Lean on, Cuba, les Rolling Stones arrivent!

2016-03-18 17:28:18
Lean on, Cuba, les Rolling Stones arrivent!

Depuis que la Maison Blanche et la presse ont divulgué l’information, les réseaux sociaux ont été inondés de « photos caricaturales ». Barack Obama se rendra à Cuba fin mars. C’est la première visite d’un président des Etats-Unis et les Cubains le prennent à leur manière : en faisant circuler toute sorte d’images qui traduisent leur état d’esprit, toujours avec humour. Et en musique : beaucoup de musique.

Le commerce du sucre et la politique font deux, clame une chanson -qui est sur toutes les lèvres -de l’un des musiciens les plus critiques et populaires de l’île: Carlos Varela. De toute évidence, la politique est omniprésente à Cuba, et il est impossible de l’enfermer dans ce que l’on entend généralement par un débat politique.

Ici, les gens sont capables de faire de la politique quand ils dansent ou quand leur joueur de baseball préféré marque un point. C’est ce qui explique que les photos caricaturales comme celles-ci ont reçues un écho aussi large sur les réseaux sociaux.

Pour les Cubains l’agenda du « dégel » est un message transmis 5/5.

Et ils arrivèrent en dansant le « cha-cha-cha »…

Ces dernières années, des musiciens américains ont fait le tour de l’île, et leur présence s’est faite remarquer dans les rues, les bars et dans d’autres établissements qui ont récemment ouverts leurs portes…  C’est ainsi que les Havanais ont vu Rihannna se promener en ville, filmée par la caméra d’Annie Lebowitz. Ils ont également pu voir Usher monter sur scène avec Kelvis Ochoa (un ancien du groupe Habana Abierta) ou encore Beyoncé et Jay-Z  faisant des selfies avec des gens de toute origine. Mais il s’agissait toujours de ce que l’on appelle ici des « visites de médecin »: inespérées, intenses et fugaces.

Le concert de Major Lazer et de DJ Diplo a ouvert un calendrier bien différent. Toute une série de concerts d’artistes américains à Cuba, des manifestations massives savamment organisées. « Dans mes plus lointains souvenirs, je me rappelle que Cuba a exercé une grande influence dans mon amour pour la musique », disait Diplo à La Havane.

Et au milieu de tout ça,la grande nouvelle: les Rolling Stones monteront sur scène pour la première fois à Cuba… et ce sera gratuit!

Bien que les « Rollings » ne soient pas Américains, ceux qui ont dû vivre dans le silence leur passion pour le rock et le rock and roll pendant plus d’une décennie à Cuba, voient leur concert à La Havane comme faisant partie du même phénomène. Comme pour Major Lazer qui s’est produit sur la Tribune Anti-impérialiste, le concert des Rolling Stones pourra être interprété de bien des façons: pour beaucoup de Cubains, fans ou non, les voix des Britanniques résonneront comme des pierres de Berlin s’abattant sur la Cité des Sports de La Havane (le lieu du concert).

« Cuba is back on the map, front and center as a top global music and cultural destination », assurent les organisateurs d’un autre méga évènement: Musicabana. Et l’invitation est claire: Join the party! Entre le 5 et le 8 mai, des musiciens cubains, américains, et « cubano-américains » si l’on peut dire, prendront d’assaut les scènes de l’île. Au menu, entre autres, le concert d’Ibeyi : le duo des filles du mythique Angá, qui n’ont jamais joué dans leur pays.

L’agenda musical du « dégel » révèlera sans doute de nombreuses facettes. Les concerts de Major Lazer, des Rolling Stone, de Musicabana et ceux qui auront lieu dans le cadre des festivals Havana World Music et Proelectronica ne sont que la partie visible de l’iceberg.

« Les Martiens sont arrivés/ et ils sont arrivés en dansant le cha-cha-cha…» assuraient les paroles d’un classique du répertoire traditionnel cubain. Aussi, pendant des années, les Etats-Unis ont été pour les Cubains une sorte de planète Mars: un endroit à la fois proche et lointain, aussi rêvé qu’inaccessible, même s’ils ont toujours conservé un lien avec leshabitants de la Planète rouge.

La « normalisation » des relations a ouvert lesportes du pays, et pour l’instant tout semble calme. Ou plutôt « musical », comme on dit ici…

Traduction : B F.

Habana XXI

Habana XXI s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Habana XXI souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues. Habana XXI privilégie la chronique comme mode d’expression,  pour sa forme plus humaine, plus proche des réalités de l’île. Prédomine donc la « première personne » dans les témoignages, exprimant ainsi une expérience vécue représentative de la Cuba du XIXe siècle. Habana XXI sur Youtube. 

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