des choses qui ont un poids culturel et d'autres fois on en diffuse qui ne le méritent réellement pas. Je pense, par exemple, au cas du reggaeton et même du rap. Je dirais que cette musique n'est pas de la musique, ce sont des coups plus ou moins rythmiques, cette valorisation est seulement esthétique. Par contre, leurs paroles sont inqualifiables et on ne devrait pas permettre qu’elles soient écoutées ni lors de manifestations publiques, ni à la radio. Cela n'est pas une liberté culturelle, c’est une sérieuse régression.

Ce n'est pas le cas uniquement pour la musique. La liberté d'écrire, de composer ou de peindre ne signifie pas que tout soit valable. Dans d'autres sociétés, il y a des institutions privées qui permettent d'autres mécanismes de régulation, mais ici, tout passe par le Ministère de la Culture ou par d'autres institutions nationales ou locales. Il faut que les critères soient plus clairs. Il est nécessaire de débattre et d'analyser le projet culturel cubain à fond, pour savoir ce qui doit être promu, ce qui est simplement permis et ce qui doit être interdit, pas selon des divergences politiques mais pour des raisons éthiques plus profondes. Je sais que c'est difficile, mais il y a ici des personnes capables de le faire, qui ont la tête bien faite.

Un pois chiche perdu dans une marmite

Dans l’un de vos écrits vous vous référez à la tendance des Cubains à être démésurés. Quelle est votre vision personnelle des Cubains ?

Je crois que nous, les Cubains, sommes très démesurés, aussi bien dans les bonnes choses que dans d'autres qui ne le sont pas. Cela se voit dans notre vocabulaire, dans notre gestuelle, dans nos attitudes.

Les Cubains pensent être les plus sympathiques du monde, les plus intelligents et que leurs femmes sont les plus jolies. Si quelqu'un est préoccupé, il te dit qu'il est désespéré. S'il n'est pas d'accord avec toi sur un sujet, c'est que tu es totalement dans l’erreur. Bon, il faut nuancer, l'autre n'a-t-il pas un peu raison ? Il est certain que cette exagération dans le langage est au fond l’expression d'une exagération intérieure.

Cuba est un petit pays de peu d'habitants, qui a une histoire intense mais relativement courte. Non seulement nous nous croyons les meilleurs, mais nous pensons que nos problèmes sont tels que le monde entier doit être suspendu à ce qui se passe ici, et trouver des solutions. Même ceux qui sont en exil le pensent. La révolution a renforcé cela.

Croyez-vous qu'on ai perdu des valeurs suite à la crise économique ?

Il y a eu une perte de valeurs avec la crise, mais on en a gagné d'autres. On se préoccupe davantage aujourd'hui, que quand j'avais 20 ans, de la situation sociale des autres. Ce n'est pas une conséquence de la crise économique, mais des efforts de notre gouvernement dans ce sens.

Il est curieux que, malgré les conditions si particulières que vit le pays, Cuba connaisse les mêmes pertes que le monde et la culture contemporaine. La corruption est apparue dans des pays où elle n'existait pas avant. On se rend compte que les problèmes que rencontrent les jeunes sont les mêmes que dans d'autres pays, de même en ce qui concerne les valeurs familiales, le rapport aux autres, les valeurs éthiques.

Nous pensons que la diminution de la religiosité est liée à la politique interne de la révolution, mais nous constatons qu'il y a aussi une baisse de la pratique religieuse et un agnosticisme croissant en Europe.

Les jeunes ne s'intéressent à rien, ils vivent dans l'immédiat et ne font pas de projets à long terme. Les espagnols appellent ce phénomène le pasotismo. Je rencontre des jeunes de l'église qui sont très bien, mais qui manquent d'enthousiasme pour entreprendre quoi que ce soit. Il n’y a pas longtemps, nous avons préparé une série de réunions sur les thèmes qui les intéressent. Quand on a épuisé les sujets, je leur ai demandé qu'ils préparent une nouvelle liste. Ils sont restés pensifs et un des jeunes m’a dit que ceux que je choisirais seraient bien. J'ai alors donné un coup sur la table et je leur ai dit : « vous ne pensez pas, vous ne décidez pas ? » Et ils ont répondu : « mais père, vous ne vous rendez pas compte que quand vous étiez jeune vous décidiez, mais maintenant on décide toujours pour nous. »

J'ai raconté cet épisode à un ami qui est prêtre à Madrid, et il m'a dit que la même chose se passait là-bas. Il s'avère donc difficile de savoir si ces phénomènes ont une origine unique, ou s'ils répondent à une situation générale, à un mauvais esprit de l'époque.

