Les trésors sous-marins de Cuba

2012-10-09 20:46:05
Diana Williams
Les trésors sous-marins de Cuba

Épaves

Les mers cubaines renferment un grand nombre d’épaves présentant une certaine valeur historique, parfois très anciennes, d’autres plus récentes, mais toutes avec une histoire à raconter. Ces épaves ont quadruplé les attraits des plongeurs pour la plage de Varadero. Barco Patrullero, patrouilleur construit en 1945 en URSS, a été utilisé par la marine cubaine dans les années 1980. Ses fonctions ont changé en 1990 pour devenir un récif artificiel. La visite est vraiment fascinante. Il garde encore les armes, les missiles terre-air et les canons à fumée. Lorsque vous nagez sur le pont, il n’est pas du tout difficile de se transporter en imagination dans l’époque de la guerre froide. Les épaves d’un autre navire coulé - Coral Negro -, qui a fait office de restaurant pendant un certains temps, et d’un petit avion russe AN 24, se trouvent à proximité.

Un peu plus loin, vous trouverez les épaves du Neptuno, un bateau dont l’état est un peu plus déplorable, coulé en 1943, devenu le foyer d’un bon nombre de murènes, certaines plus amicales que d’autres. Il est aussi merveilleux d’observer les attrayants bancs de roncos (Haemulon sciurus) et de vivaneaux qui entrent et sortent des petits espaces entre les épaves. Tout près de là, le plongeur sera captivé par un morceau imposant d’un bateau-citerne, en parfaite harmonie avec le fond bleu miroitant et la riche vie marine

La visite de l’épave Cristóbal Colón s’avère une expérience émouvante, notamment si l’on tient compte des faits historiques qui ont provoqué le naufrage. En 1898, le cuirassé a été persécuté tout au long de 80 kilomètres par des navires de guerre des États-Unis dans le cadre de l’une des offensives déclenchées par ce pays pour s’emparer de Cuba et l’arracher aux Espagnols. Le Colón - coulé à quelque 45 kilomètres à l’ouest du village de Chivirico (province de Santiago de Cuba) - déborde de vie, même s’il est habité non pas par des personnes mais par un bon nombre de méduses et éponges. Des tarpons immenses et brillants se chargent de protéger l’épave alors qu’ils zigzaguent imperturbablement autour du navire, suivis par des assistants pleins de couleurs, dont différentes espèces de vivaneaux, chinchards et autres.

Le Mortera, un cargo espagnol qui a sombré au large de la côte de Santa Lucía en 1896, est de nos jours fréquenté par des requins taureau attirés peut-être par ses canons et ses ancres recouverts de coraux.

Formations sous-marines

El Farallón, l’un des sites de plongée de l’archipel Jardines de la Reina (d’environ 150 kilomètres de long et situé face à la côte sud-est de la grande île), présente cinq crêtes coralliennes, dont la plus élevée fait près de 20 mètres. Les barrières de corail produisent une grande variété de formes de vie. Les coraux fouet et les éponges corde s’introduisent dans les espaces situés entre les petits monts et les dépassent. Juste à côté, on pourra apprécier des gorgones en forme d’éventail et des coraux délicats qui ressemblent à des fleurs. Nager à travers cette végétation constitue une expérience fort agréable. On ne sait jamais ce que l’on pourrait rencontrer. Le mérou panthère, à la bouche béante, les aloses, voire les requins blancs, préfèrent les espaces situés entre les petits monts alors que le fond sablonneux sert d’abri aux occasionnelles anguilles.

Forêts sous-marines

Aux alentours de Cayo Coco, face à la côte nord, des forêts minuscules, touffues et exubérantes, de coraux durs - cornes d’élan, coraux doigt -, et mous - coraux éventail - ondoient doucement avec le va-et-vient du courant offrant ainsi au visiteur un paysage plein de couleurs et de quiétude. Différentes espèces de mérous dont le mérou panthère, la cherna criolla (Epinephelus morio), le mérou rouge et le mérou noir bénéficient de la protection qu’offrent les coraux. Ils sont cependant faciles à trouver car l’ondoiement des gorgones éventail dénonce rapidement leur cachette.

Parois

Les parois sous-marines de l’île sont étonnantes. Poussant vers l’extérieur, les éponges corde, vase et oreille, grandes et aux couleurs vives, contrastent avec les eaux bleues qui les entourent. Certaines éponges sont agrémentées de bijoux : de petites anémones dorées, similaires aux fleurs, couvrent les fines éponges corde comme des chaînes d’or. De délicates éponges vase aux tons rose, violet ou bleu enrichissent la texture des parois conjointement avec les gorgones et les coraux durs et incrustés. Nombre de plongeurs sont intéressés par le fameux corail noir et vous en trouverez certains. Cependant, ses polypes peuvent avoir une coloration grise ou brun terne, et de premier abord ne semblent pas aussi impressionnantes que les éponges. La plongée le long des parois maritimes vous réserve des surprises : si vous regardez attentivement un peu plus loin vous apercevrez certains « passants », voire des requins baleine entre les mois d’août et décembre.

