Les vacances des Cubains



Après avoir travaillé pendant des mois, lutté quotidiennement pour prendre l’autobus ou faire de l’autostop pour aller au travail sans même savoir ce que l’on va pouvoir mettre sur la table le mois suivant, Cuba se charge d’anxiété à l’arrivée de la fin de l’année scolaire. Tous ont besoin de vacances mais peu pourront satisfaire leurs envies.

Un bon pourcentage de travailleurs réserve tout de même quelques jours de repos en juillet ou août. Souvent, ce n’est qu’une semaine mais c’est suffisant pour changer d’atmosphère, un répit au milieu de la tourmente. Beaucoup vont à la plage, à la rivière, ou au camping. D’autres préfèrent les hôtels accessibles des bords de mer. Mais la majorité reste à la maison pour réparer ce qui s’est accumulé durant l’année ou simplement pour se relaxer devant la télévision.

Une escapade à la plage

Sans aucun doute, l’option la plus populaire est d’aller à la plage. Les mois les plus chauds de l’année, le corps est toujours disposé à plonger dans la mer. Certains économisent de l’argent pour louer une maison loin de tout. D’autres viennent seulement en fin de semaine sur les extrémités de l’île pour respirer le bon air, déjeuner sous un cocotier ou simplement se réjouir devant l’immensité de l’océan.

Pour les habitants de la capitale ou leurs familles à la campagne, les plages de l’Est – à environ 25 kilomètres du centre-ville- sont l’endroit idéal. Marcher sur le sable blanc est une façon simple de profiter de la nature.

Ceux qui ont les moyens de louer un bain de soleil, un parasol et de manger à la cafétéria en pesos convertibles (CUC) se mélangent sans gêne avec ceux qui construisent eux même leur abri et sortent de leur sac à dos la nourriture préparée à la maison.

Parfois, on y fait de belles rencontres. Le hasard fait bien les choses. La mer fait se retrouver des personnes qui s’étaient perdues de vue depuis longtemps. Elles discutent longuement, racontent leur vie, boivent un verre, se relaxent tout en surveillant les enfants. La conversation peut se faire également autour de la construction de châteaux de sable.

Il n’y a pas que les familles qui vont à la mer. Les adolescents et les jeunes y vont la fin de semaine, sorte de rituel pour passer à l’âge adulte. Ils naviguent d’un endroit à l’autre. Ils forment des tours humaines dans l’eau, s’éloignant du rivage et revenant en riant à gorge déployée. Quelquefois, ils énervent les autres vacanciers. Ils vivent comme si chaque jour de leurs vacances était le dernier. Ils savent bien que la rentrée scolaire reviendra vite et qu’ils n’auront plus beaucoup d’occasions de retourner à la plage, bien que le climat de l’île le permette.

Divertissement à la cubaine

Les moyens de divertissements des cubains sont divers. Il y a quelques semaines le journal Juventud Rebelde a publié une série de reportages abordant ce thème et on peut y lire qu’il n’est pas facile de faire une liste exhaustive des loisirs cubains.

Pour beaucoup, la culture reste prioritaire : cinéma, théâtre, ballet… Tout est à des prix accessibles à Cuba. Les gens jouent aussi aux dominos, vont au bal ou au concert.

Lors d’une émission télévisée, le musicien cubain Adalberto Alvarez a attiré l’attention sur la nécessité d’avoir davantage d’espaces pour la danse. Dans un pays si musical, la danse fédère toutes les personnalités. C’est pour cette raison qu’en été toutes les places et parcs de la ville diffusent sans arrêt divers styles de musique. Même si certains se plaignent de ne pas pouvoir fermer l’œil de la nuit tant que le concert n’est pas terminé, tout le monde est satisfait.

On s’amuse entre amis, par pur plaisir d’être ensemble, de se réunir, de chanter des chansons populaires sous un portique, dans un parc ou face à la mer.

Après des mois de travail, cette pause dans la routine quotidienne met le tout pays en vacances. Cela est parfois perceptible seulement par le parfum de l’air ou la quantité de personnes dans la rue. Quand tout revient à la normale, les désirs de partir en vacances restent ancrés. Chacun renouvelle ce cycle chaque année d’une façon aussi naturelle que la nature renouvelle ses saisons.