Vous vous êtes référé souvent à la société cubaine, à la situation du pays et à la nécessité de certains changements. Quel type de changements considérez-vous nécessaires au moment précis que vit le pays aujourd'hui et quelles choses ne doivent pas changer ?

Je pense que la société cubaine doit être plus participative, réellement plus participative. Elle l'a très peu été lors des dernières décennies et, l'idéal serait d'atteindre une démocratie réellement participative, où les personnes pourraient exprimer leurs idées et que les choses soient faites selon les possibilités réelles du pays. Nous devrions essayer de conjuguer les volontés communes, même si tout le monde ne pense pas de la même façon. Nous savons qu'il faut avoir un idéal, et aller dans sa direction.

Ce qui doit rester, et qu’il n'y avait pas avant, c'est la préoccupation réelle pour l'aspect social, bien que le manque de ressources n'ait toujours pas permis de la réaliser.

On parle toujours de l'éducation et de la santé comme des deux grandes réalisations de cette période. Je crois que c'est vrai, même si ce n'est pas aussi beau qu'on le dit.

La situation est sans doute considérablement meilleure qu'auparavant. Je crois que pour tous les changements à venir, il faut continuer à se préoccuper du bien être partagé, et qu'on ne connait plus ces énormes différences de classe.

Il n’y a pas très longtemps j'ai rencontré un chinois de Pékin à un événement international. C'était un homme jeune, d’une quarantaine d’année, cultivé et très bien informé, qui souhaitait parler avec moi de ce qui se passait à Cuba. Quand je lui ai dit qu’il devrait y avoir une plus grande initiative privée dans le secteur économique, il m’a répondu que nous devions prendre des précautions contre l'égoïsme humain et aspirer à un bien-être plus partagé, car en Chine les différences économiques aujourd'hui sont égales voire supérieures à celles d'avant la révolution de 1948. Il y a d'une part des multimillionnaires et d'autre part, dans les provinces de l'intérieur, une pauvreté terrible.

Croyez-vous que ce moment précis soit important pour l’avenir ?

Je crois que oui. La situation n'est plus la même qu’il y a six mois et nous ne savons pas comment elle va évoluer. Je ne crois pas à des changements radicaux, mais une certaine évolution est déjà en train de se produire.

Le seul fait que Fidel Castro ne soit plus à la direction du pays est un changement. Raúl et Fidel peuvent avoir les mêmes opinions sociales et politiques, ils ont des personnalités différentes et des styles différents de gouverner. Cela se note jusque dans des petites choses comme l'utilisation de la télévision. A propos de la lutte dans la Sierra Maestra et de l'organisation du IIème Front Oriental, on disait que Raúl avait organisé la zone sous son commandement en partageant les responsabilités. Cela traduit un style moins personnel, plus partagé. Même si Fidel revenait à la direction du pays, il procéderait probablement d’une façon différente que lors de son gouvernement précédent. Il a pu voir comment fonctionne le pays sans qu'il soit omniprésent. En outre, il aurait une autre condition physique qui ne lui permettrait pas cette surcharge de travail et de responsabilités.

Il est certain que Raúl aussi est un homme d’un certain âge comme il l’a dit à l'Assemblée Nationale. Alors, il faut penser aux plus jeunes. Il y a beaucoup de gens précieux dans tous les domaines, économique, administratif et militaire. Je considère que, le moment venu, ils sauraient assumer les plus grandes responsabilités. Je ne suis pas pessimiste, Cuba est capable d'opérer un changement progressif, en gardant une sensibilité sociale qui faciliterait son insertion dans la modernité.

Il faut veiller en toute circonstance à ce qu’il n'y ait ni chaos ni violence, même si les choses vont plus lentement. Une des choses qui me donne le plus confiance est que, à ce que je sache, Raúl a le contrôle de l'Armée et ce serait très difficile qu'il lui échappe et qu'il y ait une guerre civile. Je ne le souhaite pas et je n’y crois pas.

