Le Festival du nouveau cinéma latino-américain

2017-12-12 15:01:07
Marleidy Muñoz
Le Festival du nouveau cinéma latino-américain

La 39e édition du Festival international du nouveau cinéma latino-américain se tient à Cuba, avec plus de quatre cents films du monde entier au programme. Cette année, le Brésil, l’Argentine et le Mexique sont les pays les plus largement représentés.

Depuis près de quarante ans, le même topo se répète dans la première quinzaine de décembre à La Havane.

Les façades des cinémas se couvrent d’affiches en différentes langues, de longues files d'attente se forment à l’entrée des salles de projection et les vendeurs de pop-corn prolifèrent dans le quartier du Vedado, où se concentrent la plupart des cinémas.

Des visiteurs de tout le continent et aussi d’outre-Atlantique atterrissent à La Havane pour participer au Festival international du nouveau cinéma latino-américain ou en profiter. Cette année, plus de quatre cents films seront projetés, dont quatre-vingt-quatorze en lice. Les cinéphiles peuvent ainsi connaître de plus près les cultures de différents peuples, les histoires vécues par les migrants, les conflits environnementaux et les épisodes historiques qui font partie de la mémoire de notre région.

Des films lauréats d'autres festivals sont inscrits au programme inaugural. Pour la soirée de gala, les organisateurs ont retenu le film brésilien Le film de ma vie de Selton Mello, où l’acteur français Vincent Cassel joue le rôle de Nicolas Terranova. Le célèbre cinéaste Carlos Diegues, figure représentative du Cinema Novo brésilien, en est l’un des producteurs et il recevra le Corail d’honneur.

Cette année, les pays les plus largement représentés sont le Brésil, l’Argentine et le Mexique, précisément les plus importants en matière d'industrie cinématographique en Amérique latine. Dix-neuf longs métrages de fiction entrent en compétition, ainsi que dix-huit courts et moyens métrages et un nombre semblable d’œuvres d'auteurs débutants. Par ailleurs, 23 documentaires, 16 films d’animation, 24 affiches et 20 scénarios inédits, seront également présentés.

Les longs métrages cubains

Sergio et Sergueï et Les gentils démons sont les deux seuls films cubains qui aspirent aux principaux prix Corail.

Le premier, d’Ernesto Daranas, réalisateur et scénariste, porte sur les circonstances historiques des années 1991 et 1992 qui ont marqué la disparition de l’Union soviétique et le début de la dénommée « Période spéciale » à Cuba, et raconte une belle histoire d’amitié entre le professeur cubain Sergio (Tomás Cao) et le dernier cosmonaute soviétique, Sergueï Krikaliov (Héctor Noas). Le Nord-Américain Ron Perlman est aussi un des acteurs du film.

Les gentils démons est un drame qui s'inspire du dernier scénario écrit par Daniel Diaz Torres, metteur en scène des films Alice au village appelé Merveilles et Le film d’Anne, décédé en 2013. Quant à Gerardo Chijona, il dirige les acteurs Isabel Santos, Vladimir Cruz et Carlos Enrique Almirante.

Quel film choisir?

Les spectateurs pourront assister non seulement à la projection des mises en scène les plus importantes produites cette année, mais aussi à celle de productions restaurées et de films expérimentaux, à la présentation de livres et de revues, ainsi qu’à des expositions d’affiches de cinéma.

Parmi les films lauréats présentés à ce festival, citons :

The Square, Palme d’or à Cannes, un mélange d’humour et de critique à l’hypocrisie sociale.

Nelyubov (Faute d'amour), du réalisateur russe Andrey Zvyagintsev. Prix du jury au Festival de Cannes.

Foxtrot a obtenu huit prix de l’Académie du Cinéma d’Israël et aussi le Grand prix du jury au Festival de Venise. Ce film de Samuel Maoz est une expérience impressionnante, surtout au niveau visuel.

Traduction : Alicia Beneito

Habana XXI

Habana XXI s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Habana XXI souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues. Habana XXI privilégie la chronique comme mode d’expression,  pour sa forme plus humaine, plus proche des réalités de l’île. Prédomine donc la « première personne » dans les témoignages, exprimant ainsi une expérience vécue représentative de la Cuba du XIXe siècle. Habana XXI sur Youtube. 

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