Les guaguas (bus) à Cuba



À Cuba, les autobus sont appelés guaguas. On vit, dans ces bus, toutes sortes d’expériences.

À Cuba comme dans presque tous les pays du monde, des bus assurent le transport de passagers. Nous utilisons un terme très particulier pour nommer la plupart de ces autobus : on les appelle « guaguas ».

Ce mot, qui signifie « bébé » dans certains pays latino-américains, est devenu à Cuba le terme idéal pour désigner ce moyen de transport.

À Cuba, nous appelons parfois les choses du nom de leur marque. Ainsi, nous disons « frigidaire » pour parler d’un réfrigérateur ou encore « pitusa » pour désigner un jean.

Qu’entend-on par « guaguas » ?

Par contre, les guaguas ont survécu à leurs marques. Il y a d’abord eu les Leylan et les Girón, dont certains survivent encore inexplicablement. De nos jours, dans certaines provinces, surtout dans l’est du pays, les autobus sont de marque Diana. Dans la capitale, la marque de l’entreprise Metrobus a été effacée par la forme des guaguas. En pleine période spéciale, les autobus immenses et de fabrication assez rudimentaire étaient surnommés camellos (chameaux) en raison de leur forme à bosses (les lignes étaient alors nommées M1, M2, M3)…

Les camellos furent remplacés par des bus articulés sur les lignes principales (P1, P2, P3…), des autobus baptisés « P ». En plus de ces bus qui circulent au sein des provinces, il existe des liaisons interprovinciales. Ces bus étaient appelés Colmillos blancos (canines blanches) en raison du modèle qui était importé de Chine. Actuellement, le parc de bus interprovinciaux est de marque Yutong. Aussi, au lieu d’envoyer des paquets par guagua, les gens les acheminent plutôt par Yutong.

Au quotidien

Ce qu’il y a de mieux dans les bus cubains, ce ne sont pas leurs noms mais ce qu’il s’y passe. Nous autres, Cubaines et Cubains, nous passons beaucoup de temps dans ces bus. Certains d’entre-nous consacrent quatre heures par jour à se déplacer de leur foyer jusqu’à leur lieu de travail et vice versa. Nous devons le plus souvent prendre plusieurs bus pour arriver à destination.

Tout ce temps que nous passons dans les guaguas nous donne l’occasion de faire la connaissance de nouvelles personnes tous les jours et de renforcer des liens d’amitié avec des gens qui ont les mêmes horaires que nous. Il y a même des couples qui se sont formés dans un bus ou dans une queue à un arrêt.

Pendant la Période spéciale, les bus passaient très irrégulièrement et les queues pouvaient durer trois ou quatre heures. De ce fait, les arrêts de bus étaient le théâtre de relations interpersonnelles particulièrement intenses.

Évidemment, ce n’est pas forcément quelque chose de positif. L’idéal serait de disposer de transports en commun publics de qualité, où il ne ferait pas aussi chaud et où on ne serait pas obligé de se serrer autant.

Les bus sont aussi des lieux de sociabilité. On y apprend les dernières informations, on parle du feuilleton du moment, on retrouve des amis qu’on avait perdus de vue et si on a la chance de pouvoir s’asseoir, on dispose d’un temps précieux pour lire un bon livre.

La solidarité, si chère aux Cubaines et aux Cubains, est toujours présente. Si quelqu’un s’évanouit ou se sent mal, des mains amies viennent aussitôt offrir des médicaments, des bonbons, de l’eau et peut-être même que l’un des nombreux médecins qui doivent tous les jours emprunter ce moyen de transport sera là pour apporter son aide.

Indépendamment des autres moyens de transport permettant de se déplacer dans la capitale ou vers d’autres régions du pays, je conseille aux voyageurs de tenter l’expérience de la guagua. Ils pourront nous voir dans ce que nous avons de plus authentique, pour le prix modique de 40 centimes de peso cubain.

Traduction : F. Lamarque.