Le premier mai à Cuba



Par Sofía D. Iglesias

Ana est étudiante à l’Université de La Havane. Elle est sur le point d’obtenir son diplôme et elle veut que sa dernière année soit mémorable. C’est pourquoi, elle profite de chaque événement, de chaque endroit pour partager des moments en commun.

Il y a des semaines qu’elle attend une date avec impatience : le premier mai. Elle garde en mémoire l’année d’averses et d’orages, avec ces peurs et ces rires qui se contredisent délicieusement. Elle se souvient de la fatigue à l’arrivée à la résidence universitaire, les nombreuses heures de sommeil rattrapé qui ne compensent jamais la nuit blanche.

Cependant, de nombreuses autres lectures vont à l’encontre du véritable esprit de cet événement qui est de fêter la journée des travailleurs.

L’étudiante connaît sur le bout des doigts le pourquoi de cette date, elle peut le réciter par cœur, comme la plupart des personnes qui depuis leur plus jeune âge défilent sur l’avenue, la place ou le parc le plus important de leur village ou de leur ville chaque premier mai.

Ils savent - et ils en sont fiers – qu’outre la dimension politique de ce défilé, il s’agit d’une fête populaire. Une fête à laquelle participent un très grand nombre de voyageurs qui sont de passage sur l’île.

Parfois, la participation au premier mai relève de l’obligation, mais dans la plupart des cas il s’agit d’une participation au caractère vraiment volontaire. Cela ne fait pas de doute à la vue de ces hommes, ces femmes, ces adolescents, ces enfants et ces personnes âgées, qui descendent dans les rues avec des pancartes, des images, des slogans, des drapeaux multicolores et des photos de martyrs nationaux.

Pour Ana, étudiante à l’Université de la Havane, ce sera peut-être la dernière fois qu’elle aura l’occasion de profiter d’un premier mai avec d’autant de passion. Tous les étudiants de la capitale sont invités à se rassembler, la veille, sur le campus de la Colline universitaire.

On écoute de la musique, on participe à des jeux, à des quizz, à des concours de danse… cette nuit blanche symbolise les rencontres, les désirs, la liberté et l’esprit de la jeunesse.

Au petit matin, la grande masse des étudiants, que rejoignent d’autres groupes venus des communes proches et des entreprises, prend la route de la place de la Révolution, où a lieu le rassemblement. Ensuite, certains iront dormir, d’autres continueront la fête à la maison, à la plage…

Traduction : B.F