Grottes

En matière de grottes, vous n’aurez que l’embarras du choix. El Brinco, accessible depuis Playa Girón, ressemble à un étang petit et obscur rempli d’eau salée et d’eau douce. À première vue, ça n’attirera pas votre attention. La précision dans le temps s’avère cependant essentielle. Il faut descendre 38 mètres pour remonter ensuite à travers une galerie longue de quelque 4 mètres. Mais il faudra regagner l’étang principal à midi. C’est alors que les rayons du soleil filtrent directement à travers un orifice situé à l’entrée de la grotte. Les rayons dorés traversent l’eau vert foncé. Lorsque vous êtes au centre de ces rayons, la lumière consume et donne en même temps de la vigueur. Après avoir été caressé par les tentacules du soleil, vous quittez la grotte avec une sensation de bien être et de satisfaction naturelle.

Vous pourrez accéder par voie terrestre au système de grottes Saturno, à proximité de Varadero. Des stalactites et stalagmites vous souhaitent la bienvenue. Les eaux fraîches sont l’habitat de crevettes et poissons aveugles.

Une autre caverne intéressante, bien qu’assez différente, est celle appelée Salon de Maria, accessible depuis Maria la Gorda, à l’ouest de Cuba. L’ambiance y est plus pittoresque et accueillante. Située à une profondeur d’environ 20 mètres, les parois et le toit sont décorés d’éponges et de coraux rose, bleu, vert et violet. De petits piliers intérieurs en corail, alternant avec de fragiles étoiles de mer, divisent l’espace intérieur qui devient ainsi plus accueillant. Les coraux fouet, pendant au toit, contribuent à l’ambiance de ce site de rêve. Il n’est donc pas surprenant que des chernas (Epinephelus morio), mérous et roncos (Haemulon sciurus) aient fait de cette caverne leur foyer.

Plaines sablonneuses et galeries sous-marines

À l’instar des plages, les pleines sablonneuses et les galeries sous-marines de Cuba sont fascinantes. Vous rencontrerez partout un grand nombre d’espèces cachées ou reposant sur le sable. Les soles - visibles par les marques bleues de leur corps - restent presque ensevelies, tout comme les différentes espèces de raies (raie venimeuse, raie venimeuse à taches jaunes et aigle de mer). Des coffres polygone et chinchards tournent souvent autour d’elles pour capturer un morceau savoureux lâché par les raies. Si vous attendez un peu, vous verrez une raie changer de position. C’est alors que vous pourrez vraiment admirer la beauté de ces animaux marins, le mouvement élégant de leurs nageoires, en parfaite harmonie avec l’eau qui les entoure.

L’holothurie ou concombre de mer, long, couvert de verrues et de taches, passe son temps sur le sable. Il est très amusant de voir les gobies translucides qui entrent et quittent leur refuge dans le sable. Si vous percez un peu, vous trouverez des coquilles, crabes et oursins. Les requins nourrisse trouvent aussi dans le sable un site idéal pour passer le temps, notamment là où les saillies offrent une meilleure protection. Et si vous avez de la chance, vous pourrez voir une tortue. Les zones sablonneuses cachent aussi des traces du passé, dont des pierres de lest, élément clé pour découvrir des butins plus attrayants provenant des navires qui patrouillaient les eaux de Cuba du XVIe au XVIIIe siècles.

Cuba est une île riche en merveilles historiques et naturelles aussi bien sur la surface que sous la mer. Plongez-y !

Diana Williams

Diana Williams pratique la plongée à Cuba depuis 1993. Elle est l’auteur de deux guides de plongée sur l’île, dont "Pisces Lonely Planet Diving" et "Snorkeling Guide". 

Cuba Absolutely

C’est avec un grand plaisir que nous soumettons à votre considération les éditions de Cuba Absolutely, une revue culturelle, un vade-mecum économique et d’affaires, un guide touristique. Tout sur Cuba, Cuba absolument. Informer, attirer, divertir sur la base de la richesse du contenu, tel est l'objectif.

Nombreuses sont les hyperboles et les opinions sur Cuba. La subtilité est l’une des premières victimes de la rancune existant entre le gouvernement de Cuba et les exilés cubains de Miami : elle est soit jetée par dessus bord, soit perdue dans la traduction. La réalité ? Cuba n’est ni le paradis tropical socialiste vanté par ses admirateurs ni la dictature tyrannique critiquée par ses détracteurs. Nous avons la chance de pouvoir écrire sur Cuba, un site riche en histoires fascinantes où la crainte d’épuiser les sujets ne nous hantera jamais. Nous n’avons pas la moindre intention d’offenser d’autres petits pays, mais Cuba a de l’esprit.

C’est une île qui a fait valoir sa propre manière de faire les choses pendant plus de quatre décennies. Le monde peut devenir routinier mais Cuba restera personnelle et unique. Cuba Absolutely est divisée en sections.

www.CubaAbsolutely.com

Sur le même thème