Les quartiers de La Havane : San Miguel del Padron



San Miguel del Padron est un quartier pittoresque de La Havane, connu pour ses sites liés aux légendes populaires.

Par Sofía D. Iglesias

San Miguel del Padron est un des quinze quartiers de la capitale cubaine. Situé au sud-est de la baie de La Havane, il est connu, entre autres, pour son importante foire de produits manufacturés, dénommée la Cuevita.

C’est précisément ce développement de petites industries, pas toujours légales, qui en fait un des quartiers les plus peuplés de La Havane. Bien que septième quant à la superficie, il occupe la sixième place pour ce qui est de la population : environ 155 000 habitants.

Ce territoire de la capitale est limité au nord avec Regla, au sud avec le Cotorro, à l’est avec Guanabacoa et à l’ouest avec Arroyo Naranjo et Diez de Octubre.

D'importantes personnalités de la culture universelle sont nées ou ont vécu à San Miguel del Padron, dont Ernest Hemingway, l’artiste-peintre Antonia Eiriz, l’écrivaine Olga Alonso et les musiciens Ignacio Piñeiro et Benny Moré.

Les services de santé brillent par leur absence dans le quartier jusqu’en 1852, lorsqu'une épidémie de choléra frappe San Miguel del Padron, obligeant les autorités à y installer un hôpital provisoire. Ce n'est qu'à partir des premières décennies duXXe siècle que ce territoire dispose enfin d’un service de santé permanent.

Différents emplacements sont à l'origine de la renommée de San Miguel del Padron. Certains sont le fruit de légendes, d’autres sont liés au monde artistique, et certains sont très populaires parmi les habitants. Citons-les.

La Cuevita

Entrer à la Cuevita de San Miguel del Padron, c’est entrer dans un monde prodigieux. Des milliers de personnes s'y rendent chaque jour. Elles viennent bien souvent d’autres quartiers de la capitale et même d’autres provinces pour acheter à des prix très abordables des ustensiles de cuisine, des articles pour la maison, des jouets, des objets en plastique pour la plupart.

En général, il s’agit de choses utiles, durables et rentables, mais fabriquées parfois avec des matières premières à la toxicité douteuse. Néanmoins, les personnes achètent ce dont elles ont besoin pour elles-mêmes ou alors pour revendre ensuite dans leurs quartiers.

La maison-musée de Hemingway

La maison-musée la Vigia, où vécut durant plus de vingt ans l’écrivain Ernest Hemingway, de 1940 à peu avant sa mort, en 1961, est située plus précisément dans la localité de San Francisco de Paula.

Construite en 1887 par l’architecte catalan Miguel Pascual y Baguer, la maison est entourée d’une végétation tropicale exubérante formée de pins, de manguiers et de palmiers.

C'est la première institution créée dans le monde pour faire connaître la vie et l’œuvre du Prix Nobel de littérature 1954. Elle fut inaugurée en tant que musée le 21 juillet 1962.

La Virgen del Camino

La Virgen del Camino est un des plus beaux endroits de San Miguel del Padron. Il s'agit d'une vaste esplanade entourée de jardins, d’arbres et de gazon où trône une gloriette qui abrite la sculpture d’une femme tenant dans sa main la rose des vents, œuvre due à Rita Longa, sculptrice cubaine renommée. La statue s'inscrit dans le cadre d'un projet de parc qui sera le point de rencontre de trois artères importantes : la Calzada de Luyano, celle de San Miguel del Padron et la route centrale.

La figure féminine en bronze, de deux mètres de haut, fixe son regard sur la route, comme si elle allait s’y engager. Sa tunique semble battue par le vent, alors que ses mains soutiennent la rose des vents pour indiquer la direction.

La sculpture fut inaugurée le 20 mai 1945 et bénite ultérieurement lors d’une grande messe de campagne.

Quelques pièces de monnaie ont été fondues dans le bronze et d’autres enterrées dans le soubassement. Elles représentent les dons offerts par ceux qui collaborèrent à l’aménagement de la Virgen del Camino.

Des fleurs et des bouquets de jeunes mariées sont déposés constamment au pied de la sculpture, comme témoignage de dévotion et de foi.

El Caballo blanco (Le cheval blanc)

C’est un autre des endroits significatifs du quartier et un point de référence. Il doit son nom à une statue équestre.

 Selon la légende populaire, alors que son maître bavardait avec d’autres personnes, son cheval le tira par une jambe jusqu'à faire en sorte que l’homme enfourche le cheval. Celui-ci le conduisit alors au bord d'un puits abandonné où une fillette était tombée. Elle fut repêchée et secourue à temps grâce à l’animal. Voilà qui explique l'origine de la statue.

La sculpture date de 1948 et honore le plus beau cheval de la région, qui appartenait au riche médecin Matias Cabrera.

Traduction : Alicia Beneito