Le jardin d'orchidées de Soroa

2017-09-27 14:54:33
Olivia Ameneiros
Le jardin d'orchidées de Soroa

De par sa valeur naturelle, Soroa, le plus grand jardin d'orchidées de Cuba et d'Amérique centrale, a droit à tous les égards.

Des formes diverses et capricieuses, des couleurs vives ou plus tendres, des senteurs impensables qui vont jusqu’à flirter avec l’arôme du cacao, ainsi sont les orchidées, les aristocrates des fleurs, grâce à une beauté sans pareille.

Nombreux sont ceux qui tiennent à visiter le jardin botanique de Soroa, véritable royaume de la plus grande variété d’orchidées de Cuba et d’Amérique centrale.

Ces fleurs sont reines dans ce petit paradis situé dans la province d’Artemisa, dans l’ouest du pays. Chercheurs, horticulteurs, touristes et  passionnés de la nature se donnent rendez-vous dans cet éden de la Sierra del Rosario pour admirer des centaines d’exemplaires d’orchidées.

Les  plantes sont placées sur des écorces ou dans des abris pour les protéger du soleil, d'un excès de lumière ou du vent.  Les orchidées ne sont pas seules, tout un éventail de plantes ornementales leur tient compagnie dans cet endroit exceptionnel.

On y respire l’esprit des jardins d'antan, avec des raccourcis à demi-cachés, des escaliers tortueux et des statues de vierges protégées dans des niches.

Faire une halte sur cette colline apaise même ceux qui sont les plus stressés. Ce paradis naturel de plus de 30 000 mètres carrés héberge des variétés rares d’orchidées provenant d’Asie, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud.

Le royaume des fleurs

Le jardin d’orchidées de Soroa est plus qu'un centre de recherche et d’enseignement. On y étudie minutieusement la préservation, l'expansion et la réintroduction de cette fleur dans le milieu naturel. A Cuba, cette plante a toujours suscité l’intérêt des spécialistes.

Les premières exportations vers l’Europe datent de l’époque coloniale et elles ont connu postérieurement un développement échelonné.

Selon certains récits historiques, l’avocat canarien Tomás Felipe Camacho, inconsolable à la suite du décès de sa femme et de sa fille, voulut rendre hommage à leur mémoire et destina un terrain à la floriculture, notamment à l’orchidée, la fleur préférée de sa femme.

En 1943, il investit dans ce projet 1 500 000 pesos, une somme considérable à l’époque.

Nommé Rancho Pinilla et appelé à l'origine à être une maison de campagne, l'endroit finit par devenir le témoignage de l’amour que cet homme portait  à sa famille et  à la nature.

En 1953,  environ 11 000 orchidées de 700 variétés fleurissaient sur ces terres,  devenues depuis le plus grand jardin d'orchidées d’Amérique latine.

Elles totalisent aujourd'hui plus de 25 000 exemplaires appartenant à 750 espèces originaires de différents pays. Une centaine de ces espèces est cubaine, dont l’orchidée chocolat et l’orchidée noire.

Ce site, enclavé dans un paysage spectaculaire, compte  6 000 espèces de plantes ornementales, d’arbres et de fleurs. C'est le rendez-vous incontournable des passionnés de la photographie, attirés par la biodiversité de l'environnement et le cadre naturel.

L'endroit jouit d’un tel prestige au niveau de la recherche botanique que le Jardin botanique du Bronx, à New York, en a reproduit une réplique à petite échelle.

L’orchidée, l’aristocrate par excellence

Considérée à l'origine comme un symbole de Satan, son nom provient du grec orchis (testicule), ce qui pourrait la dépouiller de l’aura de beauté et de sensualité qui l'entoure de nos jours.

Au long de seize siècles, on lui attribua des propriétés aphrodisiaques, allant jusqu'à croire que  ses vertus médicinales pouvaient déterminer le sexe des enfants lors de la conception.

Ces spéculations conduisirent l’Eglise catholique à interdire pendant longtemps la culture et la consommation de ces plantes considérées sataniques.

En 1737, dans son ouvrage Genera Plantarum, Carolus Linnaeus se garde de mentionner ces fabulations lorsqu’il décrit ces fleurs on ne peut plus belles

Après avoir été complètement prohibée et dénigrée par les autorités ecclésiastiques, l’orchidée acquiert désormais une  prépondérance indéniable au sein de la haute hiérarchie du Nouveau Monde.

Tout ce qui se rapporte à cette fleur, semis, floraison, devient dès lors un événement festif et fait la une des journaux.

Surnommée  l’aristocrate des fleurs en raison de sa beauté et  des conditions particulières nécessaires à son éclosion, cette plante pousse sur des terrains se trouvant à une certaine altitude, humides et ombragés, ou sur les berges des cours d'eau.

Le jardin d’orchidées de Soroa,  paradis ouvert au visiteur, remplit toutes ces conditions. Ce n’est pas par hasard que M. Camacho dépensa jusqu’au dernier centime pour aménager ce site magique et unique.

Un site naturel particulièrement enchanteur, exotique… mystérieux.

Traduction : Alicia Beneito

Habana XXI

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