La cathédrale de La Havane

2017-11-06 15:55:09
Amada Cecilia
La cathédrale de La Havane

La Havane possède une place qui n'a rien à envier à d'autres de par le monde. C'est la place de la Cathédrale, un temple pour tous les amours.

Tous les qualificatifs et les fantaisies hérétiques ont pris naissance en un lieu magique de La Havane que la tradition vénère de manière plus sacrée que la religion.

On dit que le premier sort de La Havane y fut jeté, ou qu'elle symbolise la musique transformée en pierre, qu'elle dessine dans la pierre la houle du Malecón, qu'elle est le temple le plus sacré de la ville, la tombe de Christophe Colomb.

La cathédrale de La Havane, haut lieu de la religion dans la ville anciennement nommée San Cristobal, est un endroit où l'on peut venir chercher un cours d'architecture, d'art ou de tradition.

Elle fut appelée pendant un certain temps place du Marais, étant  construite sur un terrain qui rendait impossible l'accès à l'édifice en temps de pluie. Elle devint ensuite une vraie place grâce à la vision de l'évêque Felipe José de Tres Palacios, même si chaque événement religieux apporterait des modifications au temple.

Ses deux clochers latéraux, dont la symétrie semble approximative, la rapprochent du courant toscan. L'intérieur constitue un véritable mélange : l'Espagne, l'Italie et même la France ont laissé leur empreinte en ce lieu saint, situé rue Empedrado, entre San Ignacio et Tacón.

On dit que l'intention de toutes ces combinaisons était de se rapprocher d'un néoclassicisme d'avant-garde pour l'époque. Mais on sait que la cathédrale était le lieu de rendez-vous de toutes les muses.


Photo : Cubania

La tombe de gens célèbres

Il n'a jamais pu être établi avec certitude que la dépouille de celui qui découvrit l'Amérique, Christophe Colomb, reposa dans la célèbre construction. Une hypothèse émise par l'université de Grenade avance l'idée que ce fut son frère Diego qui reposa à Cuba jusqu'à la fin de la colonisation.

Il est certain qu'entre les murs immenses reposent d'éminents évêques comme Don Apolinar Serrano, de La Havane, sans parler des trésors que sa façade exhibe, de quoi figurer parmi les records mondiaux les plus prestigieux.

La boîte aux lettres la plus ancienne du monde, en forme de masque de tragédie grecque et sculptée dans la pierre, ouvre sa bouche pour recevoir la correspondance sur le seuil de l'ancienne résidence des marquis de Arcos, une des constructions de ce site.

Et puisque nous parlons de records, son asymétrie est tout à fait particulière. Contrairement à la plupart des cathédrales du monde, celle de La Havane possède une tour plus étroite que l'autre, et on peut trouver sur sa façade des fossiles marins, car la pierre de corail provient du golfe du Mexique.

Le maître Don Pedro Medina, chargé de mettre les touches finales à la construction, a reçu tous les honneurs pour un tel musée, car on ignore en réalité qui avait dessiné les plans de ce qui allait être une école de missionnaires des Fils de San Ignacio. Il semblerait en réalité que les plans de la future cathédrale furent tracés par quelques-uns des pères jésuites. C'est ce qu'affirme Joaquín Weiss, dans son ouvrage Arquitectura colonial de La Habana (Architecture coloniale de La Havane).

Suite à l'expulsion de ces religieux du pays et du Nouveau Monde, l'église fut consacrée à la  Vierge Marie de l'Immaculée Conception, dont l'image préside le maître-autel.


Photo : Cubania

Le temps, cet architecte

Le passage du temps est l'architecte qui a le plus marqué la cathédrale de La Havane. Non pas en raison de détériorations ou de quelque catastrophe naturelle, mais par le passage incessant de professionnels de l'architecture qui s'appliquent à apposer leur signature dans quelque coin des murs emblématiques.

En 1946, l'édifice avait beaucoup changé. L'architecte Cristobal Martínez Márquez avait remplacé le plafond original par un autre en pierre en forme de voûte. La cathédrale conjuguerait alors luminosité, aération et beauté. Toute la splendeur de l'aura solaire s'est retrouvée à l'intérieur.

A l'orée du XXIe siècle, en 1998, certains de ses espaces ont été modifiés pour faciliter les cérémonies de la nouvelle liturgie officiée par le pape Jean-Paul II lors de sa visite à Cuba, suivie de la venue de Benoît XVI et de François.

Quel est le meilleur atout de la cathédrale de La Havane et de la place qui l'héberge ? Si on rêve d'un voyage dans le passé, c'est le passeport idéal pour traverser les siècles, s'asseoir dans les sièges du chœur des chanoines et admirer les meubles d'une sacristie ancestrale. Pour méditer, aussi.

Le voyageur aura la possibilité de se sentir ailleurs, respirer une atmosphère ancienne et spirituelle, l’atmosphère d’un temple de la tradition cubaine.

Traduction : F. Lamarque

Habana XXI

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