Les capitaux étrangers de nouveau « bienvenus » à Cuba



Le gouvernement cubain a rendu public le règlement des opérations commerciales concernant la première zone industrielle de libre-échange dans le pays.

Photo : TeleSUR

Le 4 avril dernier fera date pour tous ceux qui attendaient un certain décollage économique à Cuba. En effet, le gouvernement de l’Ile a publié les différents points d’un de ses projets les plus ambitieux : la création de la  Zone Spéciale de Développement de Mariel, située sur le port du même nom (à 60km à l’ouest de la capitale).

La publication du règlement des opérations commerciales concernant la première zone de libre échange du pays peut être considérée comme une invitation plus précise aux capitaux étrangers, susceptibles d’investir à Cuba et d’y oxygéner ainsi son économie.

Le Ministère des Finances et des Prix a précisé dans la « Gaceta Oficial » que la zone en question bénéficierait d’un régime douanier spécial pour importer, produire et vendre des marchandises, tant sur le marché national qu’international. D’autres part, les sociétés qui voudraient opérer sur cette zone verraient « certaines marchandises » exemptées d’impôts d’importation, puis ces dernières seraient réexportées avec une meilleure valeur ajoutée.

Grâce à ce projet, c’est l’industrie aéronautique, celle des matériaux de construction, des appareils électriques et électroniques, du textile, du meuble, l’industrie alimentaire et d’autres encore qui pourraient s’implanter. La zone, en tant que concessionnaire, offrira à la location des lots industriels, commerciaux ainsi que des magasins. De la même façon, on pourra y construire des navires industriels, fournir de l’électricité, de l’éclairage public, proposer des services de téléphonie et de la restauration. D’autre part, elle offrira aussi des show-rooms, des bureaux ainsi que la possibilité d’effectuer des démarches pour l’obtention de permis ou d’autres services administratifs.

« Toutes les personnes juridiquement installées sur le territoire national peuvent bénéficier des régimes précédemment cités, dès l’instant qu'elles remplissent les conditions établies par le présent règlement », indique le texte du 04 avril. Il y est ajouté que les entreprises qui réaliseraient des exportations avantageuses pour l’économie nationale, pourraient bénéficier du remboursement des droits d’exportation.

La Zone Spéciale de Développement de Mariel -dont le coût approximatif est de 900 millions de dollars- pourrait voir le jour grâce au co-financement du Brésil et de Cuba (à hauteur du 70% pour le Brésil et de 30% pour Cuba).

Un « méga-port » fait aussi partie du projet : sa construction doit débuter ce mois-ci et il remplacera celui qui sert actuellement au commerce maritime dans la Baie de La Havane. Et les habitants de la capitale en rêvent depuis longtemps.

L’Ile commença à s’ouvrir aux investissements étrangers à partir de 1993. Cela faisait partie d’une série de mesures pour pallier aux effets de la « Période Spéciale ».

En novembre 2012, lors de l’inauguration de la 30ème Foire internationale de La Havane, Rodrigo Malmierca, le ministre des Investissements Etrangers et du Commerce Extérieur, a déclaré que l’ouverture de cette « zone franche » est à envisager dans le cadre des réformes économiques du président Raúl Castro. Elle vise à « augmenter les exportations en remplacement des importations » et représente «  une opportunité intéressante pour les capitaux étrangers » dont l’apport est aujourd’hui essentiel pour le pays et le sera également à l’avenir.

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