La musique cubaine au sommet



Par Omayda

Avec une longue liste d'artistes nominés, résidant à Cuba ou sous d'autres latitudes, la musique cubaine a été largement représentée aux Grammy Latinos. Omara Portuondo, Leo Brouwer, Francisco Céspedes, El B et Jacob Forever ainsi que les groupes Charanga Habanera, Septeto Nacional Ignacio Piñeiro et Gente de Zona ont été en lice pour cette prestigieuse récompense.

Ces nominations ont été annoncées alors que le ministère cubain de la Culture a mis sur pied une stratégie pour faire de Cuba "l'Île de la musique" et que l'excellence de la musique cubaine est reconnue dans le monde entier.

À la satisfaction générale, le CD Vivito y coleando de la Charanga Habanera a été nominé pour le « Meilleur album tropical contemporain », une catégorie dans laquelle un seul groupe cubain a été récompensé : Los Van Van.

Dans des déclarations au site cubania.com, le leader charismatique de ce groupe, Sergio David Calzado, a expliqué :

« C'est un disque audacieux parce qu'il prend ses distances avec la timba que j'ai toujours faite. C'est un album pour lequel j'ai cherché à proposer une palette musicale où il y a de tout. J'y ai inclus des titres de compositeurs avec qui je n'aurais pas travaillé avant en raison de leur style musical ; c'est le cas d'Osmany Espinosa, avec quatre collaborations pour ce disque. Je crois que c'est une réussite pour mon orchestre, c'est une récompense pour ces vingt-neuf années de travail ininterrompu et c'est un aiguillon qui nous pousse à aller de l'avant, ça nous donne de nouvelles forces... »

La timba est un genre de musique, propice à la danse, qui est apparu à Cuba dans les années 1990. Dérivé du son, la timba se caractérise par son caractère entraînant et l'importance des instruments à vent, des percussions et du synthétiseur.

Parmi les précurseurs de la timba, on trouve Los Van Van, le groupe Son 14, l'Orchestre Revé et son changüi (rythme originaire de l'est de Cuba) ou encore le groupe Irakere et ses cuivres, son bombo (sorte de grosse caisse), sa fusion avec le jazz, la musique électronique, la rumba et les tambours batá (percussions afro-cubaines).

Une autre bonne nouvelle pour la musique cubaine : la nomination de Tony Ávila en tant que compositeur dans la catégorie « Meilleure chanson » pour le titre La bala de l'album Tronco Viejo. Enregistré sous le label EGREM par la star du merengue dominicain Johnny Ventura, ce disque a concouru également dans la catégorie « Meilleur album de salsa ».

Peu importe l’âge si la musique est bonne

À l'approche de ses 90 ans, le Septeto National Ignacio Piñeiro a été nominé pour la troisième fois de son histoire aux Grammy. Cette année, c'est son CD El más grande y universal (Le plus grand et le plus universel) qui a été en lice, avec seize titres. Il s'agit du premier groupe cubain nominé au Grammy Anglo ; c'était en 2002 avec l'album Poetas del son.

Au cours d'un entretien, le directeur de l'orchestre, Francisco "Matador" Oropesa, a justifié le nom du disque : « Même si le titre de l'album peut sembler un peu prétentieux, j'estime que le Septeto reste l'un des plus grands et des plus universels. Il y a de nombreux groupes excellents à Cuba, mais le nôtre a réussi à conserver son identité et c'est en ce sens que nous nous distinguons. »

Toujours concernant le disque El más grande y universal, Francisco "Matador" Oropesa a ajouté : « Dans ce disque, on trouve du son, de la guajira son, de la guaracha, du son montuno et la rumba ne pouvait pas être absente, parce que Piñeiro était un grand rumbero, tout comme Carlos Embale qui nous a dirigés pendant longtemps. »

Les rythmes originaires de la région du Calabar (Afrique de l'Ouest) constituent l'une des particularités du Septeto Nacional Ignacio Piñeiro. Francisco "Matador" Oropesa s'explique :

« Dans notre travail, cette manifestation de la culture africaine est toujours présente car le créateur de notre groupe, Ignacio Piñeiro, et de nombreux autres musiciens qui sont passés par ici ont fait partie de la société secrète Abakuá. Même si le disque présente principalement des titres inédits, nous incluons toujours quelques chansons d'anthologie avec ces rythmes. »

Dans cet album, par exemple, le titre El edén de los roncos est un guanguancóavec des éléments abakuá.

Le Septeto Nacional Ignacio Piñeiro avait été nominé en 2013 pour son disque La Habana tiene su son.

Traduction : B.F.