Le meilleur de Detroit roule encore à Cuba

2012-06-07 17:10:09
Le meilleur de Detroit roule encore à Cuba

Au début des années 50, Detroit était le leader mondial indiscutable de l’industrie de l’automobile. Bien avant l’irruption dans ce monde des Français et des Japonais, les designers de Detroit fabriquaient déjà de belles voitures novatrices. Cuba a été à maintes reprises le terrain d’essai de nouveaux designs, modèles et styles. Nombre de voitures et camions importés au début des années 50 roulent encore.

Êtes-vous capable d’imaginer dans quel état sera votre voiture actuelle en 2061 ? Croyez-vous que vous serez encore capable de la conduire ? On estime qu’environ 50 000 de ces pièces muséales, utilisées comme taxis, parcourent aujourd’hui les rues de Cuba. Ayant comme toile de fond les belles et délabrées façades de la Vieille-Havane, les voitures classiques transportent le spectateur jusqu’aux années 50. On a l’impression d’être sur le plateau d’un film.

Outre la photo classique sur la promenade du bord de mer, l’autre site où les amateurs des voitures peuvent photographier ces automobiles c’est le Capitole qui marquait le kilomètre zéro à partir duquel étaient mesurées les distances par route depuis La Havane.

Dans les années 1950, les ailes arrière des Cadillac, Buick, Chevrolet et Dodge n’ont pas cessé de croître comme si elles étaient conçues pour un avion de combat plutôt que pour une voiture. En 1958 1959, les ailes, unies, formaient des sourcils énormes ce qui semble aujourd’hui une préparation stylistique ingénieuse pour l’accélération des années 1960.

Une erreur de marketing qui semble avoir laissé entrevoir certains des maux actuels a été la Ford Edsel, conçue pendant l’étape d’essor de 1954 mais lancée sur le marché en 1957, époque pendant laquelle les États-Unis se trouvaient dans la récession. La Edsel était une nouvelle marque à prix modéré qui permettrait à la Ford de concurrencer la General Motors. Hélas, les gens ne voulaient pas une autre voiture relativement chère – ou ils n’étaient peut-être pas préparés pour en changer –, moins encore pour un modèle au style et à la qualité douteux. Avant le démontage de la ligne de production les ventes ont à peine dépassé 100 000 exemplaires (objectif annuel) et la Ford a enregistré un manque à gagner de l’ordre de  250 millions de dollars US.

La conception unique du radiateur – connu à l’époque sous le nom de « collier pour chevaux » – fait penser à Freud en train de consommer des stéroïdes, image réussie puisque certaines de ces voitures sont aujourd’hui louées par les couples qui vont se marier à La Havane. 

Avant la Révolution, les ventes de Chevrolet ont dépassé celles d’autres modèles, y compris celles des Cadillac géantes. Cependant, ce dernier modèle a été mieux préservé. Dans les années 1950, Cuba était le plus gros importateur de Cadillac au monde et enregistrait l’un des taux les plus élevés en ce qui concerne le nombre de voitures par habitant. Vu la présence de la mafia dans l’île et la corruption de l’appareil politique de Batista ces chiffres ne sont pas du tout surprenants.

Au début des années 1990, lorsque la période spéciale battait son plein, certaines de ces voitures ont quitté le territoire cubain. On pense qu’après avoir subi des travaux de restauration elles ont été vendues à des prix astronomiques. En vertu de la modification des règlementations, l’exportation de ces voitures est interdite et on peut dire aussi que les voitures elles-mêmes ont décidé de ne pas cesser de se promener majestueusement par les rues de La Havane.

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Nombreuses sont les hyperboles et les opinions sur Cuba. La subtilité est l’une des premières victimes de la rancune existant entre le gouvernement de Cuba et les exilés cubains de Miami : elle est soit jetée par dessus bord, soit perdue dans la traduction. La réalité ? Cuba n’est ni le paradis tropical socialiste vanté par ses admirateurs ni la dictature tyrannique critiquée par ses détracteurs. Nous avons la chance de pouvoir écrire sur Cuba, un site riche en histoires fascinantes où la crainte d’épuiser les sujets ne nous hantera jamais. Nous n’avons pas la moindre intention d’offenser d’autres petits pays, mais Cuba a de l’esprit.

C’est une île qui a fait valoir sa propre manière de faire les choses pendant plus de quatre décennies. Le monde peut devenir routinier mais Cuba restera personnelle et unique. Cuba Absolutely est divisée en sections.

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