La mémoire de La route de l'esclave

2012-12-08 04:35:22
La mémoire de La route de l'esclave

L’Amérique Latine n’aurait pas été la même sans l’esclavage. Ces navires remplis d’hommes et de femmes arrachés de leur terre natale, l’Afrique, ont changé l’histoire de nos pays. Avec le temps, le sacrifice de ces générations s’est inscrit dans l’identité nationale des peuples. Sauvegarder les traces, les souvenirs de ces longues années n’est pas simple. Mais ce processus est très important pour les populations qui l’ont subi.

C’est dans cette optique qu’a été approuvé en 1993 par l’UNESCO le projet de La route de l'esclave. Sur une proposition d’Haïti et de plusieurs pays africains, ce projet a pour vocation de mettre en lumière la traite des esclaves africains durant plusieurs siècles et ses conséquences dans les pays latino-américains.

La sauvegarde de l'histoire

L’histoire de l’esclavage est profondément ancrée dans les mémoires des peuples américains de tout tissu social et de toute culture. C’est pourquoi il a été évident qu’il fallait construire une approche objective de ces sujets pour mieux éclairer ce que sont nos sociétés modernes.

Ces années de recherches ont tenté « d’approfondir les conséquences historiques, les processus socio-économiques, les valeurs humaines, culturelles et spirituelles de l’époque afin de renouer avec une identité propre », explique l’Organisation Mondiale du Tourisme, également impliquée dans le projet.

Le projet a trois objectifs : expliquer les causes et le fonctionnement de l’esclavage, montrer les transformations qu’il a amenées dans l’histoire de plusieurs pays et contribuer à préserver la paix dans le monde.

L’UNESCO a reconnu en 2001 à Durban le rôle du projet de La route de l'esclave comme preuve évidente des crimes contre l’humanité perpétués par les esclavagistes.

Avec l'appui d'un comité scientifique international, les archives documentaires et différentes traditions orales ont été compilées et préservées dans plusieurs pays. Les sites d’importance historique sont minutieusement étudiés et les cultures vivantes sont mises en avant grâce aux multiples contributions de la diaspora africaine très motivée.

Dans tout ce processus de sauvetage, une attention particulière est donnée au côté transculturel et au métissage. De là sont nés les peuples américains actuels suite à l’union de leurs trois racines fondamentales : les indigènes, les européens et les africains noirs.

Dans les Amériques, le legs culturel africain a été reconnu par la communauté internationale à travers l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi qu’au patrimoine oral et immatériel de l’humanité en 2001. Dans ce dernier, on trouve par exemple : la langue, les danses et la musique de Garifunas (Belize, Honduras, Guatemala et Nicaragua), l'espace culturel de la fraternité de l’Espíritu Santo de los Congos de Villa Mella (République Dominicaine), le Carnaval de Barranquilla (Colombie), la Tumba Francesa de la Caridad de Oriente (Cuba), les Traditions des Marrons de Moore Town (Jamaïque) et le Drama Bailado Cocolo (République Dominicaine).

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