La diplomatie médicale de Cuba

2012-06-07 17:10:12
La diplomatie médicale de Cuba

Médecins d’exportation ; altruisme ; humanisme ou tout simplement de la politique. Vous pouvez l’appeler comme vous voulez. Il ne fait cependant aucun doute que le programme international de santé mis au point par Cuba à grande échelle favorise des milliards des personnes les plus nécessiteuses, pauvres et désespérées de la planète pour lesquelles la prévention, une intervention chirurgicale ou un vaccin peut signifier la vie ou la mort.

Hélas, des millions de personnes n’ont même pas accès aux soins de santé primaires. Dans nombre de cas, personne n’est disponible pour dispenser ces soins, ce qui vient aggraver encore plus une crise mondiale aux proportions désastreuses. D’après l’Organisation mondiale de la santé, l’absence de médecins, de personnel infirmier et de sages-femmes dans le monde se chiffre à 2,4 millions. Les causes sont effrayantes : l’exode des cerveaux, la mort, le sida et les systèmes de santé détériorés, entre autres. 

C’est alors que Cuba fait irruption sur la scène internationale avec un travail herculéen : 30 000 professionnels de la médecine prêtent bénévolement leur concours dans plus de 60 pays pauvres. D’ici à 2015, vingt mille médecins du tiers monde auront terminé leurs études dans les écoles de médecine cubaines. Comment un pays si petit, pauvre et isolé comme Cuba peut-il atteindre ces résultats ? 

Le nouveau documentaire ¡Salud! aborde ce sujet vraiment complexe. L’état de la santé au niveau mondial était un domaine encore inexploré par le metteur en scène Connie Field, sélectionnée pour l’oscar (Rosie the Riveter; Freedom on My Mind), qui a parcouru les quartiers du Venezuela, la côte des Mosquitos au Honduras, les campagnes de la Gambie, différentes régions de l’Afrique du Sud et l’île de Cuba pour donner corps au thème de ¡Salud! Heureusement, Connie Field a bénéficié du soutien formidable de la coproductrice du film, Gail Reed, journaliste installée à La Havane, spécialisée dans les thèmes de la santé, et de Vicente Franco, caméraman hors série, réputé pour son travail dans Daughter from Denang, sélectionné pour un oscar.

Le film n’a pas un brin de pédanterie. En réalité, Field et Cie laissent les spectateurs entrer en contact avec le programme de santé cubain à travers les récits émouvants exposés par les patients et les médecins dans divers pays.

Il y a le cas, par exemple, de la mère de Luisito, une jeune paysanne cubaine qui doit faire face à la deuxième intervention de son fils qui souffre d’un trouble congénital du cœur. En Gambie, le Dr Joel Marzo ne peut pas s’empêcher de pleurer lorsqu’il décrit la sensation de voir mourir un enfant entre ses bras, une expérience qu’il n’a jamais connue dans sa patrie, où la mortalité infantile est de sept décès sur mille naissances vivantes. Dans les bidonvilles de Caracas, Vanessa Hernández est une source d’inspiration. La jeune femme a pris la décision de devenir médecin lorsque elle a été obligée de faire un scandale dans un hôpital de la capitale qui refusait de prendre soin de son fils, victime d’un arrêt cardiaque.

Le documentaire aborde d’ailleurs le côté adverse de la coopération cubaine. Le Dr Rolando Ortiz parle du danger réel de contracter le VIH qu’il court en tant que chef de l’équipe médicale basée à Lusikisiki, Afrique du Sud, alors que le Dr Nancy Suárez, en Gambie, explique qu’elle est absente pendant que sa fille devient une femme.

Les fonctionnaires cubains passent en revue le taux de désertion (2% en général) en prenant comme exemple le cas d’un médecin cubain qui a déserté en Afrique du Sud et qui habite actuellement une grande maison aux environs de Johannesburg. Le documentaire montre des travailleurs de la médecine de ces pays qui protestent contre les soins médicaux gratuits dispensés par les médecins cubains mais ils reconnaissent cependant qu’ils ne sont pas disposés à travailler dans les coins reculés où les Cubains prêtent leurs services, même si on leur offrait une fortune.

Il y a aussi le cas du Dr Aleida Guevara (fille du Che) qui explique que son équipe médicale utilise encore une machine de rayons X vieille de plus de 40 ans. Connie Field signale : « La spécialité d’électromédecine est géniale et très cubaine. Concevoir une spécialité pour remettre en état ce qui ne fonctionne plus mais qui n’est pas obsolète… ça naît de la pénurie. Des Cubains sont actuellement un peu partout dans le monde sous-développé en redonnant de la vie aux appareils médicaux. J’adore ça. »

L’esprit inventif et le courage des Cubains défilent tout au long du documentaire. Pour la coproductrice Reed, c’est là le trait distinctif du programme. « Ces personnes font quelque chose d’extrêmement difficile, ils consentent des sacrifices personnels extraordinaires, mais ils le font sans jamais perdre l’humour… C’est peut-être parce qu’ils ont le sentiment que leurs actions peuvent avoir une influence positive, ou tout simplement parce que cela obéit à l’idiosyncrasie des Cubains. »

Les opinions sont semblables partout ailleurs. Même des experts en matière de santé des États Unis expriment leurs opinions sur la biotechnologie cubaine, sur les résultats atteints par le pays en ce qui concerne la prévention et sur la qualité de la formation médicale. De fait, neuf médecins provenant de communautés défavorisées des États-Unis sont diplômés de l’École latino américaine de médecine de Cuba.

N’hésitez donc pas à chercher ces médecins et la projection de ¡Salud! dans un cinéma proche de votre quartier.

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