La muraille de La Havane



Pendant très longtemps, La Havane fut protégée par une muraille qui entourait et délimitait ce que l’on appelle communément le centre historique, entre autres zones de la Vieille Havane.

 

Aujourd’hui, on peut encore apprécier des fragments d’une solide muraille conçue pour protéger la ville contre les attaques des corsaires et pirates du XVIe au XVIIIe siècle. Cet ouvrage fut témoin de l’expansion du bourg de San Cristóbal de La Habana et de ses premières années de splendeur.

La muraille est associée à la cérémonie du coup de canon de 21 heures, qui annonçait que les portes de la muraille seraient fermées et que personne n’aurait donc accès à la ville intra-muros, laquelle restait à l’abri chaque nuit. Les édifications situées en dehors faisaient partie de la ville extra-muros.

Un gardien de pierre

La muraille, œuvre de l’ingénieur militaire Cristóbal de Roda, avait pour mission de renforcer la défense garantie par les forteresses construites aux alentours, à savoir Castillo de los Tres Reyes del Morro, San Salvador de la Punta et Castillo de la Real Fuerza. En fait, le mur n’a jamais fait l’objet d'attaques ennemies.

Le but poursuivi était celui de séparer, d’un côté, la population aisée qui habitait intra-muros, et de l’autre (extra-muros), les pauvres, fixant ainsi une différence très marquée entre les classes.

Le rempart, dont la construction débuta en 1764 et s’acheva en 1797, s’étendait sur 4,5 kilomètres. D’une hauteur de 10 mètres et d’une épaisseur de 1,50 mètre, il comptait 180 pièces d’artillerie réparties dans les neuf portes. Cette enceinte protectrice, qui faisait partie du plan urbain, laissa son empreinte sur la structure actuelle de La Havane.

Compte tenu de l’expansion de la ville extra-muros et du développement des avenues et des moyens de transport, la muraille devint une barrière qui fut éliminée en 1863. Les travaux de démolition ne prirent fin qu’au début du XXe siècle.

Le mur resta debout pendant cent vingt-trois années, mais il y a encore quelques vestiges qui résistent à l’épreuve du temps.

Tel est le cas des fragments situés à proximité de la Estación central de ferrocarriles (gare ferroviaire), où une plaque de bronze reproduit le tracé d’origine, dans la rue Teniente Rey et face au Museo de la Revolución (musée de la Révolution).

Traduction : Fernández-Reyes