L'hôtel Raquel

2012-10-10 04:06:39
L'hôtel Raquel

À La Havane, l’hôtel Raquel est un des plus somptueux. Il a été nommé ainsi en hommage à l’héroïne biblique Rachel qui est morte à Canaan après avoir donné le jour à son fils Benjamin. C’est un personnage clé de la religion chrétienne.

Entre 1999 et 2000, les services historiques de La Havane ont procédé à la restauration de l’immeuble situé à l’angle des rues Amargura et San Ignacio. Sa façade baroque et ses trois niveaux ont été remodelés tout en gardant le style art nouveau originel. L’hôtel Raquel a été installé dans ce bâtiment et inauguré le 5 juin 2003.

À la mémoire du peuple hébreu

Les responsables de l’hôtel ont voulu rendre hommage au peuple juif. Pour se faire, ils ont renommé les onze chambres du premier étage du nom de personnalités bibliques : Abraham, Isaac, Jacob, Samuel, José, Benjamín, Rubén, Jeremías, Elías, Nehemías et David.

Le second étage rassemble dix chambres au nom d’héroïnes juives : Esther, Rebeca, Sarah, Lea, Ruth, Miriam, Tamar, Séfora, Elizabeth et Hanna. Quant au troisième étage, il a été dédié aux sites providentiels de la Terre Sainte : Galilée, Sinaï et Jordan.

Depuis le début du projet, de nombreux artistes ont pris part à la réalisation de l’hôtel. L’idée originale voulait que l’édifice soit représentatif de la mère de Joseph et de Benjamin.

En face de l’entrée principale trône une peinture d’Ernesto García Peña représentant Raquel. Allongée sur un immense lit, elle semble endormie.

D’autre part, la créatrice des vitraux de la Rosa, María de la Terga a offert à l’hôtel les vasistas, les contre-portes et la faîtière. Cette dernière contribue à mettre en avant la beauté de l’architecture des lieux : les colonnes et l’escalier principal.

Quelques mois après son inauguration, une pierre apportée de Jérusalem (ville sainte des trois grandes religions monothéistes) a été placée dans le hall de l’hôtel.

De la maison des tissus à l’hôtel

L’immeuble où se trouve actuellement l’hôtel a été construit au début du XXème siècle par l’architecte vénézuélien Naranjo Ferrer. À ses débuts, il servit de siège social à l’une des principales maisons d’importation de tissus de La Havane.

À l'intérieur, les étagères regorgeaient de tissus provenant des meilleurs fabricants d’Angleterre, des États-Unis, de France et d’Espagne. Des liens commerciaux forts et stables étaient établis depuis des années entre ces pays et l’île de Cuba.

Au sous-sol se trouvait un entrepôt de plus de deux mille mètres-cubes à l’intérieur duquel un tramway facilitait la gestion des stocks, un ascenseur électrique et un escalier en marbre permettaient d’accéder aux bureaux à l’étage.

Depuis 1924, l’immeuble a été utilisé de diverses manières : siège de la compagnie cubaine d’accidents, de la compagnie des propriétés rurales et urbaines ou encore de la chambre de commerce de la république de Cuba. Finalement, ce sont les services historiques de la ville qui ont décidé de le reconvertir en hôtel. Le projet d’hôtel Raquel a été choisi pour rendre un hommage perpétuel à cette femme juive emblématique, inspiratrice de nombreuses œuvres d’art.

Opus Habana

Dédiée au patrimoine historico-artistique depuis 1995, « Opus Habana » est la revue institutionnelle de la Oficina del Historiador (Bureau de l’Historien) de La Havane, acteur principal du chantier de restauration de la Vieille Havane, déclarée Patrimoine de l’Humanité en 1982 par l’UNESCO. A caractère quadrimestriel et avec un tirage de 3000 exemplaires, « Opus Habana » est dirigée par Eusebio Leal Spengler, l’Historien de La Havane en personne. Alors que la tendance était à l’économie et la survie dans les années 1990, Eusebio Leal Spengler a su tirer partie des difficultés du pays et obtenir de Fidel Castro une certaine autonomie qui, conjuguée à un extrême talent, lui a permis de transformer la Oficina del Historiador en une véritable entreprise: hôtels, restaurants, boutiques, musées, chantiers de restauration voire de construction etc. « Opus Habana », comme l’Historien, se consacre donc au patrimoine culturel, et en particulier à la réhabilitation de la Vieille Havane. La revue rassemble des intellectuels de prestige, architectes, historiens, sociologues, écologues etc. qui collaborent régulièrement à sa publication, tant dans sa version papier que dans sa version numérique. « Opus Habana » est aujourd’hui une référence, consultée par un public national et étranger. En outre, la présence notable d’artistes plastiques de renommée, notamment en raison de leur contribution aux couvertures et différentes illustrations, en fait également une référence incontournable de l’actualité dynamique et hétérogène des arts plastiques cubains.

Page web : http://www.opushabana.cu/

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