L'empreinte de l’art cubain

2017-11-23 18:48:15
Luna Valdés
L'empreinte de l’art cubain

Une partie du patrimoine artistique datant des premières années de la Révolution cubaine peut être appréciée dans une sorte de galerie à ciel ouvert, dans le quartier du Vedado, à La Havane. 

Se promener sur la Rampa, une des rues du centre de La Havane, est un vrai cadeau, mais le piéton pressé le perçoit à peine. Toutefois, si vous êtes au nombre de ceux qui observent les détails, vous ne tarderez pas à le découvrir. Il suffit de regarder au sol.

Depuis la rue J jusqu’à Infanta, les trottoirs de la rue 23 sont une galerie immuable. Cette importante artère de la capitale cubaine a été choisie, au début des années 60, pour la mise en place de véritables œuvres d’art.

Dès le début, la Révolution cubaine s'applique à faire en sorte que l’art quitte les espaces traditionnels pour faire partie du quotidien. Cette politique, ainsi qu'une plus grande facilité pour accéder aux galeries d'art et autres centres culturels, met fin à la conception de l'art comme l'apanage des élites et rend accessible la culture à toute la population.

Ainsi, quinze œuvres des arts visuels reproduites sur cent quatre-vingts mosaïques sont posées sur les trottoirs de la rue 23.

Les antécédents

En octobre 1963, La Havane est le siège du VIIe congrès de l’Union internationale des architectes. C’est la première fois que cette organisation tient ses assises en Amérique latine.

A cette occasion, la ville s’embellit et construit, entre autres, le Pavillon Cuba, un centre d'expositions destiné à la promotion culturelle (actuellement, il est aussi le siège national de l’Association Hermanos Saíz) et la cascade de 23 et Malecon. Elle s'attache aussi à la remise en état des trottoirs des alentours, qui inclut la pose des mosaïques.

Des artistes renommés répondent à la convocation lancée pour choisir les œuvres appelées à être reproduites sur les mosaïques. Signalons notamment Amelia Pelaez, dont les peintures murales décorent différents espaces de La Havane, et Wifredo Lam, qui vécut pendant plus de quarante ans à Paris et auteur de La jungle, un des tableaux faisant partie de l’exposition permanente du MoMa. Les peintres René Portocarrero, Mariano Rodriguez, Luis Martinez Pedro et d’autres artistes cubains des arts visuels, intègrent aussi le groupe.

Les mosaïques furent confectionnées avec un matériau résistant, un mélange de ciment coloré et de gravillons de marbre broyé. Les formes, à l'intérieur de chaque pièce, furent entourées de lamelles de bronze. Une fois les mosaïques terminées, et avant leur mise en place, elles firent l'objet d'un ponçage, assuré par les ateliers Ornacen S.A. (qui n’existent plus de nos jours mais très connus à Cuba dans les années 40), installés alors dans le quartier de Rancho Boyeros.

Grâce à la durabilité des matériaux, il est encore possible d’admirer aujourd'hui ces pièces singulières. Cependant, quelques-unes ont été endommagées, victimes de l’ignorance d'aucuns.

Traduction : Alicia Beneito

Habana XXI

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