Jardines del Rey, joyau de la nature cubaine

2018-01-24 18:13:52
César Prado
Jardines del Rey, joyau de la nature cubaine

Jardines del Rey est l’habitat de plus de 30 000 flamants roses, la plus nombreuse population de l’Amérique latine.

Par César Prado

Jardines del Rey, le plus vaste système de cayos ou îlots de la Grande Caraïbe, s’étend sur 465 kilomètres sur la côte nord de cinq provinces de la zone centrale de l’île, depuis Matanzas jusqu’à Camagüey. Il comprend des zones côtières, de la plateforme, et quelque 2 500 cayos.

Diego Velázquez, conquistador espagnol et gouverneur de Cuba, baptisa au XVIe siècle ce chapelet d’îles d’une beauté à couper le souffle en l’honneur de Ferdinand II le Catholique, roi d’Espagne à l’époque.

Jardines del Rey, tel est le nom couramment employé dans le monde touristique, même si ce site appartient, scientifiquement parlant, à l’archipel Sabana-Camagüey, le plus vaste des quatre archipels qui entourent la grande île.

Merveille de la nature

Les valeurs naturelles et sociales de l’archipel sont innombrables, dont la richesse biotique, spéléologique, historique, archéologique et scientifique.

Parmi les habitats terrestres, citons les forêts à feuilles semi-caduques (où poussent des espèces qui perdent leurs feuilles pendant la saison sèche) et les broussailles côtières (arbustes qui s’adaptent à la pénurie d’humidité caractéristique des côtes karstiques).

Des forêts de mangroves se hissent entre la mer et la terre, alors que les habitats marins se caractérisent par les herbiers des plateformes et les récifs de corail. Ces barrières coralliennes protègent les plus grandes dunes des Caraïbes, situées sur les plages des cayos Coco et Guillermo, contre les puissantes vagues et les ouragans.

Une telle richesse écologique favorise l’existence d’une flore et d’une faune très variées, ce qui, joint au niveau élevé d’endémisme terrestre, fait de cette zone un lieu où rendre culte à la nature.

Jardines del Rey possède d’étonnantes colonies de flamants roses dont la population se monte à quelque trente mille exemplaires, la plus grande de l’Amérique latine.

Contempler la volée de flamants qui sillonnent le ciel constitue un vrai plaisir pour les passionnés de l’ornithofaune. Ce spectacle a frappé Ernest Hemingway lorsqu’il traversait ces eaux à bord de son yacht le Pilar. Son œuvre Islands in the Stream (Îles à la dérive, 1970), témoigne de la beauté des flamants sous la lumière du soleil, avec leurs longs cous recourbés vers le bas, leurs pattes démesurées, raides et immobiles, et leurs ailes roses et noires qui ne cessaient pas de battre.

L’iguane, reptile qui habite les côtes de ce territoire, attire beaucoup l’attention de tous. Sa ressemblance aux sauriens peut faire peur ; mais ce reptile herbivore, inoffensif, craintif, s’éloigne en hâte devant la présence de l’homme.

Jardines del Rey est habité par bien d’autres animaux singuliers, dont le lamantin, la tortue de mer, l’agouti, la chauve-souris, un grand nombre d’espèces de papillons et d’araignées, et la langouste, tellement prisée.

L’action de l’homme en faveur de la nature

Plusieurs zones de Jardines del Rey sont exploitées à des fins touristiques, dont des endroits de renommée mondiale, à savoir Playa Varadero, Cayo Santa María, Cayo Guillermo et Cayo Coco.

Mais il n’y a pas de roses sans épines. À preuve, la construction d’infrastructures sans faire attention à la nature, ce qui a eu des incidences sur les courants marins locaux et les niveaux de salinité des eaux. Des espèces invasives se sont installées dans un grand nombre de zones défrichées.

Cela se passait à un moment où le pays demandait d’urgence l’acquisition de devises en raison de la crise provoquée par l’effondrement du camp socialiste. Or, le pays met aujourd’hui tout en œuvre pour développer un tourisme durable, sans nuire à l’habitat.

La politique visant à promouvoir un tourisme durable est palpable dans plusieurs hôtels, primés par des agences et organisations nationales et internationales qui évaluent le respect de l’environnement. Parmi ses récompenses, on peut citer le prix national de l’Environnement 2016, décerné au Royalton Cayo Santa María.

Jardines del Rey compte actuellement quarante-neuf zones protégées, situées souvent à proximité des hôtels, d’où les clients ont le sentiment d’être plongés dans des sites naturels. C’est le cas de l’hôtel Meliá Jardines del Rey, dont les chambres sont entourées de mangliers qui poussent sur des lagunes côtières.

Traduction : Fernández- Reyes

Habana XXI

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