Les réformes économiques à Cuba (2/2)

2012-12-08 04:35:41
Les réformes économiques à Cuba (2/2)

« Les grandes lignes de la politique économique et sociale » ont récemment été formulées par le président cubain Raúl Castro. Elles seront présentées au prochain congrès du parti communiste cubain en vue d’être mise en œuvre dans les prochaines années.

L’investissement étranger

Pour tenter de redresser l’économie, le gouvernement souhaite attirer davantage d’investisseurs étrangers. Les capacités financières nationales ne suffisent plus pour répondre aux besoins croissants d’investissements dans le pays. C’est ce qui provoque la détérioration des infrastructures et des logements dans de nombreuses villes cubaines. L’arrivée de ces capitaux étrangers devrait permettre au pays de se dynamiser et de sortir de la stagnation actuelle.

Les investissements étrangers devront permettre la modernisation aux nouvelles technologies, la diversification de l’économie et le développement des marchés à l’export. Les accords devront empêcher la corruption en différenciant les décideurs et les négociateurs.

Le plan amène d’autres solutions pour diminuer le déficit de la balance des paiements et éliminer progressivement les déséquilibres dans les budgets nationaux en renforçant l’apport de recettes externes telles que les importations.

Quant aux dettes, le projet propose simplement « le strict remboursement des engagements contractés ». Ceci devrait améliorer la crédibilité du pays.

Une solidarité plus réaliste

Cuba souhaite rationnaliser sa politique de solidarité internationale en gardant un altruisme fort mais en favorisant les pays bénéficiaires à en assumer les coûts. Cela semble logique vu les faibles ressources économiques de Cuba.

D'autre part, l'exportation de services continue à se développer à travers la vente de « projets et solutions technologiques ». Le secteur technologique est très dynamique sur l’île et embauche plusieurs dizaines de milliers de travailleurs.

La diversité des opinions

Les plus optimistes prétendent que si ce plan est mis en œuvre dans sa globalité, Cuba se transformera de façon positive durant les prochaines années. Mais la majorité des Cubains préfèrent observer et attendre, souvent méfiants sur le succès réel de ce projet. Les préoccupations majeures des citoyens se focalisent sur les licenciements massifs dans le secteur public, les coupes budgétaires dans les politiques sociales, la suppression des subventions et la création de nouveaux impôts.

Les analystes sont eux assez mitigés. Certains perçoivent un « réalisme modéré » alors que d’autres sont déçus par un projet jugé trop conservateur. Certains le voient aussi comme une ouverture économique sans changement de régime politique. D’autres considèrent enfin qu’il s’agit d’une des plus grandes réformes globales depuis 52 années de révolution.

Beaucoup pensent que les ajustements économiques devront être accompagnés de changements des mentalités. Les Cubains sont habitués au paternalisme socialiste et sont peu familiarisés avec les concepts de licenciements, de salaires liés à la productivité, de fiscalité ou de crédits bancaires.

Le gouvernement cubain insiste à considérer ce projet comme une actualisation du modèle socialiste telle que pu le connaitre le Vietnam il y a quelques années. Raúl Castro a pointé le fait qu’il s’agit d’une réforme locale, originale, adaptées aux caractéristiques de Cuba et ne remet pas en question l’ambition première du socialisme. Il a souligné que les idées de son frère Fidel Castro sont « présentes dans chacune des lignes du projet ».

Bien qu’il reste encore beaucoup de choses à faire, certains changements ont déjà commencé. Celui qui a eu le plus d’impact est la suppression de 500.000 emplois dans le secteur public durant les prochains mois. Pour répondre à l’affluence de futurs chômeurs, le travail indépendant est développé dans plus de 178 professions avec la possibilité d’engager du personnel. C’est le premier pas vers la construction de la petite entreprise privée.

Habana XXI

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