Le kitesurf à Cuba



On reconnaît facilement les kitesurfeurs cubains à la brise marine sur leur visage et à leur combinaison colorée. Ils ont souvent à peine 18 ans mais déjà avides d'aventure et prêts à aller arpenter les vagues à toute vitesse.

Le kitesurf est apparu à la fin du  XXème siècle. Ses adeptes recherchent toujours plus d'adrénaline, cette hormone facilitant l'oxygénation du sang ce qui donne un état euphorique aux sportifs. Ils se croient alors hors de danger et peuvent se donner au maximum dans leur performance sportive.

Ce sport se pratique sur l'eau avec une planche de surf tirée par un cerf-volant. Un harnais permet de s'attacher à la barre de direction et un anneau de sécurité offre la possibilité de se désolidariser de la barre en cas de perte de contrôle.

Les kitesurfeurs pratiquent leur sport sur toutes les côtes cubaines. Ce n'est pas rare de les voir planer en l'air pendant quelques secondes. Mélange de surf et de parapente, le kitesurf permet la pratique d'un sport nautique dans un espace aérien.

Un kitesurfeur cubain

Alejandro Frómeta, alias Billy, pratique le kitesurf depuis plusieurs années. « Je suis né face à la mer. C'est pourquoi j'ai appris le surf très jeune », rappelle-t-il. « J'ai commencé avec le windsurf sans vague mais c'est un sport très coûteux. Dès l'apparition du kite, j'ai voulu testé et je n'ai pas arrêté depuis », assure-t-il.

Billy aime à définir le kitesurf comme une saine addiction. « Tu peux surfer les vagues, skier, sauter, réaliser des figures acrobatiques. Pour les personnes qui aiment les sports nautiques, c'est un vrai paradis! Je ne considère pas le kite comme un sport difficile. Il faut seulement connaître très bien le monde maritime et se mettre en relation avec des personnes expérimentées », considère t-il.

Quant à ses endroits préférés pour le kitesurf, le jeune homme énumère plusieurs plages et îlots où le vent est très présent. « En fait, n'importe quelle côte permet la pratique du kite. Certains préfèrent une mer tranquille, d'autres des vagues plus puissantes », explique Billy.

« Pratiquer ce sport extrême relève du défi entre l'homme et la nature. Tu te déconnectes facilement du reste du monde », admet Frómeta.

Des riders autodidactes

La majorité des riders (kitesurfeurs) cubains ont appris par eux-mêmes. Malgré la situation économique à Cuba, le nombre d'adeptes (Cubains et étrangers) est en croissance perpétuelle.

Plusieurs compétitions ont eu lieu à Cuba mais rien n'est vraiment organisé. À Varadero, par exemple, il existe une académie de kitesurf dans l'hôtel Kawama.

« Pour former un bon rider, il faut qu'il aime la mer et les sports extrêmes », commente Victor, autre jeune kitesurfeur cubain, de passage la planche sous le bras. Victor a aussi commencé par le windsurf avant de se faire enseigner le kite par ses amis.

« Je vis dans le quartier de Miramar à La Havane. On trouve ici des récifs sur toute la côte. Il est dangereux de kiter ici car il faut le faire entre deux édifices. Je m'entraine depuis trois ans et je ne me suis jamais blessé car je respecte les consignes de sécurité et garde à l'esprit que le kitesurf reste un loisir et non un moyen inconscient de défonce », explique-t-il.

On estime à 200 le nombre de pratiquants à Cuba. Ils organisent entre eux trois événements annuels dans l'Île. Les compétitions se divisent en deux périodes : traditionnel et freestyle.

Quasiment tous les après-midis, les kitesurfeurs envahissent les plages de la côte nord havanaise avec leurs cerfs-volants multicolores. Quand la nuit tombe, Billy, Victor et tous leurs amis ramènent leur équipement sur la terre ferme en attente du lendemain.