Le paradis du macabí à Cuba



Une ombre se mire dans les eaux. « Quinze mètres, vers le nord-est ! »,

s’écrie Machito, le guide. Le pêcheur, qui visite pour la troisième

fois Las Salinas, prépare la légère canne à pêche et réalise un lancer

presque parfait. La petite mouche qui ressemble à une langoustine se

pose à la perfection sur les eaux calmes, à seulement trois pouces

devant un glouton Macabi de cinq libres. Tout d’un coup, le moulinet

grince et le Macabi file comme si elle avait le diable à ses trousses

vers les mangroves.

En Grande-Bretagne, en plein hiver, un grand nombre de pêcheurs rêve de lancer la ligne sur les vastes plaines de mangroves dans un paradis tropical comme Cuba. Voilà ce que fait précisément un nombre toujours croissant de pêcheurs. Dans la plus grande île des Antilles, après avoir fumé quelques habanos Churchill, s’être promené à bord d’une Chevrolet classique et bu plusieurs mojitos à la manière d’Hemingway, le moment vient de partir pour la presqu’île de Zapata.

Située dans la tristement célèbre baie des Cochons sur la côte sud de Cuba, cette immense zone humide constitue l’un des meilleurs endroits de pêche à la mouche en eau salée au monde. Si vous n’avez pêché que la truite et le saumon, alors la pêche à la mouche en eau salée mettra à l’épreuve vos habiletés dans le lancer de la ligne. Les Macabis offrent une résistance étonnante lorsqu’elles mordent la mouche. Comme vos engins sont légers, vous aurez l’impression que vous avez pêché un marlin.

La zone, déclarée Parc national maritime depuis le triomphe de la Révolution en 1959, a été, pendant de longues années, une zone interdite car Fidel y pratiquait la plongée. Au fils des ans, un groupe de pêcheurs a réussi à fréquenter le parc qui est devenu, de par les commentaires qui circulent, une incroyable destination pour la pêche du Macabi. Enfin, le gouvernement a ouvert la zone à la pêche à la mouche en eau salée. C’est alors que nous avons « mordu à l’hameçon ».

Actuellement, six heureux pêcheurs peuvent y pêcher simultanément. Les canots étroits n’ont de places que pour un guide et un pêcheur, d’où que la séance de pêche se limite à huit heures. Les bateaux avancent à l’aide d’une perche car l’eau est peu profonde et un moteur pourrait remuer le fond marin. Seuls les hérons, et autres prédateurs à plumes rompent le silence. Les Macabis d’entre deux et cinq libres sont abondantes dans cette zone, alors que d’autres plus grandes maraudent près de la mer.

Las Salinas est un endroit idéal pour les débutants qui pêchent en eau salée. Si vous réussissez à faire un bon lancer au moment de pêcher des truites, vous n’aurez aucune difficulté à apprendre à lancer la ligne à l’œil, condition indispensable dans le cas du Macabi. La perche, le barracuda et le chinchard y sont aussi abondants. Les aloses et les bars habitent la rivière Hatiguanico. Les séjours comprennent normalement quatre jours dans les plaines et deux jours dans la rivière.

Vous pouvez vous héberger dans des cabanes rustiques au toit de chaume, style cubain, modeste mais confortable. Le restaurant propose des plats créoles exquis. La bière, le vin et le rhum ne font jamais défaut et vous pourrez déguster un daiquirí, superbe.