La Guarida, refuge de la cuisine gastronomique à Cuba

2017-10-26 15:20:15
Marleidy Muñoz
La Guarida, refuge de la cuisine gastronomique à Cuba

Le film cubain le plus connu des années 90, Fresa y chocolate (Fraise et chocolat), a été tourné à La Guarida (Le Refuge), l'un des meilleurs restaurants de La Havane, où se rendent des personnalités du monde entier.

C'est dans le centre de La Havane que se trouve l'un des restaurants qui remporte le plus de succès dans l'île : La Guarida. Des grands noms du monde des arts et de la politique internationale s'y pressent pour goûter à la véritable cuisine cubaine, préparée avec créativité et bon goût.

« Bienvenue à La Guarida ! », dit Diego à David dans le film cubain qui a rencontré le plus large écho au niveau international. Le restaurant constitue le refuge d'un homosexuel élégant, traqué par la société.

La rencontre entre le film et La Guarida est à mettre sur le compte d'un assistant de réalisation qui avait demandé l'aide d'Enrique Núñez, propriétaire de La Guarida. Celui-ci lui avait suggéré la maison de ses parents.

Peu après, en 1993, le film de Tomás Gutiérrez Alea et de Juan Carlos Tabío remportait un triomphe au Festival international du nouveau cinéma latino-américain, avant d'être nominé aux Oscars l'année suivante. Son succès en a fait voyager plus d'un, poussé par l'envie de connaître la réalité portée sur grand écran, l'histoire à l'origine du film (El lobo, el bosque y el hombre nuevo, de Senel Paz), mais aussi la maison du personnage principal : La Guarida.

Au même moment, le gouvernement légalise les restaurants privés. Enrique et sa famille décident alors d'ouvrir un établissement dans leur maison. C'est ainsi que le 14 juillet 1996, dans l'immeuble au 418 de la rue Concordia, entre Gervasio et Escobar, la routine des voisins commença à être embaumée des effluves émanant d'un restaurant de luxe.

La Guarida propose une expérience différente de celle des autres restaurants et bars de l'île. Il ne s'agit pas seulement de manger : « Pour nous, c'est important que notre équipe puisse répondre aux questions sur les œuvres d'art, sur la musique diffusée et sur l'histoire du lieu », affirme le propriétaire de La Guarida.

Enrique se souvient en particulier du passage de la reine Sofía, en 1999. Elle n'a pas été la seule personne célèbre à se rendre dans ce bel hôtel particulier du début du XXe siècle. Récemment, c'est Chanel qui a fait appel aux services du restaurant à l'occasion du défilé de mode « Crucero 2017 » sur le paseo del Prado. La Guarida a également accueilli le mariage de Usher, une fête de Mick Jagger avant le concert des Rolling Stones et la fête de mariage de Madonna pour ses cinquante-huit ans.

De nombreux visiteurs s'arrêtent au rez-de-chaussée de l'immeuble pour se prendre en photo avec des croquis de Che Guevara et d'autres icônes révolutionnaires. Une imposante porte en bois signale la grandeur de l'immeuble, tout comme l’escalier en marbre qui conduit jusqu'au restaurant, un vaste salon éclairé dans une ambiance tamisée.

La Guarida propose des plats gastronomiques qui revisitent la cuisine traditionnelle cubaine. Parmi les spécialités de la maison : le cochon de lait aux oranges, le thon à la canne à sucre, le grand mérou façon caimanera, ou encore les raviolis ossobuco à la sauce à la moelle parfumée au pinot gris.

Jack Nicholson, Steven Spielberg, Beyonce, Fito Páez, Pedro Almodóvar, Nathalie Portman et Richard Gere sont autant de personnalités qui ont contemplé La Havane depuis la terrasse de La Guarida, un endroit éclairé par les lumières du meilleur cinéma cubain.

 Traduction : F. Lamarque

Habana XXI

Habana XXI s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Habana XXI souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues. Habana XXI privilégie la chronique comme mode d’expression,  pour sa forme plus humaine, plus proche des réalités de l’île. Prédomine donc la « première personne » dans les témoignages, exprimant ainsi une expérience vécue représentative de la Cuba du XIXe siècle. Habana XXI sur Youtube. 

Sur le même thème