La rumba du dimanche après-midi à Centro Habana



¡Zumba, mamá, la rumba y tambó!

¡Mabimba, mabomba, mabomba y bombó!

Repican los palos,

suena la maraca,

zumba la botija,

se rompe el bongó.

José Z. Tallet

La rumba 

Le Callejón de Hamel fait à peine 200 mètres. Chaque semaine, il est envahi par les mouvements des hanches et des épaules au rythme de la conga. La ruelle elle-même constitue une toile de fond pleine d’enthousiasme et de couleur. Son habitant le plus réputé, le plasticien Salvador González, l’a ornée des peintures murales et sculptures.

Le Callejón doit son nom à Fernando Belleau de Hamel, un trafiquant d’armes d’origine franco allemande pendant la guerre de Sécession aux USA. Belleau s’est installé à La Havane au début du XXe siècle avec sa fortune douteuse et y a ouvert une fonderie et construit des maisons pour ses ouvriers.

Callejón de Hamel a acquis sa notoriété dans les années 1940 et 1950 lorsque la maison du trovador Tirso Díaz est devenue le point de rencontre de chanteurs et compositeurs, membres fondateurs du feeling, un style colloquial du jazz.

Rumba

Née dans les quartiers pauvres de la province de Matanzas, à quelque deux heures de La Havane, la rumba évoque notamment un rôle masculin et un rôle féminin. Plusieurs solistes entonnent une mélodie (huit mesures à 2/4, répétées sans cesse) qui alterne avec un chœur. Dans un premier temps, l’accompagnement était assuré par des ustensiles quotidiens transformés en instruments de musique - une caisse en bois, cuillères, bouteilles - et plus tard par un set de percussion formé de tumbas, sonnailles, claves (deux pièces de bois heurtées) et bongos ou par trois tumbas, aux registres grave, moyen et aigu, et une caisse en bois que l’on fait résonner à l’aide de baguettes.

L’elfe afro-cubain

« Inventeur et magicien, Salvador s’est inspiré de l’assortiment de notre vie végétale, des pigments, du manglier rouge, des coquilles, des cuirs, des fibres, voire de la poudre ancestrale, pour donner corps à son monde d’arabesques. » Miguel Barnet, 1985. The Afro-Cuban Elf.