Je pense que tout changement, avec ou sans Fidel, maintenant ou plus tard, peut se produire par des canaux plutôt « doux » et qu’il dépendra d’abord des cubains. J'ai confiance dans la capacité et dans la bonté des personnes qui peuvent prendre ces responsabilités.

Et quel rôle aurait l'Église dans ce processus ?

L'Église n'est pas très puissante à Cuba. Dans un moment de conflit ou d'évolution elle peut créer des lieux de rencontre, comme ça a été le cas quand le gouvernement a décidé de diminuer le nombre de prisonniers politiques. Dans les années 70 et 80, la Conférence Épiscopale cubaine et le gouvernement se sont entretenus sur la libération du plus grand nombre d'entre eux. Il y a eu également des entretiens avec la Conférence Épiscopale et le gouvernement des États-Unis, pour qu'ils donnent des visas aux nombreux prisonniers qui souhaitaient s'installer là bas. Les deux gouvernements ont été d'accord pour que l'Église serve de médiateur. Des milliers de prisonniers sont sortis et presque personne n’était au courant. En ce sens, l'Église peut être très utile pour "mettre de l'huile dans les rouages".

Une chose très actuelle, à laquelle beaucoup donnent une grande importance, a été le débat des intellectuels à propos de l'apparition à la télévision de certaines figures de la censure et de la répression des années soixante-dix. Quel est votre avis sur la polémique et son impact dans le cadre culturel et social ?

D'une certaine manière j’ai aussi été victime de cette politique. Je collaborais au journal El Mundo et je n'ai pas pu continuer à publier. Le directeur, Luis Gomez Wangüemert, n'était pas d'accord, il était très respectueux des critères de tous ceux qui écrivaient pour le journal.

La question que je me posais alors et que je me pose encore est si les décisions prises au Conseil de la Culture, par Luis Pavón et ses collaborateurs, venaient réellement d'eux. Cela n'a jamais été analysé.

Il faut savoir d'où est venue la décision de faire venir ces personnes à la télévision. C'est la première fois qu'une telle chose se produit, et c'est bien qu'elle soit analysée car, comme disent aujourd'hui les mêmes fonctionnaires du gouvernement, le problème n'a jamais été suffisamment ventilé.

D’autre part, il faut approfondir la question qui est présente depuis le début de la révolution, depuis cette réunion de Fidel avec les intellectuels. Il y a eu de nombreux revirements dans le milieu intellectuel, des arts-plastiques, des lettres, de la musique et de l'enseignement. Il est bon que cette discussion ait lieu sérieusement et en série, et que l'on examine les diverses questions pour tracer un projet culturel acceptable à partir d'un dialogue le plus vaste et le plus serein possible.

Jusqu'à quel point vous reconnaissez-vous ou  vous identifiez-vous avec le Cubain d'aujourd'hui ?

Je ne me sens pas quelqu'un d'autre qu'un prêtre cubain. Je ne sais pas si je suis un cubain typique, mais je ne suis pas autre chose. Cela peut paraître ridicule, mais il m'aurait beaucoup coûté de vivre hors de Cuba. Pas aujourd'hui, à 70 ans, mais quand j'étais jeune étudiant à Rome. En 1961, quand ils ont expulsé les prêtres, il était possible qu'ils n'acceptent pas que je revienne. Je voulais mourir rien que de penser que je ne pourrais pas vivre ici. Pourtant, je revenais dans un pays différent de celui que j'avais laissé, qui avait en plus des problèmes avec l'Église. Mais il était évident que, hors d'ici, j'aurais été un pois chiche perdu dans une marmite. Je m'identifie à ce pays, malgré sa démesure, et la mienne pour beaucoup de choses.

Monseigneur Carlos Manuel de Céspedes García-Menocal (La Havane, 1936) est diplômé de Théologie de l'Université Grégorienne Pontificale de Rome. Parmi d'autres responsabilités ecclésiastiques, il a été directeur et professeur du Séminaire San Carlos et San Ambrosio de La Havane et Directeur du Secrétariat Général de la Conférence Épiscopale de Cuba.

Actuellement il est Vicaire Général de La Havane et il est à la charge de la Paroisse de San Agustín, dans le quartier havanais de Playa, et il continue à être professeur du Séminaire San Carlos et San Ambrosio.