Jíbaro, pour connaître Cuba à vélo


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Par Sofía D. Iglesias

Cuba compte plusieurs clubs proposant des excursions touristiques à vélo. L’un de ces clubs sort du lot, en raison de la diversité de ses prestations: le Jíbaro Mountain Bike, créé et coordonné par Rafael Arzuaga. Arzuaga se définit lui-même comme un amoureux de la nature, un cycliste aventurier qui part à la découverte des chemins de montagne de Cuba, des itinéraires qui révèlent toute la beauté de cet archipel des Caraïbes et qu'il s'attache à faire connaître.

Conjointement avec l'agence de tourisme Cuba Autrement, Jíbaro Mountain Bike propose des excursions exclusives en matière de randonnées cyclistes. C'est justement cette alliance qui permet d'offrir un parc de vélos aussi complet et de proposer des excursions adaptées aux personnes âgées et à ceux qui ne sont pas habitués à parcourir de grandes distances (avec des e-bike), aux voyageurs qui se déplacent avec des enfants (avec des accessoires permettant de porter les enfants). Les itinéraires et les sentiers sont des plus variés : il y en a pour tous les goûts et pour tous les publics, des moins en forme aux plus aguerris.

L'objectif est de donner la possibilité aux voyageurs de quitter les villes et d'aller au contact de la nature mais aussi des habitants qui peuplent les petits villages traversés par les itinéraires. Arzuaga, pour qui ces randonnées à vélo n'étaient au départ qu'un hobby, évoque pour Cubanía, les réussites, les aspirations et les projets de Jíbaro.

Comment est né le club et comment s'est-il orienté vers le tourisme?

Le Jíbaro Mountain Bike a été créé avec un ami dessinateur, Javier García. Un jour, nous avons décidé de créer l'un des premiers clubs de cyclisme tout terrain de Cuba. C'était en 2012.

J'ai un autre ami, qui travaillait au développement du tourisme lié à la nature à Cuba. Au cours d'une activité du club Jíbaro, il nous a accompagné et nous a donné une grande idée : nous associer au tourisme et aller au-delà des promenades entre amis. À vrai dire, nous avons eu beaucoup de mal à comprendre cette manière de voir les choses, c'était un univers que nous ne connaissions pas.

Aujourd'hui, après quatre années et au terme de nombreuses réunions et de beaucoup de travail de bureau, nous avons compris comment cela fonctionne. Nous sommes partis de ses orientations et nous avons apporté nos idées de voyages, de parcours, afin que le monde prenne conscience que Cuba est prêt pour ce type de tourisme.

D'où vous vient cette attitude de guide, ce sens du leadership que vous exprimez au sein de Jíbaro?

Les gens aiment me suivre et j'ai réussi à rassembler des gens qui pratiquaient différents type de cyclisme à Cuba. Sans abandonner leur manière de faire du cyclotourisme, ils se sont lancés dans le cyclisme d'aventure, dans les montagnes, et ils ont aimé me suivre dans mes aventures. Je ne crois pas que je dirige Jíbaro, mais je travaille aussi bien dans le cadre du club que dans le domaine, plus large, du vélo en montagne, dans la mesure où je suis devenu un leader. Ce rôle me permet de faire comprendre à ceux qui développement le tourisme à vélo et à ceux qui le pratiquent, qu'en plus des villes, qui sont bien connues, il y a d'autres endroits, et des manières de faire du vélo plus enrichissantes et plus proches de la nature.

En quoi Jíbaro est-il différent des autres clubs?

Ce qui nous distingue par rapport aux autres clubs, c'est que l'on offre un service différent en ce qui concerne notre parc de vélos, la qualité des produits proposés et la qualité humaine de l'équipe de travail. De plus, nous accordons la priorité aux échanges des voyageurs avec notre culture. Il s'agit toujours d'intégrer tout le monde, et c'est ça qui fait la différence.

De nombreux itinéraires que nous coordonnons sont désormais bien connus des hôtels, des chambres d'hôtes et des habitants des régions par où l'on passe, où l'on campe. C'est pourquoi les gens nous attendent et nous accueillent très chaleureusement. Dans les endroits les plus difficilement accessibles, dans des petits villages de moins de 100 ou de 80 personnes, comme à Guasasas (province de Cienfuegos), les échanges qui ont lieu sont spectaculaires. Bien loin des stéréotypes associés au tourisme, les barrières s'effacent et nous devenons tous des habitants qui profitent de la beauté des lieux où nous passons une nuit.

Traduction : B. F.